Axa doit encore convaincre les marchés après ses résultats 2013
Un goût de trop peu. Les marchés ont accueilli fraîchement les résultats 2013 d’Axa, publiés vendredi. Le titre a perdu jusqu’à 2,5% vendredi matin, avant de clôturer en hausse de 0,33%, à 19,6 euros. Avec un chiffre d’affaires en hausse de 2% seulement, à 91,15 milliards d’euros, le deuxième assureur européen a pourtant dégagé un bénéfice net de 4,48 milliards d’euros, en progression de 14% sur un an, à taux de change constant.
Les consensus Bloomberg et Reuters tablaient sur un résultat supérieur. «Ce chiffre a pu surprendre», a concédé Henri de Castries, le PDG d’Axa, qui invoque l’impact des «opérations de couverture sur dérivés» liées à la hausse des taux d’intérêt. Hors ces éléments, le résultat courant a crû de 20% à change constant, grâce à l’amélioration des marges opérationnelles en dommages et en vie, et à «des plus-values plus importantes que d’habitude», selon Denis Duverne, directeur général délégué.
Axa s’est notamment allégé dans BNP Paribas, ramenant sa participation à 1,4% en fin d’année. «Au final, les séries de chiffres sont un peu plus faibles qu’anticipé, mais il n’y a aucun élément vraiment mauvais dans les principales lignes métier, estiment les analystes de Credit Suisse. Le consensus devrait s’ajuster à un point de départ plus faible pour ses prévisions».
A 81 centimes par action (+13%), le dividende proposé pour 2013 est lui aussi légèrement en dessous des attentes. Le taux de distribution des bénéfices (40%) est dans le bas de la fourchette de 40 à 50% annoncée par Axa, mais «le cours dividende inclus a progressé de 59% en 2013, plus que le secteur», a pointé Henri de Castries. Le titre Axa a bondi de 42% l’an dernier, contre +28% pour le leader européen Allianz et +37% pour Generali. Mais la tendance s’est inversée en 2014. Le cours d’Axa a perdu 2,9% depuis le 1er janvier, tandis que Generali est en retrait de 2,8% et Allianz de 0,8%. Le groupe allemand publiera ses résultats jeudi et le lion de Trieste en mars. «Depuis le début de l’année, les actions Axa ont sous-performé le secteur», relèvent les analystes de Nomura qui classent l’assureur parmi leurs valeurs préférées, en raison notamment de sa décote.
«Axa est en très bonne voie pour atteindre les objectifs du plan Ambition Axa», juge de son côté Oddo Securities. En avance sur son objectif de réduction de dette, le groupe a d’ailleurs abaissé son ratio d’endettement cible de 25% à 23-25% pour fin 2015.
Plus d'articles du même thème
-
Boeing n’a pas surmonté tous ses obstacles dans l’aviation civile
S’il a réduit son endettement net à fin septembre, le groupe aéronautique peine toujours à augmenter le rythme de production de ses appareils monocouloirs 737 Max. -
Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
Dans le sillage de la hausse collective accordée par BNP Paribas à la plupart de ses salariés, les banques régionales de la banque verte se montrent nettement plus généreuses que l’an dernier. -
Dans la tech, la dette ne s'envole pas chez tout le monde
Alors que la course à l’intelligence artificielle fait rage, la plupart des géants de la tech empruntent comme jamais dans leur histoire pour financer des investissements mirobolants. Par choix ou grâce à leur modèle, certains se montrent toutefois moins dispendieux.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Le taux souverain français dépasse 5%
- Les banques françaises restent très dépendantes de leur marché domestique
- Les autorités françaises publient leurs propositions sur le règlement européen MiCA
- La croissance d'Hermès ralentit et son titre plonge
Contenu de nos partenaires
-
Tout est pardonnéIran : les puissances régionales se débrouillent sans Donald Trump
De hauts représentants de l'Arabie saoudite, du Pakistan et de la Turquie se sont rendus ensemble à Téhéran pour dialoguer directement et ouvertement avec le régime iranien -
MitigéFrance 2030 : trop de subventions, pas assez de stratégie d'après la Cour des comptes
Les magistrats de la rue Cambon saluent la rapidité d'exécution du plan massif d'investissement en cours de déploiement, mais soulignent aussi ses défauts stratégiques -
Mauvais endroit, mauvais momentLoi casseurs-payeurs : la fin de l'impunité ?
Responsabilité collective, sanctions sur les prestations sociales, contrôle des contenus en ligne : la loi, examinée au Sénat, promet fermeté et autorité. Mais elle bouscule aussi la liberté de manifester