C’est plutôt rare. Mark Schmehl, gérant de portefeuille chez Fidelity Investments, ne fait pas beaucoup de cas de Warren Buffett. La valorisation ? On y attache trop d’importance. La prise en compte des références classiques de l’investissement (bénéfices, cash flow, PER) ? «Ineptie totale», estime Mark Schmehl qui lance sans sourciller : «Je ne crois pas en Warren Buffett», rapporte l’agence Bloomberg. «Je m’intéresse en priorité aux éléments à la marge : les histoires horribles de titres vraiment bon marché, cassés, que personne ne veut plus acheter, et aussi les titres qui excitent tout le monde mais dont la valorisation est si élevée que plus personne n’en veut», explique Mark Schemhl.Son approche semble fonctionner en tout cas. Le Special Situations Fund, dont les actifs sous gestion s'élèvent à 1,86 milliard de dollars canadiens, soit environ 1,45 milliard de dollars, a dégagé une performance de 21% sur les onze premiers mois de l’année tandis que le Canadian Growth Company Fund, dont les encours s’inscrivent à 3,7 milliards de dollars canadiens, a progressé de 17%, à comparer à un gain de 7,8% sur l’indice S&P/TSX Composite Index sur la même période. Et son petit dernier, le Global Innovators Class, lancé le 1er novembre, a attiré 400 millions de dollars canadiens en quatre semaines."Je m’intéresse à la nouveauté, aux choses innovantes, qui progressent, qui changent le monde», affirme-t-il. Le fait qu’un titre soit très cher le laisse de marbre. «La valorisation est un élément négligeable du processus d’investissement pour moi. C’est l’information la moins pertinente que vous obtiendrez jamais car tout le monde connaît la valorisation», souligne-t-il.Il s’intéresse tout particulièrement à toutes les sociétés «disruptives». Il n’a pas hésité à investir dans l’univers des crypto-monnaies...