La vidéo du jour : Londres ou la tentation du dumping réglementaire
Londres déroule le tapis rouge aux entreprises publiques étrangères. En décidant vendredi de créer un compartiment spécial sur le London Stock Exchange pour les entités cotées détenues par des Etats, les autorités britanniques ont clairement choisi leur camp : celui de l’attractivité de leur place financière.
Les nouvelles règles, moins protectrices pour les actionnaires, sont clairement destinées à attirer Saudi Aramco sur la cote londonienne. Le premier producteur de pétrole au monde prévoit d’introduire 5% de son capital en Bourse l’an prochain. Riyad espère valoriser sa compagnie nationale à plus de 2.000 milliards de dollars. Ce serait l’opération du siècle pour le marché des IPO, et un sacré vote de confiance dans le Royaume-Uni l’année même du Brexit. De quoi justifier aux yeux du régulateur boursier de petits arrangements avec le droit des actionnaires. Les lobbies de la City ont applaudi vendredi la décision des autorités, malgré les protestations des gestionnaires d’actifs.
La place financière londonienne est coutumière de ces pratiques. Elle avait ouvert grand les portes de son marché boursier aux entreprises russes et chinoises il y a quelques années. Ce pragmatisme réglementaire, qui a souvent fait défaut à ses concurrentes continentales, a grandement contribué au rayonnement de la City. Au sein de l’Union, les Britanniques ont su peser de tout leur poids pour infléchir les textes européens dans un sens favorable aux intérêts de leur système financier. Mais Londres perdra ce pouvoir d’influence après le Brexit, et pourrait alors céder à la tentation d’un dumping réglementaire en bonne et due forme pour préserver son attrait. C’est bien la crainte de ses partenaires européens. La décision de vendredi apportera de l’eau au moulin des partisans d’une ligne dure dans les négociations de sortie avec le Royaume-Uni.
Plus d'articles du même thème
-
Diana Hazvartian (CDC) : "Les taux de défaut sur la dette privée sont historiquement bas en Europe"
Selon la responsable des investissements en dette privée de la Caisse des dépôts, il ne faut pas faire d'amalgame entre les Etats-Unis et l'Europe en matière de dette privée. Néanmoins, il convient de rester vigilant sur cette classe d'actifs dont le marché est en plein essor. -
PARTENARIAT« La volonté de souveraineté des Etats estompe les avantages compétitifs des multinationales »
Interview de Jacques-André Nadal, Directeur général délégué en charge des gestions de Covéa Finance. -
PARTENARIATQuelles perspectives pour un marché de l’épargne en pleine transformation ?
Julien Ducoup, Partner, Responsable du secteur de l’assurance et Nicolas Boulay, Partner, Assurance, au sein de Square Management, évoquent dans cette interview vidéo les thèmes qui seront débattus lors de cet évènement, le jeudi 18 juin prochain, à partir de 17h30 au Shangri-La. -
PARTENARIATRéinventer la contactabilité à l’ère des interactions
L'enjeu n'est plus d'augmenter le volume des interactions, mais d'en améliorer la pertinence et l'efficacité. C'est précisément ce que permet Spacivox. -
Léovic Lecluze (Groupe Matmut) : « On est encore rémunérés pour le risque mais plus pour la prime d'illiquidité »
L’investissement dans la dette privée fait toujours sens, selon la conviction du directeur des investissements du groupe Matmut, mais il convient d’être prudent sur le type de risque pris. -
PARTENARIAT« Coface un dispositif de Back Up Servicing robuste au service de la sécurisation des opérations de titrisation »
Interview vidéo avec Rachid Aoulad Hadj, Directeur des ventes sur les solutions de recouvrement pour l’Europe de l’Ouest, Coface.
- Le Crédit Mutuel Alliance Fédérale change de directeur général
- Le Crédit Agricole est confronté à la reprise des grandes manœuvres en Italie
- Le commissariat aux comptes séduit plus que jamais les jeunes générations
- L'offre d'Intesa sur MPS crée un effet domino pour Axa
- Les banques affûtent leur stratégie de conquête dans l’immobilier
Contenu de nos partenaires
-
LE CONSEIL DE LA SEMAINEHéritiers, faites un don sur succession ! – le conseil de Pauline Soulas
A réaliser en pleine propriété dans les 12 mois suivant le décès, le don sur succession permet de transformer une part d’héritage en soutien philanthropique -
Jouer avec le feuEntre les Etats-Unis et l’Iran, le jeu dangereux de la confrontation sans escalade
Pour chacune des deux parties, l'objectif est de ne pas perdre la face. Et de garder intacts les leviers de négociation toujours en cours -
BagarreLes Vingt-Sept se jettent dans la mêlée budgétaire
Les gouvernements s’apprêtent à ouvrir les négociations pour l’exercice 2028-2034. Le chiffre de départ : près de 2 000 milliards d’euros