Tolérance. La monnaie helvétique retrouve ses plus hauts niveaux depuis juillet 2015. Les incertitudes sur le rebond épidémique en Europe, qui pourrait peser sur la reprise, et les craintes sur l’inflation favorisent l’actif refuge, qui a dépassé en milieu de mois les 1,05 franc pour 1 euro. Au printemps 2020, où la hausse de la monnaie faisait craindre d’être aussi rapide, la Banque nationale suisse (BNS) était intervenue pour en limiter l’appréciation. Malgré les pressions qu’un franc fort ne manquera pas de faire peser sur les marges des entreprises locales, la BNS ne devrait pas intervenir cette fois. La reprise économique solide, portée par une consommation sortie de sa phase de convalescence, permet à la banque centrale de tolérer une monnaie plus forte. Les interventions précédentes cherchaient également à limiter l’impact déflationniste d’une remontée du franc suisse ; le retour, même temporaire, de l’inflation, éloigne cette perspective pour la BNS. La banque centrale pourrait plutôt garder des armes en réserve pour une future, et plus importante, hausse de la monnaie. Les inquiétudes sur le variant Omicron vont toutefois venir compliquer le travail de l’institution. La fuite vers la sécurité ne se limite d’ailleurs pas à la monnaie suisse : le yen s’est aussi renforcé face à l’euro ces dernières semaines.