CIAM : «Les minoritaires de Suez ont aussi leur mot à dire»
En tant qu’actionnaires de Suez, nous suivons de près les évolutions autour de la vente du bloc de Suez détenu par Engie. Tout l’enjeu réside dans les modalités de cette cession. Que ce soit dans le montage que Suez tente de mettre au point contre l’OPA de Veolia, ou dans la proposition présentée par Veolia le 30 août dernier, les actionnaires minoritaires ne doivent en aucun cas être moins bien traités qu’Engie.
Nous demandons donc instamment aux conseils d’administration de ces trois groupes d’œuvrer en toute transparence et dans l’intérêt de tous les actionnaires, y compris minoritaires, qui pourraient se retrouver désavantagés dans un contexte complexe où des conflits d’intérêts sont possibles.
En effet, Veolia se propose de racheter le bloc de 29,9% au lieu des 32% pour éviter le déclenchement d’une offre obligatoire et ainsi permettre à Engie de recevoir du cash rapidement sans attendre l’avis des autorités de la concurrence. Et même si l’annonce d’une intention de rachat à terme des minoritaires a été faite, nous n’en connaissons pas les modalités exactes, à commencer par son prix.
Bien entendu, la seule lecture possible, dans le respect des intérêts des actionnaires minoritaires, est qu’une offre volontaire de Veolia ne saurait se faire à un prix inférieur à celui offert à Engie. Nous espérons que cette évidence est prise en compte. Soulignons également que les conseils d’administration de Suez et d’Engie considèrent que le prix de 15,5 euros proposé par Veolia est « très significativement inférieur à la valeur intrinsèque de Suez ». Même si nous partageons en partie cette opinion, nous considérons que c’est aux actionnaires qu’il appartient de juger de l’équité du prix et des mérites d’une offre publique.
De l’autre côté, Suez cherche une alternative contre l’OPA annoncée par Veolia. La presse s’est récemment fait l’écho d’informations selon lesquelles Suez aurait suscité une candidature d’investisseurs financiers pour ne racheter que le bloc d’Engie à hauteur de 29,9%. Il semblerait que Suez envisage de participer à ce rachat pour un tiers, et négocierait à cette fin, en urgence, une cession d’actifs initialement destinée à désendetter le groupe. Cette opération pèserait ainsi lourdement sur Suez, dans des conditions qui ne paraissent pas immédiatement conformes à son intérêt social. Un démantèlement précipité d’actifs profiterait aux acheteurs et non aux actionnaires minoritaires.
Si Suez et ses alliés rachètent la participation d’Engie, les actionnaires minoritaires doivent donc se voir proposer un rachat dans les mêmes conditions car cette opération mettrait fin au projet d’OPA proposé par Veolia et priverait de fait les actionnaires de la faculté d’apporter leurs titres à l’offre, une fois déposée.
Enfin, nous invitons Engie à veiller à respecter cette égalité de traitement des actionnaires de Suez, en favorisant l’acquéreur qui s’engagera à proposer à toutes les parties une offre d’achat de leurs titres au même prix que le sien. En tant qu’entreprise du secteur public dont l’actionnaire le plus important est l’Etat, Engie ne peut pas accepter un traitement désavantagé des actionnaires minoritaires.
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