Banca Civica est prête à rejoindre La Caixa
La consolidation des caisses d’épargne espagnoles se poursuit irrésistiblement. La Caixa a entamé des discussions avec Banca Civica, dont l’examen des comptes a débuté, ont confirmé hier les deux établissements. Aucune échéance n’a été précisée. Cela dit, la perspective de voir la première caisse au sud des Pyrénées, basée à Barcelone, avaler sa petite rivale ne devrait guère surprendre le marché.
En effet, Civica est l’un des établissements les plus exposés au secteur immobilier espagnol, criblé de créances douteuses et litigieuses (CDL). Selon le communiqué diffusé à la publication de ses résultats du quatrième trimestre 2011, le montant de CDL détenues par la caisse madrilène représentait 4,1 milliards d’euros à la fin de l’année, soit un taux de 7,93%. Si elle avait momentanément trouvé des capitaux grâce à une introduction en Bourse difficile en juillet dernier, le ballon d’oxygène de 1,3 milliard d’euros se révèle insuffisant à moyen terme. Civica est née en 2010 de la fusion de quatre petites entités mises à mal par l’éclatement de la bulle immobilière espagnole (Caja Navarra, Caja Canarias, Caja de Burgos et Cajasol): elle souffre donc d’une difficulté congénitale commune à beaucoup de regroupements issus de la crise financière.
De son côté, La Caixa dispose elle aussi d’un véhicule coté, Caixabank, introduit en Bourse également l’année dernière. Mais à la différence de sa petite concurrente, le groupe catalan bénéficie de sa position de premier réseau espagnol en nombre d’agences.
Les négociations de ce type sont vues d’un bon œil par le gouvernement espagnol, qui encourage toujours (malgré son changement de couleur politique en 2011) la fusion et l’assainissement du secteur. Il entend réduire le nombre d’établissement à une dizaine, contre quatre fois plus pendant la période faste. Après une première série de fusions et de regroupements en 2010 et 2011, un deuxième round de consolidation est en cours. La semaine dernière, le groupe bancaire BBVA a acquis pour un euro symbolique la caisse d’épargne catalane Unnim, nationalisée en septembre dernier.
Mais ces fusions ne se font pas sans anicroches. En témoigne le conflit au sein de Bankia, dont les deux principales composantes, Caja Madrid et Bancaja, se déchirent au sujet de la valorisation de leurs apports respectifs.
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