La vidéo du jour : La Fed engage un changement de décor historique pour les marchés
Le marché a accueilli calmement la confirmation par la Réserve fédérale de l’abandon progressif, à partir d’octobre, de l’assouplissement quantitatif et l’évocation d’une hausse des taux en décembre et de trois autres en 2018. Ni le dollar ni les taux n’ont réagi durablement, preuve que le discours de sa présidente Janet Yellen était «dans le marché». Mais il n’est pas sûr que celui-ci ait tiré toutes les conséquences restrictives de cette décision historique, d’ailleurs pilotée avec un soin particulier.
Face à une inflation introuvable, son message sur les taux est pragmatique : la Fed s’adaptera aux circonstances.
Si elle envisage trois hausses aujourd’hui, l’institution n’hésitera pas à se déjuger en cas de chiffres décevants qu’elle semble d’ailleurs anticiper : elle a réduit de 0,2 point sa projection du niveau d’équilibre de long terme des Fed funds, son principal taux de référence, à 2,8%.
Reste l’autre partie de son propos un peu perdu de vue : l’arrêt progressif d’achats d’obligations, couplé à l’augmentation prévisible du déficit budgétaire américain va conduire à un changement complet des perspectives des taux longs. C’est par centaines de milliards de dollars que l’offre de Treasuries qui ne sera plus automatiquement souscrite va augmenter.
D’où une réappréciation des primes de risques touchant les marchés d’actions, avec une rotation prévisible des secteurs au profit des financières, mais aussi les matières premières ou les émergents. Cela ne sera pas forcément mauvais pour le niveau des indices pour autant que le pilotage de la remontée des taux par la Fed soit parfait. Les choix de Donald Trump, sur le point de renouveler la gouvernance de la Fed, seront cruciaux à cet égard.
Plus d'articles du même thème
-
Christian de Kerangal (IEIF) «Le secteur immobilier a trop peu investi dans la R&D»
La recherche et développement (R&D) ne représente qu'aux environs de 0,9% du chiffre d’affaires des promoteurs et constructeurs a pointé Christian de Kerangal, directeur général de l’IEIF (Institut de l'Epargne Immobilière et Foncière), lors du Forum Immobilier et Finance, organisé par L’Agefi le 8 octobre 2026. Un budget qu’il estime pourtant essentiel pour construire et «produire la ville» de façon moins coûteuse dans un contexte de crise de l’industrie. -
Charlotte Gourdais (Carac) : «Nous allons profiter du momentum de la hausse des taux pour saisir certaines opportunités»
L'immobilier, sous forme directe ou indirecte, représente près de 13% des actifs du groupe Carac, mais l'heure est à l'arbitrage. Charlotte Gourdais, responsable immobilier du groupe, a partagé ses convictions lors du Forum Immobilier et Finance, organisé par L'Agefi le 8 octobre. -
Pierre-Yves Guice (Paris La Défense) : «L'offre de bureau est surdimensionnée à l'échelle du Grand Paris»
Le quartier de la Défense se redessine pour maintenir son rôle de moteur économique. Le directeur général de Paris La Défense s'est exprimé à l'occasion du Forum Immobilier et Finance, organisé par L'Agefi le 8 octobre. -
Stanislas Barthelemi (Adan) : «Il y a une diversification des acteurs dans l’écosystème des crypto»
A l’occasion de la première édition de Bank Acceleration, Stanislas Barthelemi, président de l’Adan, a fait le point sur les évolutions en cours au sein de l’écosystème des professionnels des actifs numériques. Il souligne notamment une diversification à la fois dans la typologie des acteurs, avec l’arrivée des banques traditionnelles, mais aussi dans les univers d’investissement ciblés. -
Bertrand Hassani (Quant AI Lab) : «Le futur de la banque, c’est la connexion de tous les systèmes d’information»
Interviewé à l’occasion de l’événement Bank Acceleration, qui s’est tenu le 6 octobre, au Palais Brongniart, Bertrand Hassani, directeur général de Quant AI Lab, a évoqué les avantages d'une IA distribuée pour répondre notamment aux besoins du secteur bancaire. -
Maya Atig (FBF) : «Il faut accepter de l’investissement long»
A l’occasion de l’événement Bank Acceleration organisé par L’Agefi le 6 octobre dernier au Palais Brongniart à Paris, nous avons reçu sur notre plateau TV, Maya Atig, directrice générale de la Fédération bancaire française, afin d’évoquer les limites de la réglementation, mais aussi les enjeux liés à la souveraineté des données bancaires et à la rétention des talents dans la tech notamment.
Sujets d'actualité
- Une panne de Google Cloud a paralysé Revolut et d'autres banques plusieurs heures
- La Société Générale rend 54 salariés de sa filiale titres à UniCredit en Italie
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Les OAT décrochent après les troubles en France
- Banquiers et assureurs activent les mesures d’urgence post-mouvements sociaux
Contenu de nos partenaires
-
EruptifEmmanuel Macron et Sébastien Lecornu face aux crises : comment trouver la sortie ?
Emmanuel Macron et Sébastien Lecornu doivent répondre aux revendications des lycéens et des syndicats alors que les violences peuvent à nouveau enflammer la France -
CitadelleA Orléans, le récit de « civilité » de Marine Le Pen et du RN à l’épreuve des tensions
Marine Le Pen a placé son lancement de campagne sous le signe de la « civilité », promettant concorde et apaisement. Mais les incidents se sont multipliés à Orléans -
EditoY a-t-il encore une place pour le camp des raisonnables ?
L'ignoble attentat raciste de Trappes a donné un tragique prolongement aux haines qui prospèrent dans une France polarisée et à bout de nerfs.