N26 quitte le marché britannique
Serait-elle une des premières victimes collatérales du Brexit dans les services financiers ? La néobanque allemande N26 a annoncé mardi, dans un communiqué, qu’elle va se retirer du marché britannique, et qu’elle fermera tous les comptes bancaires qui y ont été ouverts.
Pour motiver cette décision, elle évoque explicitement l’entrée en vigueur du retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne, précisant qu’elle ne pourra bientôt «plus opérer au Royaume-Uni avec sa licence bancaire européenne». Tous les comptes N26 au Royaume-Uni seront clôturés le 15 avril 2020.
La firme basée à Berlin, créée en 2015, avait pourtant ouvert ses bureaux à Londres en octobre 2018. Soit deux ans après le vote du référendum en faveur du Brexit. Et elle avait assuré l’an dernier gagner un millier de clients par jour au Royaume-Uni.
Mais N26 se retire peut-être, aussi, d’un marché devenu trop coûteux pour elle. Elle dispose d’une licence bancaire de la Banque centrale européenne depuis juillet 2016, mais pas d’une licence britannique de la Banque d’Angleterre. L’obtention d’un tel sésame serait trop coûteux au vu du nombre de clients qu’elle compte sur ce marché. A savoir «plusieurs centaines de milliers de clients», indique à L’Agefi une porte-parole. Pourtant, la fintech néerlandaise Bunq a eu beau jeu, hier, de dire qu’elle pouvait continuer d’exercer outre-Manche «avec la licence bancaire européenne : il y a une période d’exemption au moins pour cette année», souligne son CEO, Ali Niknam.
Sur les réseaux sociaux, certains clients déçus reprochaient à N26 de prendre le Brexit comme prétexte pour quitter un marché local ultra concurrentiel, où elle fait notamment face aux fintech britanniques Revolut, Monzo, et Starling, qui vient de lever 60 millions de livres.
Du côté de son organisation interne et ses salariés, la banque compte «environ 80 collaborateurs dédiés au marché britannique dans nos bureaux berlinois et londonien», précise-t-elle à L’Agefi. «La majorité de nos effectifs sera redéployée pour renforcer la croissance des équipes globales», à l’issue de l’arrêt de ses opérations au Royaume-Uni, poursuit-elle.
Parallèlement à cette fermeture annoncée, N26 dit vouloir «affirmer [sa] présence aux Etats-Unis, un des marchés bancaires les plus attractifs au monde, et [se] lancer dans de nouveaux pays». Elle a inauguré son service outre-Atlantique en juillet 2019, en partenariat avec Axos Bank. Elle revendique cinq millions d’utilisateurs dans toute l’Europe, dont un million en France.
Plus d'articles du même thème
-
Le fonds souverain d'Arabie saoudite lance une plateforme de financement Tawid
L’initiative du PIF vise à renforcer l'économie saoudienne en proposant des produits de financement via une plateforme numérique innovante. -
CDP Venture Capital SGR soutient les start-up de la deeptech italienne
La filiale de la Caisse des dépôts et consignations italienne a investi dans le cinquième fonds du gérant français Jolt Capital, visant à financer la croissance internationale des start-up de la deeptech en Europe. -
Crédit Agricole Assurances fait ses premiers pas dans la finance tokenisée avec Amundi
Le premier assureur de France a réalisé un investissement de 100 millions d’euros dans un fonds tokenisé par le gérant maison.
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Le taux souverain français dépasse 5%
- Les banques françaises restent très dépendantes de leur marché domestique
- Les autorités françaises publient leurs propositions sur le règlement européen MiCA
- La croissance d'Hermès ralentit et son titre plonge
Contenu de nos partenaires
-
Tout est pardonnéIran : les puissances régionales se débrouillent sans Donald Trump
De hauts représentants de l'Arabie saoudite, du Pakistan et de la Turquie se sont rendus ensemble à Téhéran pour dialoguer directement et ouvertement avec le régime iranien -
MitigéFrance 2030 : trop de subventions, pas assez de stratégie d'après la Cour des comptes
Les magistrats de la rue Cambon saluent la rapidité d'exécution du plan massif d'investissement en cours de déploiement, mais soulignent aussi ses défauts stratégiques -
Mauvais endroit, mauvais momentLoi casseurs-payeurs : la fin de l'impunité ?
Responsabilité collective, sanctions sur les prestations sociales, contrôle des contenus en ligne : la loi, examinée au Sénat, promet fermeté et autorité. Mais elle bouscule aussi la liberté de manifester