Le CAC 40 retrouve son niveau d’avant la crise
La Bourse de Paris a effacé la crise du Covid. En repassant jeudi au-dessus de la barre des 6.000 points, à 6.033,76 points (+0,72%), le CAC 40 est revenu à son niveau d’avant la crise. L’indice parisien a bénéficié de l’accalmie sur les marchés de taux, du rebond de Wall Street, du vote du plan de relance américain et du ton accommodant de la Banque centrale européenne.
La plupart des places européennes ont retrouvé leurs niveaux d’avant la crise, hormis la Bourse espagnole. Une dynamique alimentée par la rotation sectorielle qui permet aux actions européennes de faire mieux que les actions américaines. La baisse de l’euro a aidé. «Le CAC 40 affiche un delta de performance de 15 points supérieure au Nasdaq. C’est remarquable », note Alexandre Baradez, analyste chez IG France.
Les marchés européens comptent davantage de valeurs cycliques et décotées (value) que de croissance. Une rotation cohérente avec la hausse des taux et la reprise économique. Florent Pochon, stratégiste chez Natixis, note que la surperformance récente n’est pas uniquement due à un effet de structure des indices. Les 2,5 points d’écart entre l’indice S&P 500 et l’indice S&P 350 se partagent entre rotation sectorielle et effet prix (amélioration relative des PER). «Nous assistons à la fois à un rattrapage entre secteurs value-cycliques et croissance et entre mêmes secteurs dans les deux régions», poursuit le stratégiste.
Cette rotation s’est faite avec le soutien des investisseurs non résidents. «Ces derniers sont revenus sur les actions européennes de façon limitée pour le moment mais avec le mérite de mettre fin à l’hémorragie des flux», souligne Florent Pochon. Depuis octobre, 38 milliards d’euros sont rentrés via les fonds (seulement 4 milliards pour les ETF).
«Tant que les taux longs continuent de monter, la rotation va se poursuivre, juge Alexandre Baradez. En cas de stabilisation durable des taux, nous pourrions avoir une consolidation d’autant que les indices européens sont bien valorisés.». Mais ce dernier ne croit pas à une correction. Florent Pochon estime que la volatilité va rester élevée mais que toute baisse sera mise à profit par les investisseurs, et ce, tant que les banques centrales seront présentes. «Le marché européen garde un potentiel de surperformance tant que la rotation se poursuit, ajoute le stratégiste. Nous ne sommes toutefois pas convaincus que la surperformance soit durable relativement au marché américain.» La plus forte croissance aux Etats-Unis et la rentabilité plus élevée des entreprises risquent de ramener les investisseurs à la réalité.
Plus d'articles du même thème
-
Allspring étoffe sa gamme de fonds Ucits
Le gestionnaire d’actifs américain lance un fonds sur les actions mondiales. -
« Le rebond récent paraît fragile »
Pierre-Alexis Dumont, Directeur des Investissements de Sycomore AM -
La Bourse de Milan, un marché dominé par le secteur bancaire
Les actions italiennes ont quasiment retrouvé leur plus haut historique de 2000 grâce au rebond des banques qui représentent 50 % de la capitalisation. Il existe de nombreuses entreprises industrielles leaders sur leurs marchés. Mais la Bourse de Milan manque de taille critique.
ETF à la Une
Amundi lance son ETP bitcoin sur Euronext Paris
- Cofidis poursuit sa route aux côtés du Crédit Mutuel Alliance Fédérale
- Revolut, un modèle bancaire singulier et valorisé à prix d'or
- Dassault Systèmes trouve enfin les mots pour rassurer les investisseurs
- Intel pulvérise les attentes grâce aux centres de données et à l'IA
- L’Italie de Giorgia Meloni présente un bilan économique mitigé
Contenu de nos partenaires
-
Sot-l'y-laisseMaster Poulet, dans la cuisine de la guerre des gauches
En prenant la défense d’un fast-food 100 % halal que le maire PS de Saint-Ouen, Karim Bouamrane, voudrait voir disparaître, les insoumis croient défendre le patrimoine culinaire de la « Nouvelle France » menacé par l'exil des bobos en banlieue -
Coq gauloisDerrière le boom du poulet, une France qui change profondément
Depuis début 2000, la consommation de poulet a été multipliée par deux en France. Preuve de bouleversements sociologique et économique profonds, portés par l'immigration, l'érosion du pouvoir d'achat et les soucis environnementaux. Des éléments complexes, cristallisés dans la « guerre » du Master Poulet -
EditorialLogement à Paris : Emmanuel Grégoire organise la pénurie et la flambée des prix
Changer la vie, peut-être, mais pas au point de remettre en cause ses a priori idéologique. Or contre cette carence locative dénoncée depuis des décennies maintenant, seule une vraie politique de l'offre sera efficace