Le gouvernement français a décidé d'élargir le fonds de solidarité mis en place pour aider les entreprises exposées aux effets de la crise sanitaire, a annoncé hier le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire. Quelque 150.000 entreprises notamment dans l’hôtellerie-restauration bénéficiaient jusqu'à alors de ce dispositif. De nouveaux secteurs, comme les fleuristes, les bouquinistes, les graphistes ou bien encore les arts de la table, la blanchisserie, vont y être intégrés, soit 75.000 entreprises supplémentaires, avec effet rétroactif. Ce fonds, qui peut aller jusqu'à 10.000 euros d’aide par mois, pourra désormais s’appliquer aux entreprises ayant jusqu'à 50 salariés, contre un plafond actuel de 20 salariés. Pour en bénéficier, une entreprise devra soit faire l’objet d’une fermeture administrative, soit subir une perte de chiffre d’affaires allant jusqu'à 70%, alors que ce seuil était jusqu'à présent fixé à 80%.
Des responsables de la Banque centrale européenne (BCE) ont plaidé pour garder «les mains libres» afin de combattre la crise économique provoquée par la pandémie de coronavirus et souligné être prêts à amplifier les mesures de soutien si nécessaire lors de leur réunion de septembre, selon les minutes de la dernière réunion de la BCE le 10 septembre. Le compte rendu des débats montre que la BCE est plus préoccupée par l’évolution de la conjoncture et l’incertitude environnante que ne l’a laissé penser Christine Lagarde lors de la conférence de presse qui a suivi cette réunion. Le raffermissement de l’euro, qui est cité plus de vingt fois, semble avoir été un point de discussion majeur, les membres de la BCE s’inquiétant plus du rythme de son évolution que de son niveau. Ses responsables ont énuméré une longue liste de risques susceptibles de freiner la croissance économique: «La dynamique sous-jacente de la pandémie, l'évolution des négociations en vue d’un accord pour l’après-transition du Brexit, l’issue de l'élection présidentielle américaine et les décisions sur les projets budgétaires au niveau national comme au niveau de la zone euro doivent être surveillés de près».
La Turquie et la Grèce sont convenues aujourd’hui de prendre des mesures de confiance mutuelle et d’organiser des discussions bilatérales sur leur contentieux en Méditerranée orientale, a annoncé le ministre turc des Affaires étrangères. Mevlut Cavusoglu s’exprimait en marge du Forum sur la sécurité mondiale de Bratislava, où il a rencontré son homologue grec Nikos Dendias.
Les inscriptions hebdomadaires au chômage aux Etats-Unis n’ont que légèrement diminué lors de la semaine au 3 octobre, à 840.000 contre 849.000 (révisé) la semaine précédente, a annoncé aujourd’hui le département du Travail, un chiffre qui confirme que le marché du travail peine à se redresser après le choc provoqué au printemps par la crise du coronavirus. Les économistes attendaient en moyenne un repli plus marqué à 820.000.
Le président américain, Donald Trump, a estimé jeudi qu’il y avait «vraiment de fortes chances» de trouver un accord avec les démocrates sur un nouveau plan de soutien à l'économie américaine, qui peine à se remettre du choc provoqué par la pandémie de Covid-19.
La commission de la défense du Parlement britannique a déclaré ce jeudi avoir des preuves solides d’une entente entre le géant télécoms Huawei, soupçonné d’espionnage, et le gouvernement chinois, ce qui pourrait conduire à un retrait plus tôt que prévu de tous ses équipements des réseaux britanniques. La Grande-Bretagne a décidé en juillet qu’elle n’utiliserait plus aucun équipement de Huawei pour son réseau télécoms 5G d’ici 2027, une décision saluée par Donald Trump, dont l’administration accuse de longue date le groupe chinois de se livrer à de l’espionnage au profit de Pékin. Huawei rejette ces accusations.
La demande mondiale de pétrole pourrait stagner à partir de la fin de la décennie 2030, estime l’Opep dans ses nouvelles prévisions publiées jeudi, qui intègrent un effet durable de la crise du coronavirus sur l'économie et les habitudes de consommation. L’Organisation des pays exportateurs de pétrole s’attend désormais à ce que la consommation de brut atteigne 107,2 millions de barils par jour (bpj) dans dix ans contre 90,7 millions cette année. Une prévision 2030 inférieure de 1,1 million de bpj à celle présentée l’an dernier et de plus de 10 millions au chiffre avancé en 2007.
Les exportations allemandes ont progressé pour le quatrième mois consécutif en août, en hausse de 2,4% d’un mois sur l’autre, selon Destatis. Ce chiffre, supérieur aux attentes, vient après une croissance de 4,7% en juillet. Les importations ont augmenté de 5,8% après une progression de 1,1% le mois précédent et l’excédent commercial s’est réduit, à 15,7 milliards d’euros.
L'économie française a rebondi de 16% au troisième trimestre, estime la Banque de France dans son dernier point de conjoncture. Elle avait plongé de 13,8% au deuxième sous l’effet des mesures de confinement. Depuis leur levée, l'économie a connu une embellie même si elle évoluait fin septembre à un niveau inférieur de 5% à celui qui était le sien avant la crise sanitaire.
La Société du grand Paris a annoncé avoir placé deux obligations vertes de 3 milliards d’euros chacune le mercredi 7 octobre. Ces émissions constituent les cinquième et sixième obligations de son programme « Green Euro Medium Term Note ».
La demande placée de bureaux en Ile-de-France s’est élevée à 913.200 m2 à fin septembre, soit une baisse de -46% par rapport au mois de septembre 2019 selon les résultats du GIE Immostat. Le troisième trimestre 2020 a totalisé 246.200 m2 (après 200.200 m2 au T2), s’inscrivant ainsi en baisse de -58% par rapport au T3-2019. En conséquence, l’offre immédiate de bureaux en Ile-de-France est remontée de 18% par rapport à son niveau il y a un an, pour s’établir à 3.295.000 m2. Signe d’un marché à l’arrêt, aucun secteur géographique ne se démarque, même le quartier Paris Centre Ouest.
Les réformes de la fiscalité du capital mises en oeuvre après l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron ont entraîné une forte hausse des dividendes en 2018 (23 milliards d’euros, après 14 milliards en 2017), concentrés sur un plus petit nombre de foyers fiscaux très fortunés, selon un rapport de France Stratégie. Cette forte progression est comparable par son ampleur à la chute enregistrée en 2013, au moment où les revenus mobiliers ont été intégrés au barème progressif de l’impôt sur le revenu, relèvent ses auteurs qui notent que les 0,1% les plus aisés de 2018 sont un quart plus riches que les 0,1% les plus aisés en 2017. Pour les contribuables à hauts revenus, les réformes Macron ont globalement ramené la France dans la moyenne OCDE, avec un rendement des actifs avant impôt de l’ordre de 4,6%.
Guild Esports, l’équipe d’e-sport dont David Beckham, ancienne superstar du club de football de Manchester United et de l’équipe d’Angleterre, est un actionnaire minoritaire significatif, va lancer son introduction en Bourse à Londres pour lever quelque 20 millions de livres (22 millions d’euros). Cette IPO, dont la levée de fonds permettra à la société de recruter 20 « gamers » professionnels d’ici à la fin de l’année prochaine, entend surfer sur le succès croissant du jeu vidéo en ligne. Le montant visé reste une goutte d’eau comparé à la fortune personnelle du footballeur, évaluée à environ 300 millions de livres. Selon le Financial Times, la valorisation de Guild Esports a été revue à la baisse et devrait s’établir à 50 millions de livres, contre 100 millions initialement visés. Guild Esports participe aux compétitions des jeux vidéo les plus pratiqués au monde, comme Fortnite ou Fifa.
Monnaie. Le projet d’euro numérique est sur les rails. La Banque centrale européenne (BCE) a publié le 2 octobre un rapport détaillant les bonnes raisons de lancer sa monnaie digitale en complément des billets de banque si cela devient nécessaire, et quand il le faudra. Un message relayé par Fabio Panetta, membre du Conseil des gouverneurs. Un euro numérique pourrait aider dans les situations où les citoyens abandonnent l’argent liquide, où des formes étrangères de monnaie électronique prennent le dessus – on pense au Libra de Facebook – ou si d’autres moyens de paiement deviennent indisponibles. La BCE estime que les dépôts en euros numériques seraient probablement plafonnés et soumis, au moins en partie, au taux de la facilité de dépôts. Pour ce projet de monnaie digitale de banque centrale, l’institution hésite encore entre deux schémas : l’un centralisé où l’ensemble des transactions en euro digital serait enregistré sur la plate-forme de la BCE, l’autre décentralisé par le biais d’intermédiaires qui suivraient le cadre fixé par l’autorité monétaire. Le rapport forme la base d’une consultation désormais ouverte à toutes les parties prenantes et qui s’achèvera mi-2021.
Vincent Bolloré, passé maître dans l’art de contrôler des sociétés sans y détenir de participation majoritaire, aurait sûrement de bons conseils à prodiguer au gouvernement. Lundi soir, Engie a décidé de vendre à Veolia son bloc de 29,9 % chez Suez malgré l’opposition des administrateurs de l’Etat. Avec plus de 23 % du capital de l’énergéticien, les pouvoirs publics avaient pourtant largement les moyens de s’opposer à une opération qui déchire depuis fin août les deux champions de la gestion de l’eau et des déchets. Le capitalisme français a déjà vécu des affrontements d’une telle violence ; mais rarement un tel revers pour le régalien, sans lequel aucune opération de cette envergure ne pouvait jusqu’à présent se faire.
Polémique. Voilà une étude qui fera grincer des dents du côté de la Banque centrale européenne (BCE). Deux économistes de la Réserve fédérale de San Francisco se sont penchés sur l’effet des politiques de taux négatifs pour les banques européennes et japonaises entre 2010 et 2018. Leur conclusion est sans appel : « La profitabilité et l’activité des banques se détériorent sur la durée » (voir le graphique).La première année, les établissements de crédit peuvent encore enregistrer des gains sur leur portefeuille d’investissement et compenser les pertes de marges d’intérêt par des commissions, mais cet effet disparaît ensuite en raison de leur difficulté à répercuter les taux négatifs auprès des déposants. Pire, les auteurs estiment que ces politiques conduisent à une contraction globale du crédit, la progression de 4,3 % constatée la première année sur l’échantillon étant vite effacée par des reculs de 4,9 % et 5,2 % les deux suivantes. Une conclusion qui contredit celles d’autres études d’économistes.
Le Forum économique mondial (FEM) a annoncé mercredi que l'édition 2021 se tiendrait du 18 au 21 mai au sommet du Bürgenstock, près de Lucerne en Suisse centrale. L'édition 2021 sera organisée autour du thème «La Grande Réinitialisation» (The Great Reset) pour trouver une porte de sortie à la pandémie «et reconstruire une société plus cohésive et durable». Il écarte définitivement un éventuel rassemblement à Davos. La pandémie de coronavirus a contraint le Forum, en août dernier, à reporter et déplacer la rencontre des responsables politiques et commerciaux mondiaux accueillis depuis le début des années 1970 dans la station de ski suisse. Le FEM compte organiser à nouveau la réunion à Davos en 2022.
La France et l’Allemagne vont proposer aux autres pays de l’Union européenne d’imposer des sanctions supplémentaires contre la Russie en raison de l’empoisonnement de l’opposant Alexeï Navalny, annoncent mercredi les ministres français et allemand des Affaires étrangères dans un communiqué conjoint. Reprochant à Moscou de n’avoir pour l’instant apporté «aucune explication crédible» à cet empoisonnement au Novitchok, un agent neurotoxique militaire, sur le territoire russe, Paris et Berlin «transmettront à leurs partenaires européens des propositions de sanctions additionnelles» contre la Russie, précisent Jean-Yves Le Drian et Heiko Maas.
La Commission européenne a annoncé avoir accepté les engagements du fabricant américain de semi-conducteurs Broadcom visant à garantir la concurrence sur les marchés des jeux de puces pour modems et décodeurs de télévision, ce qui clôt la procédure lancée en juin 2019. «Broadcom suspendra tous les accords existants contenant des clauses d’exclusivité ou de quasi-exclusivité et/ou des dispositions produisant un effet de levier qui se rapportent aux systèmes sur puce pour décodeurs de télévision et modems internet, et s’est engagée à ne pas conclure de nouveaux accords comportant de telles clauses», précise le communiqué de la Commission.
Le distributeur Miniso Group, soutenu par le géant chinois Tencent Holdings, compte lever jusque 562,4 millions de dollars (478 millions d’euros) lors de son introduction en Bourse (IPO) aux Etats-Unis, selon un document réglementaire publié mercredi. La firme basée en Chine dit qu’elle vendrait 30,4 millions d’American Depositary Shares (ADS), pour une fourchette de prix située entre 15,60 et 18,50 dollars chacune. Chaque ADS représenterait quatre actions ordinaires de Classe A. Miniso serait valorisé 10,18 milliards de dollars. Les banques Goldman Sachs et BofA Securities sont les teneurs de livres pour cette opération. Plusieurs IPO à gros budget ont été réalisées ou annoncées à Wall Street cette année, parfois émanant d’entreprises chinoises.
Après avoir atteint un niveau historiquement élevé, le bas de laine des particuliers va encore augmenter tant que l’incertitude persistera. Ce qui pèse sur la croissance.
Le président de la commission pêche du Parlement européen, Pierre Karleskind, a exclu mercredi une négociation annuelle des quotas de pêche dans un éventuel accord commercial conclu entre Bruxelles et Londres sur leur future relation, s’alignant sur la ligne dure affichée jusqu’ici par Paris. Selon Pierre Karleskind, l’essentiel de la négociation doit porter sur l’identification des stocks de poissons stratégiques pour les différentes parties. Alors que certains pays ont exprimé la semaine dernière, lors du Conseil européen à Bruxelles, leur souhait de parvenir à un compromis sur la pêche, Pierre Karleskind a dit à Reuters qu’ils ont vite fait marche arrière quand les discussions ont commencé. Les négociations sur le Brexit achoppent notamment sur les droits de pêche, les règles du jeu équitables en matière de concurrence et les moyens de régler les différends.
Les derniers épisodes de forte inflation, les années 70, dont la hausse n’était pas uniquement due aux chocs pétroliers, partagent des similitudes avec la période actuelle.