Immobilier : vers une baisse des prix en 2023
Cette fois on y est. Attendu depuis plusieurs mois dans un contexte de flambée des taux d’intérêt et de hausse des incertitudes économiques, le retournement du marché immobilier se confirme.
Déjà à fin septembre, le nombre de transactions s’inscrivait en repli de 6%, à 1,13 million sur 12 mois glissants selon le Conseil supérieur du notariat (CSN). Pour l’ensemble de 2022, les réseau Century 21 et Laforêt les voient en baisse d’environ 4%. A nettement plus d’1 million de ventes, les volumes restent historiquement élevés après les records de 2021 mais traduisent un vrai changement de tendance. «Le volume annuel de transactions est orienté à la baisse depuis le quatrième trimestre 2021, après la hausse survenue entre fin 2020 et le troisième trimestre 2021», précisaient le CSN fin 2022.
Des taux à 3% ?
La bascule s’observe aussi sur les prix. S’ils s’affichent en hausse de 7,1% pour les maisons et 4% pour les appartements sur l’année selon Century 21, ils ont en fait «atteint un pic durant l’été avant de décroitre au second semestre», indique Charles Marikanis, président du réseau d’agences immobilières. Même constat chez Laforêt qui juge que le ralentissement est palpable sur la fin de l’année malgré une inflation globale de 4,7% en 2022. Et la dynamique pourrait se poursuivre cette année. Century 21 envisage une baisse des prix de l’ordre de 5% à 7% en 2023 ainsi qu’un nouveau repli des transactions de 3% à 5%. De son côté, Laforêt évoque un «rééquilibrage des prix». Paris, qui aurait déjà vu ses prix reculer de 2,4% en 2022, pourrait toutefois retrouver des couleurs en fin d’année selon Century 21.
La hausse des taux d’intérêt devrait continuer à peser sur le marché tout comme les craintes pour le pouvoir d’achat dans un environnement de forte inflation. En novembre, le taux moyen des prêts immobiliers ressortait à 2,25% selon l’Observatoire Crédit Logement/CSA, en hausse de près de 1,2 point de pourcentage sur un an. Meilleurtaux estime que «les taux nominaux des crédits immobiliers pourraient atteindre 3% au premier trimestre 2023». De quoi réduire encore le pouvoir d’achat immobilier des ménages, qui s’inscrivait déjà en baisse de 5% sur les neuf premiers mois de 2022, à 80 mètres carrés, selon les notaires. A moins que les prix ne poursuivent leur décrue.
Autant de chiffres et de prévisions qui seront à affiner dans les prochaines semaines au rythme des publications des acteurs du secteur.
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