Les néobanques deviennent des banques challengers
«Le début d’année 2020 confirme notre vision concernant l’essor des néobanques sur le marché français des services bancaires, avec notamment des levées de fonds historiques soutenues par des investisseurs étrangers», explique Stéphane Dehaies, associé, banque & fintech chez KPMG France, qui publie aujourd’hui la nouvelle édition du «Panorama des néobanques en France», en partenariat avec Ipsos. Rien que ce mois-ci, Lydia a levé 40 millions d’euros et la néobanque pour les professionnels Qontoa effectué un tour de table de 104 millions d’euros.
Pour convaincre les investisseurs de la pérennité de leur modèle, les néobanques sont devenues de véritables banques challengers face aux banques en ligne historiques (Boursorama, ING…), grâce à leur conquête clients mais également à leur stratégie à l’international. Les néobanques ont ainsi totalisé 3,5 millions de comptes actifs fin 2019 en France... et ce chiffre devrait augmenter : selon l’étude, «68% des clients de néobanques seraient prêts à faire de leur néobanque leur banque principale si elle proposait davantage de services.»
«Les néobanques sont de plus en plus présentes dans le Top 10 des banques challengers en nombre de comptes», précise Emmanuel Papadacci-Stephanopoli, directeur, spécialiste marketing bancaire, KPMG France. Dans le classement de 2019, à côté des banques en ligne, figurent désormais Nickel, N26, Revolut et Orange Bank. «Les banques en ligne font désormais face à des néobanques avec une forte dynamique de conquête qui cherche aujourd’hui à rentabiliser leur activité en proposant d’autres services financiers plus profitables (crédit, assurances, etc.)», souligne l’expert.
Par ailleurs, «les néobanques ont bien compris que la mutation de leur offre était nécessaire pour asseoir la rentabilité pérenne de leur business. Cette transformation doit permettre l’acquisition et la rétention d’une clientèle avec un ARPU [revenu moyen par client] plus élevé qu’actuellement», indique Muriel Grandidier, Client Officer, Spécialiste Banque, Finance et Assurance chez Ipsos France.
Désormais, une bataille se livre entre néobanques et banques en ligne. Elles doivent toutes faire face à l'émergence d’un «client roi», à la recherche d’instantanéité, de nouveauté et de confiance. Les banques en ligne ont décidé de contre-attaquer, en lançant des offres plus attrayantes, comme Ultim de Boursorama ou encore Fosfo pour Fortuneo. Les néobanques vont devoir également mieux cerner les profils de leurs utilisateurs, puisque les millennials ne sont pas leurs seuls clients. Si les 18-30 ans sont davantage attirés par des néobanques digitales et internationales telles que N26 ou Revolut, les plus de 45 ans sont attirés par les néobanques s’appuyant sur un réseau physique.
Plus d'articles du même thème
-
Boeing n’a pas surmonté tous ses obstacles dans l’aviation civile
S’il a réduit son endettement net à fin septembre, le groupe aéronautique peine toujours à augmenter le rythme de production de ses appareils monocouloirs 737 Max. -
Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
Dans le sillage de la hausse collective accordée par BNP Paribas à la plupart de ses salariés, les banques régionales de la banque verte se montrent nettement plus généreuses que l’an dernier. -
Dans la tech, la dette ne s'envole pas chez tout le monde
Alors que la course à l’intelligence artificielle fait rage, la plupart des géants de la tech empruntent comme jamais dans leur histoire pour financer des investissements mirobolants. Par choix ou grâce à leur modèle, certains se montrent toutefois moins dispendieux.
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Le taux souverain français dépasse 5%
- Les banques françaises restent très dépendantes de leur marché domestique
- Les autorités françaises publient leurs propositions sur le règlement européen MiCA
- La croissance d'Hermès ralentit et son titre plonge
Contenu de nos partenaires
-
Tout est pardonnéIran : les puissances régionales se débrouillent sans Donald Trump
De hauts représentants de l'Arabie saoudite, du Pakistan et de la Turquie se sont rendus ensemble à Téhéran pour dialoguer directement et ouvertement avec le régime iranien -
MitigéFrance 2030 : trop de subventions, pas assez de stratégie d'après la Cour des comptes
Les magistrats de la rue Cambon saluent la rapidité d'exécution du plan massif d'investissement en cours de déploiement, mais soulignent aussi ses défauts stratégiques -
Mauvais endroit, mauvais momentLoi casseurs-payeurs : la fin de l'impunité ?
Responsabilité collective, sanctions sur les prestations sociales, contrôle des contenus en ligne : la loi, examinée au Sénat, promet fermeté et autorité. Mais elle bouscule aussi la liberté de manifester