La vidéo du jour : La BCE ménage «colombes» et «faucons»
La Banque centrale européenne aime frapper là où on ne l’attend pas. Et pour sa réunion de politique monétaire, jeudi à Riga, en Lettonie, la BCE a pris deux décisions majeures. La première, concerne l’arrêt de son programme d’assouplissement quantitatif. La BCE devait, à l’origine, annoncer ses intentions à sa réunion du 26 juillet. Elle a préféré donner dès maintenant des garanties aux membres les plus «faucons» qui réclamaient un arrêt des achats d’actifs. Ceux-ci seront réduits de moitié, à 15 milliards d’euros par mois, en octobre, et cesseront après décembre. La BCE se contentera ensuite de réinvestir les tombées de son portefeuille.
Cette annonce sur la fin du QE permet au passage d’envoyer un message fort au sujet de l’Italie. La crise politique à Rome est aujourd’hui considérée comme un épiphénomène, en rien comparable avec celle de la zone euro en 2012, et elle ne poussera pas la BCE à refinancer outre mesure les Etats.
Mario Draghi, le président de la banque centrale, a toutefois ménagé aussi le camp des «colombes», avec ses prévisions sur les taux directeurs. C’est la deuxième surprise de ce rendez-vous. Malgré une prévision d’inflation revue à la hausse pour l’an prochain, la BCE laissera ses taux inchangés jusqu’au courant de l’été 2019. Les investisseurs anticipaient jusqu’à présent une première remontée des taux six mois après la fin des achats d’actifs, c’est-à-dire en juin et non en septembre. Ces trois petits mois d’écart ont fait toute la différence hier sur les marchés, et provoqué le recul de l’euro. Ce faisant, la banque centrale prend en compte les risques d’un ralentissement en zone euro. Elle laisse par ailleurs toutes ses options ouvertes, y compris une reprise des rachats d’actifs si la situation l’exige.
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