Banca Carige récure son bilan pour se sauver

Le français BPCE, actionnaire à près de 10%, ne s’est toujours pas prononcé sur son intention de participer à l’augmentation de capital
Antoine Landrot

Banca Carige avance sur son projet d’augmentation de capital. Vendredi dernier, jour de la publication des comptes annuels et du plan 2014-2018 de la caisse d’épargne de Gênes, celle-ci a annoncé avoir mandaté un pool bancaire pour lever jusqu’à 800 millions d’euros. Objectif: combler son déficit de fonds propres réglementaires exigés par la BCE, dans la perspective de la mise en place du Mécanisme de supervision unique (MSU).

Le projet avait été présenté le 20 février, faute d’avoir progressé suffisamment dans le plan de cession d’actifs. Actionnaire principal avec 46% de participation, la fondation CR Genova e Imperia était réticente à l’idée d’une augmentation de capital. Peinant à rembourser sa propre dette, elle risque de ne pas avoir les moyens d’y participer et devrait dans ce cas subir une sévère dilution. Elle comptait donc sur la vente de quelques actifs de Carige pour que celle-ci comble son déficit en fonds propres.

Quelques jours avant la publication des comptes de Carige, l’agence Reuters, citant des sources anonymes, indiquait que CR Genova e Imperia envisageait de céder une participation de 6%. La fondation qui contrôle Monte Paschi di Siena a vécu un cas similaire: en manque de liquidité, elle a cédé 12% de sa participation dans la banque la semaine dernière afin de pouvoir participer à la prochaine augmentation de capital de Monte Paschi et éviter une dilution quasi-complète.

L’augmentation de capital, prévue au premier semestre, devrait permettre à Carige d’accroître son ratio de fonds propres durs réglementaire de 3,9 points. Celui-ci atteignait seulement 5,1% fin 2013, loin des 8% minimum exigés par la BCE pour 2018. Retraités de l’impact du passage à Bâle 3 (qui lui coûte 1,4 point) et de la réévaluation en 2013 de la participation de Carige dans la Banque d’Italie, les fonds propres atteindraient 8,7%. Le but est d’arriver à un ratio de 11,5% en 2018.

Les autres mesures pour nettoyer le bilan de la banque, également dévoilées vendredi, incluent la dépréciation de la quasi-totalité (94%) des survaleurs dans les comptes 2013 (soit 1,2 milliard d’euros après impôt) et la cession à venir des activités d’assurance.

Le groupe bancaire français BPCE, qui contrôle 9,9% du capital de Carige, n’a pas fait connaître son intention relative à l’augmentation de capital. Dans son document de référence 2013, il indique simplement avoir passé une «dépréciation durable» des titres Banca Carige de 36 millions d’euros.

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