La vidéo du jour : une opération vérité salutaire sur le plafond de verre
Dans quelles entreprises les femmes sont-elles sous-payées par rapport aux hommes ? Depuis quelques jours, le Royaume-Uni connaît déjà la réponse : l’immense majorité. Les entreprises britanniques de plus de 250 salariés avaient jusqu’au 4 avril pour publier l’écart de rémunération entre leurs collaborateurs hommes et femmes. La réalité dépasse toutes les craintes. Un secteur symbolise à lui seul ces inégalités : il s’agit de la finance, où l’on sait que les rémunérations peuvent atteindre des sommets. Chez le numéro un britannique HSBC, par exemple, une banquière touchera en moyenne cette année 60% de salaire en moins qu’un banquier. Pire encore, son bonus sera inférieur de 84% à celui de son collègue masculin. Les concurrents d’HSBC font à peine mieux. Chez Goldman Sachs International, la filiale de la banque américaine à la City de Londres, l’écart de bonus atteint deux tiers.
Ces moyennes générales ne brillent certes pas par leur subtilité. Il reste impossible de connaître l’écart réel de rémunération, à poste, expérience et formation équivalents. Mais cet exercice de transparence sans précédent a le mérite de révéler la réalité du plafond de verre dans les entreprises. S’il existe de tels écarts de salaires, c’est d’abord parce que les femmes, souvent majoritaires dans l’effectif, n’ont que très peu accès aux fonctions les plus élevées et les mieux payées.
Outre-Manche, cette opération vérité doit pousser les entreprises à redoubler d’efforts pour combler ce fossé. La France, qui a été un précurseur dans la féminisation des conseils d’administration grâce à une politique de quotas, pourrait bientôt suivre l’exemple britannique. Dans son plan pour l’égalité hommes-femmes dévoilé au mois de mars, le gouvernement veut obliger dès 2019 les entreprises de plus de 250 salariés à calculer ce delta de rémunération. Les écarts injustifiés seront publiés sur leur site internet.
Plus d'articles du même thème
-
PARTENARIAT« La santé mentale va devenir un facteur de différenciation entre les entreprises et aussi un critère d’investissement »
Entretien entre Denis Panel, CEO de Sycomore AM, et Christophe André, psychiatre et auteur. -
Olivier Bertin, Caisse d’épargne Île-de-France : « La gestion des risques existait avant Trump »
Olivier Bertin, le responsable du département trésorerie-investissements de la Caisse d’épargne Île-de-France, était l’invité de l’Institutional Day organisé par L’Agefi en juin dernier et a répondu à nos questions sur le thème de la gestion des risques. -
Wim Vermeir (AG Assurances - Ageas) : «Le marché est porteur mais nous restons neutre dans notre allocation stratégique»
Depuis l’élection de Trump, l’instabilité géopolitique et économique semble être devenue la nouvelle norme. Wim Vermeir, le directeur des investissements d’AG Assurance – Ageas, invité lors de l’Institutional Day organisé par L’Agefi le 30 juin dernier, explique comment la gestion des risques s’adapte à ce nouveau contexte. -
Céline Boué (Korege) : « La cartographie des risques nous permet de naviguer comme avec une carte de navigation »
Dans un environnement instable, la gestion des risques consiste à distinguer le bon risque du mauvais risque, avec un point d’attention particulier pour les risques majeurs, explique Céline Boué, la directrice des investissements de Korege (Groupe Matmut) à L'Agefi à l'occasion de l'événement Instit Day. -
PARTENARIAT« Réindustrialiser nécessite de bien orienter les investissements vers les éléments clés des chaînes de valeur »
Interview vidéo avec Eric de Tessières, Group Chief Sustainability Officer d’Edmond de Rothschild
Contenu de nos partenaires
-
Série d'étéMoi, Robot 1er, président : « Je reconstruirais le contrat social »
SERIE. Le cofondateur de Blablacar Frédéric Mazzella a imaginé le discours fictif d'une Intelligence artificielle parvenue au sommet de l'Etat -
Le taux de chômage en France s’emballe à 8,3 %, un niveau inédit depuis 2020
Selon l’Insee, le taux de chômage en France s’établit à 8,3 % au deuxième trimestre, soit 0,7 point de plus par rapport à l’an passé. Ainsi, 2,7 millions de personnes sont au chômage, au sens du Bureau international du travail (BIT) -
Pollueur payeurFace au surtourisme, l'Italie joue la carte de la dissuasion
De Venise aux plages de Sardaigne, les sites les plus fréquentés multiplient tarifs, réservations obligatoires et quotas pour contenir des flux touristiques toujours plus importants