La vidéo du jour : Engie, le plan de l’indépendance
Le nouveau plan à trois ans qu’Engie révélera jeudi matin est stratégique à plus d’un titre pour le producteur d’énergie. Cette feuille de route est la première élaborée par la directrice générale, Isabelle Kocher, sans l’ombre tutélaire de Gérard Mestrallet. L’architecte d’Engie des deux dernières décennies a cédé l’an dernier son fauteuil de président à Jean-Pierre Clamadieu et a quitté son siège d’administrateur.
L’occasion pour Isabelle Kocher d’affirmer son autorité, que bon nombre d’adversaires ont aimé remettre en question ces trois dernières années. L’occasion surtout de profiter de cette indépendance pour amplifier le changement de modèle du groupe, au-delà de l’annonce attendue de nouvelles économies.
Car si le précédent plan a permis à Engie d’accélérer son virage vers les services, moins consommateurs de capitaux, et de s’écarter des prix de marché de l’énergie, trop volatils, cette nouvelle feuille de route doit prouver qu’Engie peut durablement générer de la croissance, alors que ces trois dernières années ont été consacrées à vendre des actifs pour trouver les moyens d’investir dans d’autres activités.
Pour cela, Isabelle Kocher doit clarifier la position du groupe en Belgique. Les sept réacteurs nucléaires opérés par Engie dans ce pays ont été ralentis ces dernières années par des problèmes de sécurité à répétition. Ces centrales sont les dernières d’Engie dans le nucléaire. Une sortie à court terme parait difficilement envisageable, mais le groupe doit donner de la visibilité sur cette question, cruciale pour ses bénéfices et sa valorisation.
Enfin, ce nouveau plan doit préparer la voie à une future indépendance d’Engie. L’Etat piaffe d’impatience pour descendre au capital. Le prochain vote de la loi Pacte lui permettra de le faire. Reste à espérer une remontée du cours de Bourse. A 14 euros hier, le prix de l’action Engie n’a pas bougé par rapport à septembre 2017 lors de la dernière vente d’actions Engie par l’Etat.
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