La livre reste suspendue aux avancées sur le Brexit
Après s’être quittés fin juillet sans avoir trouvé de terrain d’entente, Michel Barnier, le négociateur de l’Union européenne (UE), et David Frost, son homologue britannique, reprennent leurs discussions. Un nouveau cycle de négociation démarre ce mercredi afin d’avancer sur un accord qui doit régir les relations post-Brexit entre les deux partenaires, avec la date butoir du 2 octobre. Ensuite, la Grande-Bretagne menace de quitter la table des négociations pour se préparer à un no deal. Si un accord est trouvé, il devra être validé lors du sommet des chefs d’Etat européens du 15 octobre. Le Royaume-Uni quittera définitivement l’Union européenne le 31 décembre prochain, qu’il y ait un accord ou pas. Boris Johnson, le Premier ministre britannique, ne souhaite pas de prolongation de la période de transition actuelle, débutée le 31 janvier dernier, prévu pour négocier un accord commercial.
Deux points majeurs de divergence continuent d’empêcher aux discussions d’avancer : l’accord sur la pêche et les règles du jeu assurant une concurrence loyale entre les deux blocs. Jamie Davies, le porte-parole du gouvernement Johnson, a affirmé en début de semaine qu’un accord était encore possible. Plusieurs sessions sont prévues cette semaine à Bruxelles sur ces deux sujets épineux. Mais il est peu probable qu’il y ait des progrès significatifs à court terme, selon un officiel cité par Bloomberg sous couvert d’anonymat.
Scepticisme des investisseurs
Le résultat de ces négociations est crucial pour l’évolution de la livre sterling qui vient d’atteindre un plus haut de cinq mois face au dollar en raison principalement de la faiblesse du billet vert. Les stratégistes sur le marché des changes restent prudents. «Les nouvelles sur les négociations pourraient empirer avant de s’améliorer, soulignent les stratégistes d’ING qui mettent la récente performance de la livre et sa résistance aux mauvaises données économiques sur le compte de l’oubli du Brexit. Nous anticipons un risque non négligeable que le marché commence à intégrer à nouveau dans les prix un scénario sans accord. Notre scénario central reste celui d’un accord mais nous pensons que la livre, qui fait l’objet d’une certaine complaisance, sera sous pression dans les prochaines semaines à cause du Brexit».
Les positions sur les marchés à terme révèlent le scepticisme des investisseurs et contraste avec la récente performance de la devise (près de 8% d’appréciation face au dollar depuis fin juin et 1% face à l’euro). Le sterling est la devise dont les positions nettes vendeuses sont les plus importantes parmi celles du G10, selon ING, l’incertitude entourant l’issue du Brexit incitant certains investisseurs à parier contre le rallye sur le spot.
La volatilité qui caractérise la livre depuis le Brexit devrait perdurer. Ce d’autant qu’un accord ne sera pas suffisant pour diminuer la pression vendeuse sur la devise britannique. «Ce qui importe n’est pas de savoir si un accord sera conclu, mais la substance de cet accord, notent les stratégistes de Bank of America. Nous pensons que le marché a dépassé le simple choix binaire selon lequel un ‘deal’ est positif pour le sterling et un ‘no-deal’ est négatif.» Or ces derniers pensent que même si un accord est conclu, il s’agira probablement d’un simple accord prévoyant principalement des barrières non tarifaires.
Plus d'articles du même thème
-
«Les interventions du Trésor américain pénalisent le dollar face aux autres devises»
Bastien Drut, responsable de la stratégie et des études économiques chez CPRAM. -
La livre retrouve espoir
Retrouvez la chronique heddomadaire de Defthedge sur le marché des changes. -
Un grand test de l’automne pour les banques centrales
Entre une inflation – pour l’instant surtout liée à un choc d’offre exogène pour la zone euro et le Royaume-Uni – et des taux longs très élevés qui durcissent naturellement les conditions financières, les grandes banques centrales pourraient sans doute être un peu plus patientes que ne l’attendent les marchés. Mais dans un contexte très favorable à la «dominance budgétaire», ces derniers ont besoin de certitudes sur l’indépendance des gardiennes des monnaies.
ETF à la Une
Les ETF européens approchent des 4.000 milliards de dollars d’encours
- Combien coûterait aux banques une hausse du plafond du Livret A
- Le Crédit Mutuel Arkéa pousse les feux avec Fortuneo
- Les investisseurs actions et crédit se protègent contre le risque politique français
- Avec le Livret A, Trade Republic et Axa Banque se partagent les données et les responsabilités
- Apple dévoile l'iPhone Duo, son premier smartphone pliable
Contenu de nos partenaires
-
KärcherA la Fête de l’Humanité, Jean-Luc Mélenchon fait place nette à gauche
Imagine-t-on Georges Marchais se faire voler la vedette sur ses terres ? C’est ce qui est arrivé à Fabien Roussel, éclipsé par le bruit et la fureur que déchaîne le candidat insoumis partout sur son passage -
God save the king !L’Ecosse, le Pays de Galles et l’Irlande du Nord se rebellent contre le Royaume-Uni
Les chefs nationalistes des trois nations devraient signer, ce lundi 14 septembre, un protocole d’accord en faveur de leur indépendance respective. Ils le feraient toutefois en tant que chefs de parti et non comme chefs de leur gouvernement décentralisé -
Au Royaume-Uni, la croissance fait de la résistance
L’activité britannique a déjoué les attentes du marché en progressant en juillet, pour le second mois consécutif. Une embellie bienvenue pour les travaillistes, en pleine préparation d’un épineux budget