Dépenses permanentes. Les déficits budgétaires des pays émergents ont atteint des records l’an dernier, constate l’Institute for International Finance. Pourront-ils se résorber ? Certes, un retour à la croissance devrait en éponger une partie, mais l’IIF s’interroge surtout sur la baisse des dépenses publiques, qui ont beaucoup progressé pour faire face à la pandémie. Les diminuer « peut s’avouer politiquement et socialement difficile », explique l’Institut, qui a analysé 104 événements où la hausse des dépenses publiques a dépassé les 3 % du PIB sur un an. Dans la plupart des cas, ces dépenses sont devenues permanentes ; elles n’ont été diminuées que dans 16 des 104 épisodes. Pire, cinq ans après les avoir augmentées, les dépenses publiques restaient supérieures à plus de 3 % du PIB à leur niveau d’avant-crise. « La réduction du déficit ne sera pas aisée, même si la croissance est forte », conclut l’IIF. Les pays où les déficits sont déjà importants et les dépenses généreuses, comme le Brésil ou l’Argentine, sont concernés au premier chef. Le Chili ou le Pérou bénéficient de leur côté d’un niveau de dette assez faible, qui devrait leur laisser un peu de marge de manœuvre.