La vidéo du jour : Danske Bank, un scandale de blanchiment à longue portée
Jusqu’où s’arrêtera le scandale Danske Bank ? Voilà plusieurs mois qu’une vaste affaire de blanchiment d’argent éclabousse la banque danoise. Sa filiale estonienne est accusée d’avoir permis, jusqu’en 2015, à des ressortissants moldaves, russes ou azéris de blanchir de l’argent sale. Au mois de mai, le directeur général du groupe avait cru s’en tirer avec des excuses et une demande des régulateurs danois de renforcer le capital. Mais des révélations de la presse locale, cette semaine, donnent une nouvelle dimension au dossier. Ce sont 8 milliards de dollars qui auraient transité de manière délictueuse par la filiale estonienne, plus du double de l’estimation initiale.
L’action Danske Bank a accusé le coup mercredi. En un mois, sa sous-performance boursière atteint 10 points vis-à-vis des autres banques du Nord de l’Europe, généralement réputées pour leur solidité. Le groupe ne devrait pas échapper à une forte amende. D’autant que le Danemark aura à cœur de montrer à son opinion publique qu’il prend l’affaire très au sérieux. La facture peut même gonfler si les autorités américaines s’en mêlent. L’an dernier, soupçonnée d’avoir blanchi 10 milliards de dollars d’argent russe, Deutsche Bank avait réglé 670 millions de pénalités auprès des gendarmes financiers britanniques et américains.
Le scandale Danske Bank met aussi en lumière, une fois encore, le rôle des Etats baltes comme plaque tournante du blanchiment en Europe. On se souvient qu’en début d’année, la troisième banque de Lettonie, ABLV, avait été débranchée du système financier en dollar et poussée à la faillite… par les Etats-Unis. L’Europe pèche en effet par un manque de coordination en matière de lutte antiblanchiment, qui est laissée à la main des superviseurs nationaux. La Banque centrale européenne, superviseur bancaire unique, se plaint d’ailleurs de ses pouvoirs limités dans ce domaine. Espérons que le cas Danske Bank accélère la prise de conscience des décideurs européens.
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