Moody’s a abaissé hier d’un cran à ‘B3’ la note de crédit du groupe Casino, avec une perspective stable. «Nous avons déclassé les notes de Casino parce que nous pensons que le levier d’endettement du groupe restera durablement supérieur au niveau de 6x correspondant à la précédente note ‘B2', en raison des charges exceptionnelles résultant de la pandémie de coronavirus», a expliqué l’agence de notation. La dette financière nette consolidée du distributeur français a augmenté de 2,8% au premier semestre sur un an, pour s'établir à 4,83 milliards d’euros.
L'économie américaine devra surmonter des obstacles bien plus importants si le Congrès ne prolonge pas, même partiellement, les aides attribuées aux chômeurs pendant la crise et si d’autres mesures de relance budgétaire ne sont pas prises, a averti hier le président de la Réserve fédérale (Fed) de Chicago, Charles Evans. Si ces aides ne sont pas compensées d’une manière ou d’une autre, «je pense que cela se traduira par une baisse de la demande globale. Et cela serait très couteux pour notre économie», a ajouté le dirigeant.
Les ventes de détail ont retrouvé leur niveau de début d’année dans la zone euro. Elles ont gagné 5,7% en juin par rapport au mois précédent, après 20,3% en mai (progression record révisée à la hausse), selon Eurostat. Cette hausse a été alimentée par l’augmentation des achats de vêtements et de carburant. Ces deux augmentations consécutives ont entièrement compensé les baisses records de mars et avril dues au confinement décidé pour freiner la propagation du Covid-19.
Les créations d’emplois dans le secteur privé aux Etats-Unis en juillet ont été nettement moins nombreuses que prévu à 167.000, selon l’enquête mensuelle du cabinet ADP. Les économistes interrogés par Reuters en attendaient 1,5 million. C’est un net ralentissement alors que les chiffres de juin ont été révisés fortement à la hausse à 4,314 millions de nouveaux postes et non plus 2,369 millions. La poursuite de l’épidémie de Covid-19 aux Etats-Unis semble donc affecter plus profondément l’économie américaine. Vendredi seront publiés les créations d’emplois non-agricoles en juillet. Le consensus Reuters table sur 1,485 million.
L’activité du secteur privé dans la zone euro a retrouvé le chemin de la croissance en juillet avec l’assouplissement des restrictions mises en place face au coronavirus. L’indice PMI composite, qui combine services et activité manufacturière, a progressé à 54,9, selon les résultats définitifs des enquêtes IHS Markit, après 48,5 en juin. Le seul secteur des services est revenu à 54,7, son plus haut niveau depuis septembre 2018, contre 48,3 en juin. «La France et l’Allemagne ont enregistré des progressions particulièrement fortes tandis que l’Espagne et l’Italie ont renoué avec la croissance avec la levée progressive des mesures de confinement», souligne Chris Williamson, économiste en chef chez IHS Markit. Mais ces évolutions sont contrastées. L’indice des services est passé de 47,3 à 55,6 en Allemagne et de 50,7 à 57,3 en France. Les progressions sont plus limitées en Espagne (51,9 contre 50,2 PMI services) et en Italie (51,6 après 46,4) où les entreprises peinent à retrouver une dynamique de croissance. Autre point noir, les entreprises ont fortement réduit leurs effectifs. L’indice de l’emploi s’est maintenu sous le seuil de 50, à 46,5, en hausse toutefois par rapport à juin (43,2).
L’activité du secteur des services en Chine a progressé à un rythme plus lent en juillet. L’indice PMI Caixin/Markit a reculé à 54,1 contre 58,4 en juin, un record depuis avril 2010. L’indice officiel recule également mais dans une moindre mesure à 53,1 (contre 53,4 en juin). Ces chiffres soulignent les difficultés du secteur pour se remettre des effets économiques néfastes de la crise sanitaire. Les nouvelles commandes à l’exportation ont décliné et le secteur a continué de licencier. «Ces données suggèrent un momentum de reprise plus faible dans le secteur des services», notent les économistes de Nomura, imputable d’une part à un effet de base moins favorable après le rebond du deuxième trimestre et d’autre part aux mesures de confinement prises dans certaines régions.
Le Trésor américain a indiqué hier qu’il allait poursuivre l’augmentation des émissions de dettes à plus long terme, alors qu’il doit émettre des montants importants pour faire face à la crise du coronavirus. Au troisième trimestre, les Etats-Unis vont émettre 947 milliards de dollars (795 milliards d’euros) de dettes supplémentaires, soit 270 milliards de dollars de plus que prévu. Le Trésor augmentera notamment la taille des émissions à 7 ans, 10 ans, 20 ans et 30 ans.
Le bilan de l’explosion qui a dévasté mardi le port de Beyrouth s’est alourdi à 135 morts et près de 5.000 blessés, a annoncé hier le ministre libanais de la Santé cité par la chaîne de télévision Al Manar. Plusieurs dizaines de personnes sont toujours portées disparues. Le parquet de Paris a ouvert une enquête sur cette explosion qui a fait 21 blessés de nationalité française, selon un premier décompte. «Au titre de sa compétence en matière de faits commis à l'étranger, le pôle accidents collectifs du parquet de Paris diligente ce jour une enquête des chefs de blessures involontaires», précise son communiqué.
Le déficit de la balance commerciale des Etats-Unis a diminué de 7,5% en juin par rapport à mai, pour ressortir à 50,7 milliards de dollars (42,6 milliards d’euros) en données corrigées des variations saisonnières, a annoncé hier le département du Commerce. Les économistes s’attendaient en moyenne à un déficit commercial de 50,3 milliards de dollars en juin. Les exportations du pays ont progressé de 9,4% sur un mois, à 158,3 milliards de dollars, et ses importations ont crû de 4,7%, à 208,9 milliards. Les chiffres de mai, qui ont été révisés, font état d’un déficit de 54,8 milliards de dollars, au lieu d’une estimation précédente de 54,6 milliards.
S&P Ratings a révisé hier soir la perspective de la note de crédit de Boeing de ‘stable’ à ‘négative’ en citant l’affaiblissement de la demande pour ses avions en raison des conséquences de l'épidémie sur le trafic aérien. La poursuite de cette baisse de la demande «devrait se traduire pour Boeing par des résultats inférieurs à ce que nous anticipions pendant les deux prochaines années», a indiqué l’agence de notation, en soulignant que cette tendance retarderait le redressement des ratios d’endettement du groupe. La note de crédit de l’avionneur est maintenue à ‘BBB-‘ à ce stade, à un cran de la catégorie spéculative. Les flux de trésorerie du groupe devraient toutefois être positifs l’année prochaine et Boeing dispose en outre de liquidités abondantes après avoir levé 25 milliards de dollars (21 milliards d’euros) de dette.
La banque centrale d’Australie (RBA) a annoncé hier le maintien de son taux directeur à 0,25%, en ajoutant que ce niveau ne changerait pas jusqu’au moment où elle aura constaté un mouvement des indicateurs vers ses objectifs en matière d’inflation et d’emploi. La RBA prévoit un taux de chômage qui devrait atteindre 10% cette année avant de redescendre progressivement aux alentours de 7%. Le taux d’inflation est attendu entre 1 et 1,5% durant les deux prochaines années.
L’autorité britannique de la concurrence, la Competition and Markets Authority (CMA), a annoncé hier avoir autorisé l’acquisition par Amazon de 16% du capital de la société de livraison de repas Deliveroo à l’issue d’une enquête approfondie qui a démontré que la transaction ne nuirait pas de manière significative à la concurrence. Si le spécialiste américain du commerce électronique venait à accroître sa participation dans Deliveroo, «cela pourrait déclencher une nouvelle enquête de la CMA», a prévenu l’autorité. Amazon est devenu en mai 2019 l’un des principaux actionnaires de Deliveroo, à l’issue d’une levée de fonds de 575 millions de dollars (488 millions d’euros).
La BaFin, l’autorité allemande des marchés financiers, a annoncé hier avoir engagé l’audit des comptes de Wirecard pour les années 2017 à 2019. Elle a expliqué avoir engagé cette procédure après que le superviseur comptable (Financial Reporting Enforcement Panel) l’eut informé que Wirecard avait refusé de reconnaître une erreur ou de coopérer avec lui. Wirecard a dû se mettre en cessation de paiement en juin dernier après la découverte d’un trou de 1,9 milliard d’euros à son bilan.
Les déséquilibres mondiaux des paiements courants se sont atténués en 2019 avec le ralentissement des échanges commerciaux tandis que la crise du coronavirus pourrait les réduire davantage cette année, selon le rapport annuel sur les monnaies du FMI (external sector report). La faiblesse persistante du commerce, associée à une expansion budgétaire massive, devrait réduire les déficits et les excédents des comptes courants dans de nombreux pays. Les soldes nets des comptes courants ont baissé l’an dernier de 0,2 point de pourcentage à 2,9% du PIB mondial et pourraient diminuer de 0,3 point en 2020, bien que les perspectives restent très incertaines.
La Commission européenne a ouvert une enquête approfondie sur le projet de rachat du spécialiste des bracelets connectés Fitbit par Google, une opération de 2,1 milliards de dollars qui risque selon elle de nuire à la concurrence sur les marchés de la publicité en ligne. A l’issue de son enquête initiale, la Commission s’inquiète des conséquences de ce rachat sur la fourniture de services de publicité en ligne liée aux recherches ou affichée, ainsi que sur la fourniture de services de technologies de la publicité, a indiqué l’autorité européenne dans un communiqué. Le vice-président de Google chargé du matériel et des services, Rick Osterloh, a réagi à la décision de Bruxelles en assurant que cette opération «porte sur les appareils et non pas les données». La Commission a jusqu’au 9 décembre pour rendre sa décision.
Le chômage en Espagne a reflué en juillet pour la première fois depuis février à la faveur de la levée progressive des mesures de restrictions destinées à endiguer l'épidémie du Covid-19, montrent les données publiées hier par le ministère du Travail. Le nombre de chômeurs a reculé de 2,33% d’un mois sur l’autre, soit un repli de 89.846 personnes. Cette baisse est la plus importante pour un mois de juillet depuis 1997. L’Espagne compte néanmoins toujours 3,77 millions de personnes sans emploi. Sur un an, le nombre de chômeurs a augmenté en juillet de 761.601. D’un mois sur l’autre, le chômage a reflué dans tous les secteurs à l’exception de l’agriculture qui a enregistré une hausse de 5,9% liée à la fin de la saison de récolte des fruits.
Les prix à la production dans la zone euro se sont redressés en juin, mois marqué par l’assouplissement des mesures de confinement dans de nombreux pays. Ils progressent de 0,7% par rapport à mai, selon Eurostat. Les prix ont augmenté de 3,1% dans le secteur de l'énergie, de 0,2% pour les biens intermédiaires et de 0,1% pour les biens d’investissement. En revanche, ils sont restés stables pour les biens de consommation durables et ont diminué de 0,1% pour les biens de consommation non durables. Sur un an, les prix à la production ont diminué de 3,7% en juin.
La Banque centrale européenne (BCE) s’est engagée à apporter le stimulus monétaire nécessaire pour soutenir la zone euro, notamment via son programme de rachat d’actifs qui est devenu le principal instrument de politique monétaire, écrit Philip Lane, son chef économiste sur le site internet de la banque centrale. Il nuance les derniers indicateurs économiques en jugeant que la reprise prendra du temps. Ces propos pourraient alimenter l’anticipation d’une augmentation du programme de rachats d’urgence PEPP lors de la réunion de septembre de la BCE. Philip Lane indique que l’enveloppe du PEPP est un déterminant fondamental de l’orientation de la politique monétaire de la BCE, elle-même déterminée par les perspectives d’inflation.
A fin juin, le déficit du budget de l’Etat français atteint 124,9 milliards d’euros, en nette progression par rapport à juin 2019 (+47,6 milliards), selon les données publiées par le ministère chargé des Comptes publics. Les dépenses du budget général (hors prélèvements sur recettes) augmentent à 198,5 milliards d’euros en raison, principalement, des mesures de soutien à l'économie face à la crise du coronavirus (13,5 milliards d’euros pour le dispositif de chômage partiel et 4,9 milliards d’euros pour le fonds de solidarité pour les entreprises). Les recettes sont également en recul, notamment les recettes fiscales nettes (-10,6%), principalement pénalisées par une diminution des recettes nettes de TVA (-15,5 milliards d’euros) sous l’effet de la contraction de l’activité économique et de l’accélération des remboursements de crédits de TVA aux entreprises, souligne le ministère.
Euronext a finalisé le rachat du dépositaire central de titres danois VP Securities, après avoir obtenu plus de 90% du capital de sa cible. L’OPA, lancée le 23 avril dernier et qui restera ouverte jusqu’au 31 août avant une procédure de retrait obligatoire, valorise VP Securities à environ 150 millions d’euros. L’opérateur boursier, qui a également annoncé la nomination de Maria Hjorth au poste de directrice générale de VP Securities, renforce ainsi son assise nordique après le rachat de la Bourse d’Oslo en juin 2019 et de la Bourse scandinave d'électricité Nord Pool en janvier dernier.
Après avoir fait son entrée sur le marché des obligations vertes gouvernementales en juin, la Hongrie entend développer le segment des green bonds local.
Le secteur des données alternatives, telles que les images satellites et la mesure du sentiment sur les réseaux sociaux, connaît une explosion de la demande, alors que les hedge funds et les sociétés sont en quête d’indices sur la manière d’affronter la crise du coronavirus, écrit le Financial Times. Nombre d’investisseurs se sont tournés vers ces informations de niche après avoir constaté que les données officielles étaient trop lentes pour refléter la chute de l’activité économique provoquée par le Covid et la reprise. Avant même le coronavirus, Alternativedata.org prédisait que les dépenses annuelles totales des sociétés de gestion atteindraient 1,7 milliard de dollars cette année dans ce domaine, contre 400 millions il y a trois ans. Il existe environ 1.500 fournisseurs de données alternatives. BNP Paribas Asset Management dépense désormais environ 10 % de son budget alloué aux données de marché à des sources alternatives, contre un montant insignifiant il y a cinq ans, selon Frédéric Janbon, le directeur général. Certains gérants se demandent toutefois si les données alternatives conduisent souvent à des paris gagnants, même si elles mettent en lumière une tendance économique. Pour Anthony Lawler, responsable de GAM Systematic, les données alternatives apportent de la valeur aux fournisseurs, mais pas encore à l’investisseur.
Le ministre libanais des Affaires étrangères, Nassif Hitti, a présenté hier sa démission, déplorant l’absence de volonté politique de réforme. En cause, des divergences avec le Premier ministre Hassan Diab, et notamment après la visite à Beyrouth du ministre des Affaires étrangères français, Jean-Yves Le Drian, le 23 juillet, qui a exhorté les dirigeants libanais à mettre en oeuvre d’urgence des réformes afin de bénéficier d’une aide du Fonds monétaire international (FMI), selon Reuters. L’effondrement depuis octobre dernier de la monnaie libanaise a provoqué la plus grave crise économique depuis la guerre civile. Le Liban sollicite depuis le mois de mai une aide du FMI sur la base d’un plan de sauvetage mis au point par le gouvernement, mais des dissensions internes, notamment en ce qui concerne les pertes à faire assumer au secteur financier, empêchent un compromis.
Hammerson réfléchit à lancer une augmentation de capital, a indiqué lundi le groupe britannique de centres commerciaux, sans donner plus de précision. Selon Sky News, la taille de l’opération pourrait s'élever à 800 millions de livres (888 millions d’euros). Hammerson a également déclaré être en pourparlers avancés sur la vente de sa participation dans la coentreprise de magasins à prix réduits VIA Outlets qu’il exploite avec le fonds de pension néerlandais APG. Hammerson portait une dette nette de 2,8 milliards de livres à fin 2019.