La BCE accélérera ses achats d’actifs face à la hausse des taux
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Valérie Venck
Christine Lagarde, présidente de la BCE, devant le Parlement européen le 8 février 2021.
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Photo Riccardo Pareggiani / European Union.
La Banque centrale européenne (BCE) a laissé jeudi ses taux d’intérêt et ses programmes d’achats d’actifs inchangés, en dépit des tensions observées ces derniers temps sur les marchés obligataires. Dans un communiqué, la BCE a indiqué qu’elle laissait son principal taux de refinancement à 0%, soit le niveau auquel il se trouve depuis mars 2016, et son taux de rémunération des dépôts à -0,5%. La banque centrale a également confirmé ses indications prospectives («forward guidance») sur les taux, indiquant qu’ils resteraient à leurs niveaux actuels ou plus bas jusqu’au retour de l’inflation à un niveau proche de mais inférieur à 2%.
Le volume du Programme d’achats d’urgence pandémique (PEPP), lancé en mars 2020 pour protéger la zone euro contre les répercussions économiques de la crise sanitaire, a été maintenu à 1.850 milliards d’euros, et se poursuivra au moins jusqu’à fin mars 2022. « La BCE prévoit que le rythme des achats au titre du PEPP sera nettement augmenté au cours du trimestre à venir par rapport aux premiers mois de l’année », précise toutefois le communiqué.
Le programme d’assouplissement quantitatif (QE) se poursuivra au rythme de 20 milliards d’euros par mois aussi longtemps que nécessaire pour renforcer l’effet accommodant de la politique de taux et prendra fin peu avant le premier relèvement des taux d’intérêt, a encore indiqué la BCE.
Prévision d’inflation relevée
« La situation économique globale devrait s’améliorer au cours de l’année 2021 mais des incertitudes demeurent quant aux perspectives économiques à court terme, liées notamment à la dynamique de la pandémie et au rythme des campagnes de vaccination », a déclaré la présidente de la BCE, Christine Lagarde, lors d’une conférence de presse.
La banque centrale table désormais sur une croissance de 4% dans la zone euro cette année et elle a relevé sa prévision d’inflation à 1,5%, soit un demi-point de plus que prévu en décembre, même si Christine Lagarde a souligné que cette accélération était liée à des facteurs transitoires et à la hausse des cours de l'énergie.
Sur les marchés, les rendements des emprunts d’Etat de référence de la zone euro ont amplifié leur repli après les annonces du Conseil des gouverneurs: à 15h00 GMT, celui du Bund allemand à dix ans reculait de près de trois points de base à -0,341% après être revenu à -0,367%, son plus bas niveau depuis trois semaines. Il reste cependant plus de 20 points au-dessus de son niveau du début de l’année.
Consensus sur les rachats
Alors que plusieurs membres du Conseil des gouverneurs ont exprimé ces dernières semaines des opinions divergentes sur l’impact de la remontée des rendements, Christine Lagarde a précisé que la décision d’accélérer les achats avait fait l’objet d’un consensus jeudi. Elle a ajouté que l’enveloppe du PEPP ne serait pas pour autant dépensée en intégralité si cela n'était pas nécessaire.
Ces annonces « suggèrent que la BCE s’efforce de démontrer sa détermination à plafonner les rendements obligataires sans pour autant montrer des signes de panique », commente Carsten Brzeski, responsable de la recherche Macro chez ING.
Le marché de l’emploi britannique continue de montrer des signes de faiblesse, avec un ralentissement des embauches, des emplois vacants au plus bas depuis 2021 et une moindre hausse des salaires. De quoi permettre à la Banque d’Angleterre de maintenir ses taux.
La Banque centrale européenne (BCE) pourrait, sans doute vers la fin 2026, augmenter de 1% à 2% le ratio des réserves obligatoires (MRR) et relever également les décotes sur les obligations sécurisées conservées pour les banques («retained covered bonds») pour être apportées en garantie. Ces deux mesures réduiraient l’excès de liquidité et, dans le même temps, la capacité des banques à obtenir des financements de la BCE. Avec des répercussions sur leurs futurs besoins.
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