De nombreuses entreprises du secteur de la défense se vendent désormais comme des experts en cybersécurité. Or, non seulement certaines d’entre elles en font très peu dans ce domaine. Mais en plus, ces entreprises ont des comportements peu exemplaires, montre Rize ETF dans une étude sur le sujet. «Cela a des conséquences importantes pour les investisseurs: ils s’exposent involontairement à des entreprises peu ou pas du tout exposées à la cybersécurité, mais aussi à celles dont les résultats en matière d’ESG (environnement, social et gouvernance) sont scandaleusement médiocres - ce qui est fréquent pour les entreprises du secteur de la défense», indique l’étude du fournisseur d’ETF thématiques. Rize ETF recense huit entreprises du secteur de la défense qui apparaissent régulièrement dans la catégorie cybersécurité: Lockheed Martin, BAE Systems, General Dynamics, Rheinmetall, Thales, Northrop Grumman, Leonardo, Airbus. Ces entreprises ont une exposition négligeable à la cybersécurité en termes de chiffres d’affaires (moins de 10 %). Pour quatre d’entre elles, Rize ETF n’a même pas réussi à discerner des revenus liés à la cybersécurité dans les rapports financiers. Mais ce qui est frappant, selon l’étude, c’est que toutes ces entreprises sont impliquées dans l’exportation d’armes, et pas seulement vers des pays considérés comme «controversés», mais qui sont aussi directement ou indirectement aussi impliqués dans la guerre du Yemen. «Ce conflit continue à faire payer un lourd tribut, avec environ 22 millions de civils qui ont besoin d’aide. Selon les Nations unies, environ 15.000 personnes ont été tuées ou blessées jusqu'à présent», selon les auteurs. Pour faire rimer cybersécurité et ESG, il convient donc d’être très sélectif et d’éplucher attentivement les comptes des entreprises de ce secteur.