La vidéo du jour : Le marché du pétrole réintègre la prime de risque géopolitique
On n’avait plus connu pareille envolée des prix du pétrole depuis la première Guerre du Golfe, en janvier 1991. Les cours du baril de Brent ont flambé de près de 20% lors la séance lundi, après les attaques dont l’Arabie saoudite a été victime, avant de réduire leurs gains de moitié. Deux attaques de drones, revendiquées par les rebelles houthistes du Yémen, ont dévasté samedi 14 septembre des installations stratégiques du pays. En quelques minutes, c’est la moitié de la production du royaume, soit 5% de la production mondiale d’or noir, qui a été stoppée.
On ignore encore le temps qu’il faudra à la compagnie nationale saoudienne Aramco pour restaurer sa production, peut-être plusieurs mois. L’incertitude règne aussi sur la manière dont ont été menées ces attaques, qui démontrent la fragilité des installations saoudiennes à un acte belliqueux. Mais une chose est sûre, les marchés pétroliers vont devoir réintégrer dans les cours une prime de risque géopolitique, alors que les Etats-Unis et l’Arabie saoudite désignent l’Iran comme le responsable de cette agression. Car ces derniers mois, les investisseurs ont fait preuve d’une coupable indifférence devant la montée des tensions au Moyen-Orient, et particulièrement entre Téhéran, d’un côté, et Riyad et ses alliés, de l’autre. Le marché a préféré se concentrer sur les conséquences de la guerre commerciale sino-américaine.
Avec le ralentissement de la demande, et l’essor du pétrole de schiste américain, l’économie mondiale est certes moins sensible à un choc pétrolier au Moyen-Orient que dans les années 70 ou 90. Mais le risque de conflit dans la région est désormais monté d’un cran. Et si aucune des parties n’a intérêt à l’escalade, ni le président américain Donald Trump, ni le prince Mohammed bin Salma, n’ont eu à gérer une crise d’une telle ampleur. Les marchés pétroliers vont devoir réapprendre à vivre avec la peur.
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