La rotation des marchés actions s’amplifie
La remontée des taux longs américains a marqué une pause mardi après l’audition de Jerome Powell devant la commission bancaire du Sénat. Le président de la Fed a affirmé que la reprise était loin d’être complète, et qu’il faudrait un certain temps avant que la Fed n’envisage de modifier ses politiques visant à permettre un retour au plein emploi. Mais le rendement du Treasuries 10 ans reste à un plus haut d’un an, à 1,35%, ce qui a accentué la rotation des valeurs de croissance vers les cycliques et la value.
Depuis la semaine passée, si les marchés actions sont hésitants, une rotation sectorielle puissante est en cours. Elle s’est accélérée ces derniers jours. Les secteurs de la technologie et de la communication, à plus forte croissance et donc à plus forte duration, sont les plus touchés. Cette rotation est bien sûr alimentée par les indicateurs économiques favorables (indice PMI en zone euro, bond des ventes de détail, entre autres) mais surtout par l’affirmation de la tendance haussière sur les taux longs (qui touche désormaisles taux réels). Cette hausse a un impact direct sur les valorisations des entreprises de croissance, par le biais de l’actualisation des cash flows qui est moins favorable, celle qui leur avait permis d’atteindre des valorisations élevées. A Wall Street, l’indice Nasdaq, à forte composante technologique, a enregistré une deuxième séance de forte baisse portant à 5,5% son repli depuis le plus haut du 12 février.
«Plus qu’une rotation sectorielle, on assiste à une rotation de style avec le rebond de la value et le recul du facteur momentum», note Emilie Tetard, stratégiste cross-asset chez Natixis. Depuis le 12 février, dans le S&P 500, qui perd 2,4%, le secteur de la technologie affiche la pire performance avec un repli de 6,8% et l’énergie la meilleure avec un gain de 4,8%. Et cette rotation s’est récemment accélérée (recul de 1,2% de la technologie depuis le début de l’année).
Cette rotation prend également forme en Europe. Toujours depuis le 12 février, le secteur de la technologie (qui gagne 6,8% depuis le début de l’année) recule de 4,5%. Hier, il chutait de 2,9%, la pire performance sectorielle (les bancaires affichent un gain de 5,5% depuis le 12 février). «Ce mouvement révèle la fébrilité des investisseurs sur certains segments du marché, considérés comme très chers, et de plus en plus asymétriques», juge Emilie Tetard. Avec de moins en moins de potentiel de hausse, mais une exposition forte au risque de taper tantrum.
{"title":"","image":"231217»,"legend":"","credit":"Illustration L\u2019Agefi."}
Plus d'articles du même thème
-
A Wall Street, les utilities payent cher la hausse des taux
Les actions sensibles aux tensions sur les taux longs, les bond proxies, ont été victimes de la vaste rotation sectorielle sur les marchés actions depuis fin juin aux Etats-Unis comme en Europe, où le secteur immobilier mais aussi les télécoms sont les plus touchés. -
La Capssa et le Fonds de garantie des victimes réclament des solutions d'investissement proches de leurs missions
Les deux investisseurs ont amorcé un fonds sur l'autonomie des personnes âgées mais estiment que les sujets sociaux et de santé manque encore de solutions. -
«Au sein de l’Europe continentale, nous privilégions notamment les actions allemandes»
Matthieu Barrière, responsable de l’allocation d’actifs chez ODDO BHF AM.
ETF à la Une
Les secrets de la performance record d'un ETF sur le fret maritime
Contenu de nos partenaires
-
EmballementComplot terroriste ou simple vol de carburant : que s'est-il passé dans cette base militaire anglaise ?
Après l’arrestation de cinq hommes soupçonnés de terrorisme aux abords de la base de Fairford, un site militaire utilisé par l’armée américaine, leur libération rapide interroge la gravité réelle de la menace. -
Retour de flamme« Il sait très bien ce qu’il fait » : le tacle calculé de Patrick Martin contre la CFDT et la CGT
En riposte aux critiques de Marylise Léon et Sophie Binet sur ses liens supposés avec l'extrême droite, le président du Medef accuse les centrales de « se politiser à outrance » -
Fil rougeLes candidats à la présidentielle promettent de ne pas toucher à l'épargne pour combler la dette
L'Afer, la plus importante des associations d'épargnants, a soumis trois questions phares, mardi soir, à sept candidats à la présidentielle