La flambée de l’inflation américaine surprend les marchés
Le rendement des Treasuries à 10 ans a atteint 2% tandis que les anticipations d’une hausse de 50 points de base (pb) des taux Fed Funds en mars augmentent après l’annonce d’un chiffre d’inflation supérieur aux attentes en janvier aux Etats-Unis.
La hausse des prix à la consommation aux Etats-Unis a accéléré plus que prévu en janvier sur un an, se traduisant par une inflation en rythme annuel à un pic de 40 ans.
L’indice des prix à la consommation (CPI) a progressé de 0,6% après avoir avancé de 0,5% en décembre, a annoncé jeudi le département du Travail. Sur un an, il affiche une accélération de 7,5%, la plus forte jamais enregistrée depuis février 1982, après un gain de 7% en décembre. Les économistes anticipaient une hausse de 7,3%.
L’indice CPI core, hors énergie et produits alimentaires, a augmenté de 0,6% sur un mois après une hausse de 0,6% en décembre et de 6%, sur un an, le niveau le plus élevé depuis août 1982, après un gain de 5,5% en décembre.
Inflation temporaire qui dure
Cette nouvelle surprise à la hausse (la neuvième au cours des 11 dernières publications d’inflation aux Etats-Unis) alimente les craintes d’une inflation qui resterait élevée au premier semestre se répercutant sur les salaires et les loyers.
D’autres données ont montré que les demandes hebdomadaires initiales de chômage ont chuté de 16.000 à 223.000, légèrement sous les attentes de 230.000.
Ces données alimentent les anticipations de resserrement monétaire plus marqué de la part de la Réserve fédérale américaine. «Les chiffres de l’inflation aux États-Unis plus élevés que prévu ont renforcé les attentes des investisseurs quant à un resserrement de la politique de la Fed à venir. Ils évaluent maintenant une probabilité de 52 % d’une augmentation des taux de 50 points de basele 16 marscontre 29% avant cette annonce, selon l’outil FedWatch de CME», indique Erik Norland, économiste chez CME Group. La Fed a aussi la possibilité d’accélérer la diminution de son bilan.
Sur le marché des taux, le rendement de l’emprunt américain à 10 ans a dépassé 2% (+7 pb) pour la première fois depuis août 2019, avant de baisser à 1,97%. Le taux 2 ans prend 10 pb, à 1,47%. La courbe des taux américains s’aplatit, la partie 2 ans-10 ans revenant à 50 pb.
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Le match serait en revanche plus serré face à un adversaire issu des rangs de la droite et du centre. En particulier Edouard Philippe, donné gagnant dans les dernières enquêtes d’opinion, aussi bien contre Mme Le Pen que M. Bardella. «La présidentielle se jouera certainement entre le RN et le bloc central, s’ils arrivent à avoir un candidat commun», insiste tout de même la triple candidate à l’Elysée, qui reconnait que «dans cette configuration, Edouard Philippe a un certain nombre de qualités mathématiques» car «il est en même temps issu de la droite, ancien Premier ministre macroniste» et «il plaît à la gauche, en tout cas il ne la dérange pas». Pas envie de «facilité» Si sa préférence va donc à un affrontement contre celui qu’elle qualifie de «candidat du parti unique» et d’incarnation de «l’extinction du clivage droite-gauche», Mme Le Pen souligne que dans ce scénario, «il y a une condition sine qua non, c’est qu’ils arrivent à ne pas être quinze sur la ligne de départ». Dans le cas contraire, «le risque que Jean-Luc Mélenchon s’appuie sur un socle qui est plus fiable que le bloc central est réel», ajoute-t-elle. Mais la perspective d’une victoire dans un «front anti-LFI» ne l’enchante guère. «Je ne trouve pas ça extrêmement glorieux d'être élue sur la base de cet unique argument», explique-t-elle, critiquant «une forme de facilité». La critique vise notamment son autre rival déclaré, Bruno Retailleau, qui ne lui inspire aucune inquiétude. «Ce sera le Zemmour de 2027 (…) ce sera Monsieur Plus», ironise-t-elle. Son pari? Le patron des Républicains «va se radicaliser» pendant la campagne comme "à chaque fois que quelqu’un se met en concurrence avec le RN». Et si l’ex-ministre de l’Intérieur entend miser sur son expérience pour s’imposer, «tant mieux pour nous» car «son résultat à Beauvau est juste pathétique», assène-t-elle. Prête pour la bataille, la cheffe de file de l’extrême droite française est d’autant plus à l’aise que «les thèmes ont été imposés par le RN, aujourd’hui plus personne ne peut faire campagne sans parler d’immigration ni de sécurité, c’est une victoire idéologique qui est acquise». Avec «la question évidemment absolument essentielle du pouvoir d’achat», et «le sujet des finances publiques qui va certainement s’inviter», les grandes lignes de la confrontation sont tracées. Reste à trouver comment «dessiner dans l’esprit des Français ce que peut être la France sans l’ensemble de ces fils qui l’entravent et de ces maux qui la frappent». «La décision sera simple» Le parti n’en est pas encore là, même s’il «prépare sa campagne». Un premier séminaire mi-avril a permis d’identifier de premiers points sensibles, notamment la sécurité de son candidat «qui est une vraie préoccupation, parce que l’extrême gauche est de plus en plus brutale et violente». «Personne n’a jamais empêché un meeting de Mélenchon (…) il n’y a jamais de contre-manifestation contre un meeting de la France Insoumise, ça n’est jamais arrivé, ça n’existe pas», insiste-t-elle, dénonçant aussi bien «une impunité de la part des pouvoirs publics» qu’une «compréhension coupable de la part de la presse» qui s’en fait l'écho. D’autres réunions internes seront par ailleurs nécessaires pour finaliser le programme. «On va maintenant se voir extrêmement régulièrement, avec Jordan Bardella et nos équipes rapprochées pour commencer les arbitrages sur le projet présidentiel, qui a déjà beaucoup avancé», indique-t-elle. Mais l’essentiel reste suspendu à la décision de la cour d’appel de Paris, qui décidera le 7 juillet du sort de Marine Le Pen et pourrait confirmer son inéligibilité, voire lui imposer en plus le port d’un bracelet électronique. «Si les juges ne m’en empêchent pas, je serai candidate», assure-t-elle. A l’inverse, «si je ne peux pas être candidate ou si je ne peux pas faire campagne, ça revient au même», dit celle qui cèderait alors la place à son «binôme» Jordan Bardella. Sans état d'âme: «La décision sera simple (...) parce qu’en fait c’est assez binaire». Gabriel BOUROVITCH © Agence France-Presse