Divergence. A quel horizon le produit intérieur brut français aura-t-il retrouvé son niveau de fin 2019, avant le choc causé par la pandémie de coronavirus ? Le moins que l’on puisse dire est que les prévisions divergent. Pour la Banque de France, ce pourrait être début 2022. La crise actuelle est « peut-être un peu moins sévère que nous le redoutions il y a quelques semaines, parce que la reprise semble plus rapide », a déclaré François Villeroy de Galhau sur France Inter le 9 juillet. Si l’on suit les prévisions de la Commission européenne et du Fonds monétaire international (FMI), plus pessimistes sur la croissance 2020, le rattrapage interviendrait bien plus tard. Le FMI et Bruxelles prévoient respectivement une contraction de 12,5 % et de 10,6 % du PIB de la France cette année, contre -9 % du côté de l’Insee, ce qui donnerait un acquis de croissance bien plus faible fin 2020. « Dans le scénario de la Commission européenne, le PIB de 2019 n’est retrouvé qu’en 2025-2026 », note Philippe Waechter, chef économiste d’Ostrum AM. Dans celui du FMI, avec un point de départ plus bas, le retour à la « normale » se produirait dans neuf ans seulement. Une certitude tout de même, « l’effet négatif durable sur l’emploi (…) sera l’élément clé pour l’allure d’après-crise sanitaire ».