Orange met les bouchées doubles pour éteindre son réseau cuivre

le 23/09/2022 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L'opérateur télécoms aimerait que les pouvoirs publics mettent la main à la poche.

fibre optique
L’infrastructure cuivre sera remplacée par un réseau fibre optique à l'horizon 2030.
(photo UE CE/Cristof Echard.)

C’est « une étape essentielle », « une bascule technologique »… Les qualificatifs ne manquaient pas pour aborder le vaste chantier dans lequel Orange est actuellement engagé, la fermeture de son réseau cuivre, lors de la conférence annuelle Territoires connectés organisée jeudi par l’Arcep, le régulateur français des télécoms.

Avec une nouvelle étape depuis que l’opérateur historique a annoncé, début février, qu’il allait « éteindre » son réseau cuivre à partir de 2026. L’infrastructure cuivre, qui était le support de la téléphonie traditionnelle (puis de l'ADSL) depuis cinquante ans, sera remplacée par un réseau fibre optique à l'horizon 2030. Le régulateur des télécoms (Arcep) encadre le processus, et il a mené une consultation publique de fin février à début avril.

Avec cette bascule totale vers la technologie à très haut débit, Orange entame son « chantier de la décennie », a insisté Nicolas Guérin, secrétaire général de l’opérateur. Parallèlement, il s’est investi dans le déploiement de la fibre sur le territoire depuis 2007, et de manière accélérée depuis 2010.

C’est une manière de s’adapter aux nouveaux usages et aux besoins en matière de trafic internet, alors que le réseau cuivre est en perte de vitesse face à la fibre: Orange compte aujourd’hui plus de 16,3 millions de clients abonnés à la fibre jusqu'à leur domicile (FTTH) sur près de 30 millions de foyers raccordables.

Concrètement, ce plan se fera en deux étapes sur différentes zones du territoire : une phase de transition jusqu'en 2025, avec la fermeture commerciale, puis une phase de fermeture technique du réseau historique entre 2026 et 2030

Orange voudrait que les pouvoirs publics y contribuent. Si l’opérateur ne précise pas le coût de ce plan de « débranchage », « ce n’est pas que le plan d’Orange : l’Etat doit nous aider », glisse Nicolas Guérin. Pour cela, il imagine qu’il pourrait y avoir « des impôts affectés au secteur », comme la taxe Ifer (imposition forfaitaire des entreprises de réseaux) mobile, un impôt que payent les opérateurs pour chaque équipement installé sur leurs antennes.

Orange continue d’investir en parallèle chaque année pour entretenir son réseau cuivre, « à hauteur de 500 millions d’euros par an », souligne Nicolas Guérin. En mai 2021, Orange s'était engagé auprès du gouvernement  à maintenir les 500 millions d'euros annuels consacrés à l'entretien du réseau cuivre, seule source d'accès au réseau téléphonique pour plusieurs millions de Français.

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