milliards d’euros, c’est, selon l’Autorité des marchés financiers (AMF), le montant de la dette mondiale risquant de basculer en catégorie spéculative. Le gendarme boursier, dans la présentation de sa cartographie des risques le 2 juillet, a mis en garde contre les « excès de dette », exacerbés par le coronavirus. Entrées dans la crise avec des niveaux élevés d’endettement, confrontées à une récession et à une chute de leurs revenus, les sociétés non financières devraient avoir du mal à faire face aux échéances. « La sinistralité devrait s’accroître significativement sur le marché du crédit », résume l’AMF, qui remarque pourtant que « ce phénomène ne semble pas (…) pleinement intégré dans les prix des actifs ». Elle appelle à remplacer « le financement peu différencié par de la dette à coût globalement très bas » par « un financement plus équilibré avec des fonds propres ».
Hiatus. Pas de vague verte sur le marché des obligations : c’est, en substance, la leçon que tire Deutsche Bank dans une note d’analyse consacrée aux green bonds. Leurs émissions ont progressé rapidement ces dernières années. Mais les volumes émis depuis janvier représentent à peine le tiers des volumes émis en 2019. Les émissions se sont en effet arrêtées aux Etats-Unis, entre décembre et mars, suite aux craintes liées au Covid. Elles ont toutefois repris depuis, tandis qu’en Europe, elles n’ont pas cessé. Bref, Deutsche Bank juge que, rapporté à la croissance du secteur depuis sept ans, ce hiatus ne constitue « qu’un petit accident de parcours sur une trajectoire très positive ». Et, autre motif de satisfaction, la performance des green bonds a suivi celle des indices de référence. « Les investisseurs ont été aussi à l’aise avec les paramètres financiers des obligations vertes qu’avec ceux des obligations non vertes », conclut la banque.
... c’est le tour de financement annoncé par Unlatch, acteur français de la vente immobilière digitalisée, dont 4 millions d’equity auprès d’Axa Venture Partners et 1,2 million sous forme de dette. L’opération vise à renforcer sa position sur le marché de la digitalisation de la vente immobilière, au travers de l’ajout de nouveaux services, et à consolider sa présence à l’international, notamment en Espagne et au Royaume-Uni. Unlatch est une solution logicielle B to B dédiée aux professionnels de l’immobilier résidentiel : promoteurs, commercialisateurs, foncières, bailleurs sociaux, qui digitalise entièrement le processus de vente. A ce jour, Unlatch a été adopté notamment par Constructa et Emerige.
Difficultés. La crise a malmené la liquidité des dérivés, notamment au Royaume-Uni. Sur cette place centrale du marché des swaps en Europe, les participants de marché ont majoritairement déploré des problèmes et l’Isda (International Swaps and Derivatives Association) a mené, avec Greenwich Associates, une enquête plus approfondie sur les difficultés des participants dont 170 ont été interrogés dans le monde. L’étude montre qu’aux Etats-Unis, la majorité des intervenants a jugé la liquidité satisfaisante, grâce à une négociation électronique plus robuste, à la diversité des participants de marché. Toutefois, les échanges par téléphone se sont intensifiés pendant la crise proprement dite, avant l’intervention des banques centrales, montrant le rôle important des intermédiaires comme acteurs de la liquidité. L’étude note aussi le rôle accru des investisseurs cherchant à se couvrir pendant cette période troublée.
Synergies. Anticipant des banques fragilisées par la crise, la Banque centrale européenne (BCE, photo) veut favoriser les rapprochements afin de leur permettre d’atteindre une taille critique dans un marché européen surbancarisé, imposant une pression forte sur les prix. Elle propose des règles assouplies pour l’examen des fusions et acquisitions (M&A) et lance un appel à commentaires sur cette doctrine jusqu’en octobre. La BCE indique qu’elle examinera les projets avec flexibilité et pragmatisme, sans les gêner par des contraintes inutiles. Le traitement prudentiel des badwills pourrait ainsi être aligné sur celui comptable, ce qui économisera du capital aux acteurs. Les coussins en capital du pilier 2 ne seraient pas forcément accrus en cas de fusion, le risque d’exécution pouvant être contrebalancé par les économies d’échelle. Et la BCE examinera avec souplesse le recours aux modèles internes après un rapprochement, du moins pendant un certain temps, afin d’éviter des à-coups dans les besoins en capital. Mais les rapprochements sont également fonction des règles en capital, liquidité et résolution dictées par les autorités locales. De fait, la consolidation des banques prend surtout la forme de partenariats pour les banques européennes.
Ambassadeur et consul général du Japon aux Etats-Unis, Kanji Yamanouchi a rendu hommage à sa façon à son pays hôte à l’occasion de la fête nationale américaine. Le diplomate a posté le 4 juillet une vidéo dans laquelle il interprète The Star Spangled Banner, l’hymne des Etats-Unis, à la guitare électrique, dans le style de Jimi Hendrix à Woodstock. A l’époque, la version ébouriffante du guitar hero faisait écho aux bombardements américains au Vietnam. Pas de polémique cette fois : c’est à une espèce de combattants plus pacifiques, les soignants et les travailleurs de la deuxième ligne contre le Covid-19, que Kanji Yamanouchi a voulu témoigner sa gratitude.
CCR Re a placé 300 millions d’euros d’obligations subordonnées Tier 2, une première pour le réassureur, qui a attiré plus de 150 investisseurs et 1,5 milliard de demandes, indiquent ses banques (HSBC, Natixis, CACIB). Le succès de cette émission inaugurale de maturité 2040 (call 2030, notation BBB+, coupon de 2,875%) lui permet de sortir avec un rendement très modéré de 310 points de base au-dessus du taux mid-swap. Et d’améliorer sa solvabilité en diversifiant ses sources de financement.
Malgré leur récente hausse, les points morts d’inflation restent à des niveaux bas. Investisseurs et économistes ne semblent pas croire à un retour de l’inflation.
Le plan de suppressions de postes en France annoncé en juin par Nokia est «inacceptable en l'état», a déclaré mercredi, sur Twitter, la secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Economie Agnès Pannier-Runacher, à l’issue d’une manifestation des salariés de l'équipementier télécoms finlandais à Paris. Nokia a annoncé le mois dernier son intention de supprimer 1.233 emplois dans sa filiale française Alcatel-Lucent International, soit un tiers des effectifs. Ces suppressions de postes concernent la R&D et les fonctions centrales mais pas les trois filiales françaises Radio Frequency Systems (RFS), Nokia Bell Labs France (NBLF) et Alcatel Submarine Networks (ASN), a précisé le groupe dans un communiqué. Nokia affirme être libéré des engagements pris, notamment en termes d’emplois, lors du rachat d’Alcatel-Lucent en 2015.
La chancelière allemande Angela Merkel a appelé les Européens à la solidarité, mercredi à Bruxelles, et à une adoption dès cet été du plan de relance massif destiné à sortir de la crise. Après une réunion avec les chefs des institutions européennes, Charles Michel (Conseil), Ursula von der Leyen (Commission) et David Sassoli (Parlement), ils ont déclaré «essentiel que les chefs d'État et de gouvernement s’entendent lors du prochain sommet» des 17-18 juillet. Ce sommet extraordinaire, à Bruxelles, sera le premier réunissant physiquement les dirigeants des 27 pays de l’UE depuis le début de la pandémie. Ils devront se prononcer à l’unanimité sur le plan de relance de 750 milliards d’euros proposé par la Commission européenne. Cette proposition est adossée au budget à long terme de l’Union européenne (2021-2027), d’un montant de 1.100 milliards d’euros.
Les Bourses européennes ont clôturé en recul mercredi, la poursuite de la propagation du coronavirus faisant craindre aux investisseurs une reprise de l'économie mondiale plus lente qu’espéré. L’indice Stoxx Europe 600 a perdu 0,7%, à 366,4 points. A Paris, le CAC 40 et le SBF 120 ont cédé tous deux 1,2%. A Francfort, le DAX 30 a reculé de 1%, et à Londres, le FTSE 100 a perdu 0,5%. La reprise économique naissante perd de la vitesse aux Etats-Unis, la nouvelle vague de coronavirus poussant les entreprises à réduire leurs activités ou à se restructurer dans plusieurs grands Etats et les consommateurs à se confiner à nouveau.
Le redressement de l'économie américaine après la crise provoquée par l'épidémie de coronavirus pourrait être plus long que prévu et les demandes d’accès au dispositif de prêts aux PME pourraient croître avec le temps, a estimé mercredi le président de la Réserve fédérale de Boston, Eric Rosengren. Plus de 400 établissements de crédit se sont manifestés ou s’apprêtent à adhérer à ce programme créé en avril dernier, a précisé Eric Rosengren dans une interview. Aucun prêt n’avait encore été accordé la semaine dernière, a-t-il dit. «Il y a en fait beaucoup d’entreprises qui ont été durement perturbées par la pandémie», a ajouté le président de la Boston Fed, qui administre le programme.
Le Premier ministre français, Jean Castex, a déclaré mercredi devant l’Assemblée nationale que le gouvernement ne renoncerait pas à la réforme de fond des retraites, contestée l’hiver dernier. Il recevra les partenaires sociaux d’ici au 20 juillet afin de mettre «tous les sujets sur la table» : retraites, santé, assurance chômage notamment. Sur les retraites, «il a déjà été acté que nous distinguerions les concertations à reprendre sur la réforme de fond, à laquelle nous ne renoncerons pas, sur un système de retraite plus juste qu’attendent de leur voeux tous les Français», a-t-il dit lors des questions d’actualité devant l’Assemblée nationale.
L’Insee, dans sa dernière note de conjoncture, anticipe un fort rebond au deuxième semestre du produit intérieur brut (PIB) de la France. Il s'était contracté de 5,3% sur les trois premiers mois de l’année, et devrait avoir chuté de 17% au deuxième trimestre, indique l’Insee, qui s’attend ensuite à un rebond d’environ 19% du PIB au troisième trimestre, avant une progression de 3% au quatrième trimestre. La perte d’activité en juin s'établirait à environ 12% par rapport à une situation normale (contre -22% en mai et -30% en avril), selon l’Insee, confirmant les estimations de la Banque de France (BdF). Cette dernière a estimé lundi que le PIB avait plongé de 14% au cours du deuxième trimestre et devrait connaître un rebond de même ampleur au cours du troisième trimestre.
La Commission européenne a approuvé mercredi le projet allemand de constituer un fonds plafonné à 500 milliards d’euros pour aider les entreprises affectées par les conséquences économiques de la pandémie. Le plan allemand «garantit que l’Etat est suffisamment rémunéré pour les risques que les contribuables supportent», a précisé Margrethe Vestager, commissaire chargée de la Concurrence. Quant aux mesures spécifiques de recapitalisation, elle note qu’elles sont accompagnées de dispositions permettant à l’Etat de sortir «dès que possible» du capital des entreprises concernées. Le fonds allemand vise à permettre l’octroi de liquidités et d’un soutien en capital pouvant aller jusqu'à 500 milliards d’euros aux entreprises touchées par la pandémie.
Le ministre des Finances britannique Rishi Sunak a annoncé mercredi de nouvelles mesures totalisant 30 milliards de livres pour relancer l’économie et éviter que la crise ne soit aggravée par une explosion du chômage. Devant le Parlement, il a détaillé un plan dont les principales nouveautés portent sur l’emploi.
Le Premier ministre français, Jean Castex, a déclaré mercredi devant l’Assemblée nationale que le gouvernement ne renoncerait pas à la réforme de fond des retraites, contestée pendant des mois l’hiver dernier.
De nouvelles données sur l’imposition des entreprises publiées mercredi par l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) confirment que les grandes multinationales ont tendance à déclarer leurs profits dans des pays à la fiscalité avantageuse plutôt que dans ceux où elles réalisent la majeure partie de leur activité. En moyenne, les opérations déclarées dans ces pôles à faible imposition recouvrent 25% des bénéfices du groupe, pour seulement 4% des effectifs et 11% des actifs corporels.
L’Insee se veut plus optimiste sur l’économie française. L’institut statistique, qui a publié ce matin sa dernière note de conjoncture, anticipe un fort rebond au deuxième semestre après le creux sans précédent enregistré sur la première moitié de l’année du fait du confinement mis en place pour ralentir la propagation du nouveau coronavirus.
La Commission européenne a approuvé mercredi le projet allemand de constituer un fonds plafonné à 500 milliards d’euros pour aider les entreprises affectées par les conséquences économiques de la pandémie. Le plan allemand «garantit que l’Etat est suffisamment rémunéré pour les risques que les contribuables supportent», a précisé Margrethe Vestager, vice-présidente de la Commission chargée de la concurrence.
Les spécialistes des paiements Worldline et Ingenico ont annoncé ce matin avoir déposé plusieurs documents clés auprès de l’Autorité des marchés financiers (AMF) concernant leur futur rapprochement. Worldline a déposé le projet de note d’information relative à son offre publique d’achat (OPA) visant les titres Ingenico tandis qu’Ingenico a déposé son projet de note en réponse relative à cette même offre. «Le conseil d’administration d’Ingenico a rendu à l’unanimité un avis motivé favorable sur l’offre», ont précisé les deux sociétés.
Le ministre de l'économie argentin Martin Guzman a déclaré lors d’un entretien à la radio locale Radio Con Vos que le sort des négociations sur la restructuration dela dette argentine de 65 milliards de dollars était désormais entre les mains de sescréanciers. Le gouvernement a formulé une «offre finale» à ungroupe de sociétés de gestiondétentricesd’obligations souveraines de l'état argentin, qui détient plus de 25% des obligations souveraines argentinesémises après 2016 et plus de 15% des obligations «Exchange» du pays. Ce groupe inclut notamment BlackRock, Amundi et Fidelity et avait rejeté un premier plan de restructuration de la dette soumis par les autorités du pays le 17 avril. La nouvelle offre du gouvernement améliore entre autres les termes de paiement de la dette et donne davantage de moyens sur le plan judiciaire aux créanciers. Selon Reuters,Martin Guzman s’attend à ce que l’offre soit rejetée par le groupe. Le ministre de l'économie argentine envisage néanmoins de sceller un accord avec une partie des investisseurs dont BlackRock.
La société Arial CNP Assurances dédiée à la retraite collective supplémentaire, et Natixis Interépargne, spécialiste de l’épargne salariale, ont annoncé mardi 7 juillet s’être associés afin de proposer aux entreprises une offre complète d’épargne salariale et retraite. L’objectif de ce partenariat est de proposer aux entreprises de toutes tailles une gamme de solutions d’épargne salariale et retraite - PEE et PER d’entreprise, aux formats compte-titres et assurantiel. Dont les plans d’épargne retraite (PER) d’entreprise créés par la Loi Pacte.Concrètement, les deux entreprises mettent à disposition une plateforme web et mobile commune qui donne aux salariés de leurs entreprises clientes un point d’entrée unique pour consulter leurs avoirs d’épargne salariale et retraite, réaliser des opérations (versements, rachats, arbitrages, transferts, etc.), ou obtenir des conseils et effectuer des simulations retraite.
La production industrielle allemande s’est inscrite en hausse de 7,8% en mai par rapport au mois précédent en données corrigées, après un repli de 17,5% en avril, en données révisées, montrent les données de Destatis, l’agence fédérale de la statistique. Les économistes tablaient ssur une hausse de 10% pour mai. Par rapport à mai 2019, la production industrielle allemande s’est inscrite en repli de 19,3%, en tenant compte de l’inflation et des effets calendaires, après avoir fléchi de 25% sur un an en avril, en données révisées.
D’après les statistiques gouvernementales, les dépenses des ménages japonais ont reculé en mai de 16,2% en rythme annuel, soit leur plus forte chute depuis que ces données sont disponibles, en 2001. C’est un déclin supérieur à celui anticipé par les analystes (-12,2%), après une baisse de 11,1% en avril. Les consommateurs ont en effet suivi les appels au confinement. Ces données accentuent la pression sur le gouvernement nippon pour qu’il mette en œuvre des mesures supplémentaires de soutien à l'économie afin de rétablir la confiance des entreprises et des consommateurs.