Banca Carige donne des gages de bonne volonté aux superviseurs bancaires
Carige prend la mesure de ses problèmes. Recalée dimanche au test de résistance européen qui a mis au jour un besoin de recapitalisation de 813 millions d’euros, la banque italienne a annoncé hier la cession de ses activités d’assurance au fonds d’investissement Apollo, avec lequel elle négociait depuis juillet. Une première qui a permis à son action de rebondir légèrement de 0,65% hier à 0,77 euro, après un plongeon de 17% la veille.
La caisse d’épargne génoise vendra 100% du capital de ses filiales dommages et vie, Carige Assicurazioni et Carige Vita Nuova, pour un montant total de 310 millions d’euros en cash. Elle espère boucler la transaction au premier trimestre 2015. La vente des produits des deux compagnies dans le réseau d’agences Carige est garantie par un accord «de longue durée», selon le communiqué publié hier.
La banque n’a pas détaillé l’impact de la transaction sur ses fonds propres. Il devrait être limité. Les deux compagnies cédées accumulaient les pertes depuis plusieurs années. Après un contrôle de l’Ivass, la tutelle des assurances, Carige a dû déprécier la valeur des sociétés et renflouer en début d’année sa filiale dommages à hauteur de 92 millions. A fin 2013, en intégrant ces mesures, l’actif net comptable de Carige Assicurazioni atteignait 165 millions, et celui de Nuova Vita 222 millions, selon le rapport annuel du groupe. Les deux compagnies affichent un volume cumulé de primes de plus d’un milliard d’euros.
Pour se renflouer, la banque compte plus sûrement sur une nouvelle augmentation de capital de 500 millions d’euros minimum, dont le principe a été annoncé dimanche. L’opération sera garantie par Mediobanca, à hauteur de 650 millions au maximum. Carige avait déjà levé 800 millions en juillet sur le marché actions. BPCE, actionnaire à près de 10%, avait alors souscrit à hauteur de ses droits. La banque génoise entend aussi vendre sa banque privée Cesare Ponti et sa filiale de crédit à la consommation Creditis, valorisées respectivement 40 millions et 27,5 millions à son bilan.
Enfin, le test de résistance, réalisé sur le bilan à fin 2013, ne reflète pas la réduction du portefeuille de titres, «qui est passé de 6,4 milliards d’euros à environ 3 milliards à fin septembre», relève l’analyste de Banca Akros.
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