La vidéo du jour : La BCE règle la mire
Entre la Banque centrale européenne et les marchés financiers, l’incompréhension allait grandissant. Il était temps pour Mario Draghi de régler la mire, et c’est que le président de la BCE a commencé à faire jeudi en reconnaissant l’existence de risques à la baisse pour la croissance de la zone euro. L’autorité monétaire est donc revenue pour la première fois depuis avril 2017 à une vue plus sombre des perspectives économiques. Elle retrouve ainsi le biais pessimiste qui a accompagné les six premières années et demie du mandat de Mario Draghi. Il faut dire qu’entre les dernières enquêtes de conjoncture, le coup de frein de l’industrie automobile allemande, la stagnation de l’inflation sous-jacente et la correction des marchés en décembre, la prévision de la BCE d’une croissance de 1,9% cette année en zone euro paraît de plus en plus déconnectée de la réalité.
Derrière ce changement de ton, c’est tout le calendrier de la première hausse des taux directeurs de la BCE qui se trouve remis en question. La banque centrale a évoqué jusqu’à présent un tour de vis après l’été 2019. Sur les marchés obligataires, la probabilité d’une hausse du taux de dépôts cette année est tombée à 40%. Les économistes, eux, font le grand écart. Une majorité attend encore un premier relèvement des taux directeurs au quatrième trimestre, mais certains anticipent un statu quo au moins jusqu’à la fin de 2020. Et jeudi, il a beaucoup été question, au contraire, d’une nouvelle mesure d’assouplissement monétaire : un nombre croissant de membres du conseil des gouverneurs de la BCE s’interrogent sur l’intérêt d’une troisième série d’injections de liquidités à long terme dans le système bancaire, les TLTRO.
Dans cet environnement hautement incertain, la mise à jour des prévisions de croissance de la BCE lors de la prochaine réunion du 7 mars s’annonce déjà comme un événement. Ce pourrait être l’occasion, pour la banque centrale, de reporter à début 2020 la perspective d’une première hausse de taux.
Plus d'articles du même thème
-
PARTENARIAT« La santé mentale va devenir un facteur de différenciation entre les entreprises et aussi un critère d’investissement »
Entretien entre Denis Panel, CEO de Sycomore AM, et Christophe André, psychiatre et auteur. -
Olivier Bertin, Caisse d’épargne Île-de-France : « La gestion des risques existait avant Trump »
Olivier Bertin, le responsable du département trésorerie-investissements de la Caisse d’épargne Île-de-France, était l’invité de l’Institutional Day organisé par L’Agefi en juin dernier et a répondu à nos questions sur le thème de la gestion des risques. -
Wim Vermeir (AG Assurances - Ageas) : «Le marché est porteur mais nous restons neutre dans notre allocation stratégique»
Depuis l’élection de Trump, l’instabilité géopolitique et économique semble être devenue la nouvelle norme. Wim Vermeir, le directeur des investissements d’AG Assurance – Ageas, invité lors de l’Institutional Day organisé par L’Agefi le 30 juin dernier, explique comment la gestion des risques s’adapte à ce nouveau contexte. -
Céline Boué (Korege) : « La cartographie des risques nous permet de naviguer comme avec une carte de navigation »
Dans un environnement instable, la gestion des risques consiste à distinguer le bon risque du mauvais risque, avec un point d’attention particulier pour les risques majeurs, explique Céline Boué, la directrice des investissements de Korege (Groupe Matmut) à L'Agefi à l'occasion de l'événement Instit Day. -
PARTENARIAT« Réindustrialiser nécessite de bien orienter les investissements vers les éléments clés des chaînes de valeur »
Interview vidéo avec Eric de Tessières, Group Chief Sustainability Officer d’Edmond de Rothschild
Contenu de nos partenaires
-
ConvergencesDroite et centre : un programme (déjà) commun pour 2027
En attaquant Gabriel Attal pour plagiat, David Lisnard montre qu'il existe quelques grands axes politiques autour desquels les candidats de l'ex-majorité présidentielle et Les Républicains peuvent s'entendre -
Présidentielle : la bataille du « socle commun » passe aussi par le Sénat
Les sénatoriales ne devraient pas bouleverser les équilibres de la Chambre haute. Mais l’arrivée probable d’un groupe RN et l’affaiblissement de la droite qu’elle entraînera, pourrait transformer le Palais du Luxembourg en terrain d’expérimentation de la présidentielle -
Spiritisme« En maintenant caché le Guide suprême, le régime iranien veut semer la confusion »
Le président iranien a évoqué une communication « difficile » avec Mojtaba Khamenei, qui n'est toujours pas apparu en public