La vidéo du jour : Le balancier des régulateurs menace à nouveau les Big Four
Parmi les grands accusés des dérapages en série ayant conduit à la crise financière figuraient les grands de l’audit, les «Big Four», volontiers soupçonnés de complaisance à l’égard des entreprises dont elles certifiaient les comptes depuis trop longtemps pour être tout à fait sincères.
Passés entre les gouttes des régulateurs, les voici qui reviennent sous la loupe, notamment en Grande Bretagne, avec une menace claire de conséquences fâcheuses sur d’autres marchés-clés.
Il est vrai qu’outre-Manche, où les PwC, EY, Deloitte et KPMG auditent plus de 95% des grands de la cote londonienne, les scandales succèdent aux scandales : le plus remarquable demeure l’effondrement du groupe de construction Carillion en janvier dont les auditeurs, de KPMG, validèrent sans sourciller les comptes, profitables mais faux, de 2017.
Lundi donc, le régulateur comptable britannique FRC, le Financial Reporting Council, a annoncé son intention de passer au crible l’indépendance des auditeurs. Et hier, c’est au tour du régulateur de la concurrence cette fois de doubler la mise, en lançant une enquête sur la taille de ces acteurs, sur les abus de position dominante et le manque d’indépendance des auditeurs qui peut en résulter, enfin leur éventuel caractère «to big to fail».
Du côté des «Big Four», l’alarme est chaude. Certes, ils semblent à peu près assurés d’éviter le démantèlement pur et simple. Mais le régulateur comptable n’en évoque pas moins la possibilité d’interdire aux auditeurs de fournir des prestations de conseil à des sociétés qu’ils auditent. Une activité source d’une large partie de leurs revenus.
Surtout, si les régulateurs d’autres grands pays, comme les Etats-Unis ou l’Union européenne, emboîtaient le pas aux Britanniques, les conséquences pour les grands de l’audit pourraient être beaucoup plus lourdes. La bataille du lobbying ne fait que commencer.
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