La vidéo du jour : La BCE ne peut donner que ce qu’elle a
Les marchés financiers attendaient beaucoup de la Banque centrale européenne, et ils ont été servis. Avant de passer le témoin le 31 octobre à Christine Lagarde, son président Mario Draghi a déployé jeudi tous les outils à sa disposition. Pour les banques, la baisse des taux tant redoutée s’accompagne d’un système de palier qui permettra de les immuniser en partie contre le coût des taux négatifs. La BCE baissera également le prix de ses injections massives de liquidité.
Pour les investisseurs, la reprise des achats nets d’actifs, à hauteur de 20 milliards d’euros à partir de novembre, paraîtra peut-être moins généreuse qu’escompté. Mais la relance de ce programme n’est désormais plus bornée dans le temps, et elle ne s’arrêtera que lorsque la BCE jugera utile de remonter ses taux directeurs.
La banque centrale a donc décidé de semer à tout vent, aussi longtemps que nécessaire. Cette nouvelle salve du bazooka monétaire assurera-t-elle pour autant le redressement des perspectives de croissance et d’inflation en zone euro ? Beaucoup en doutent, à commencer par Mario Draghi. La nette révision à la baisse, ce jeudi, des prévisions de la BCE, avec seulement 1% d’inflation attendue en zone euro en 2020, témoigne de l’épuisement des politiques monétaires ultra-accommodantes. La banque centrale a également peu de prise sur la guerre commerciale ou le risque politique d’un Brexit sans accord. Le conseil des gouverneurs de la BCE était d’ailleurs divisé sur l’opportunité d’un stimulus aussi large. En revanche, il se montre unanime sur la nécessité d’une relance budgétaire qui seule, permettrait à la politique monétaire de produire ses pleins effets. La zone euro en a les moyens, et l’Allemagne en particulier. Les craintes d’une récession nourrissent les débats à Berlin sur l’abandon d’une stricte orthodoxie budgétaire. Espérons que les appels pressants des banquiers centraux y seront entendus.
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