Omicron est un coup dur pour les émergents
Les marchés émergents cumulent les maux. Alors qu’ils sont déjà confrontés à l’inflation et vont devoir faire face au resserrement de politique monétaire de la Fed, ils risquent désormais de pâtir de l’émergence du variant Omicron en raison de leur faible taux de vaccination. Cette inquiétude est particulièrement visible dans l’évolution des devises.
«Les devises des marchés émergents ont récemment été frappées par un certain nombre de chocs négatifs, souligne Ehsan Khoman, responsable de la recherche marchés émergents chez MUFG. Le dernier en date est l'émergence du variant Omicron qui fait peser le risque de nouvelles perturbations et affecte les perspectives de reprise mondiale en 2022.» Même si la chute de la livre turque est un facteur pénalisant, la baisse est générale, relève l’analyste de MUFG qui se veut toutefois prudent face au nouveau variant dont on ne connaît pas la réelle dangerosité.
La plupart des banques centrales des pays émergents ont rapidement réagi au risque inflationniste (à l’exception de la Turquie) en relevant rapidement leurs taux. Mais cela n’a pas suffi pour permettre un rebond des devises. Même si la croissance restera soutenue en 2022, et que les pays producteurs de pétrole & gaz et de matières premières bénéficient de l’envolée des prix, les marchés émergents sont affectés par le ralentissement chinois. Une nouvelle vague sévère de Covid-19 fragiliserait davantage leur situation. Ce d’autant que le durcissement des politiques monétaires dans le monde, et en particulier de la Fed, sera une contrainte forte pour ces pays.
Les fluctuations ont affecté plus fortement les devises à haut rendement comme le peso mexicain ou le rand sud-africain. «Le rand a été plus durement touché, l’Afrique du Sud étant l'épicentre de la dernière épidémie», note Ehsan Khoman. Il a dépassé 16 face au dollar à un plus bas d’un an. «Nous nous attendons à ce que les investisseurs hésitent à prendre plus de risques jusqu'à ce qu’il y ait une plus grande clarté sur Omicron», poursuit l’analyste.
La faiblesse des émergents se traduit également par des marchés actions à leur plus faible niveau de valorisation comparé aux précédentes crises (crise financière de 2008, taper tantrum de 2013 et crise pandémique de 2020), malgré une meilleure situation macroéconomique. L’indice MSCI EM capitalise 14 fois les bénéfices à 12 mois contre 25 fois pour le S&P 500. Les actions émergentes ont reculé 4% en novembre et de 8% au troisième trimestre. Avec la perspective d’un retrait du soutien des banques centrales, le risque émergent semble bien encombrant.
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