Finexkap se retrouve en liquidation
Le durcissement du contexte pour les fintechs se précise : il emporte Finexkap, pionnière du financement de factures interentreprises digitalisé. La chute ne vient pas d’une fraude, comme cela arrive souvent dans ce secteur. «Les difficultés se sont accumulées récemment pour la société qui n’a pas pu conclure comme prévu une offre de rapprochement formulée par une grande banque espagnole en juin dernier, révèle Vincent Hauss, président de Finexkap. Face au contexte assombri et à la baisse des valorisations des fintechs, l’établissement de crédit voulait différer sa décision jusqu’à l’automne. Or aucun des actionnaires en place (capital-risques, family offices, fondateurs…ndlr) n’a voulu réinjecter de capital et la société s’est retrouvée à court de liquidités.» Il y a quelques jours, la société de gestion a été mise en liquidation sans pouvoir tenter un redressement judiciaire.
Les deux dirigeants fondateurs, Cédric Teissier et Arthur de Catheux, avaient quitté leurs fonctions exécutives en décembre dernier tout en restant actionnaires, Cédric Teissier devenant président du conseil de surveillance. «J’ai succédé à Cédric Teissier au poste de président après avoir occupé plusieurs postes à responsabilité dans la fintech depuis 2016», précise Vincent Hauss.
Virages stratégiques
Finexkap n’avait pas passé le stade de la rentabilité et avait besoin d’investissements supplémentaires pour son activité. «A plusieurs reprises, la société a dû revoir son modèle depuis son démarrage en 2014, en vue d’atteindre une masse critique d’activité», relate Vincent Hauss. L’offre de départ, une solution inédite d’affacturage en ligne et à la carte, s’était révélée très difficile à rentabiliser, les coûts d’acquisition des clients étant trop importants par rapport à la faible récurrence de l’utilisation du service. D’où l’inflexion donnée à la stratégie en 2016, un partenariat étant noué avec Sage, éditeur de logiciels comptables, pour démultiplier l’accès aux entreprises et à leurs données. En outre, Finexkap a entrepris de se connecter à des places de marché BtoB pour proposer le financement de factures dès la vente. Toutefois, ces places de marché BtoB n’ont pas connu la forte croissance du BtoC.
En 2020, un partenariat avec Metro inaugurait un nouveau virage, le service Finexpay qui proposait du BNPL (buy now pay later, paiement différé et fractionné) aux acheteurs du grossiste. Un financement plus flexible que l’escompte de factures. La fintech annonçait un encours de 250 millions d’euros en cours d’année. La crise du Covid 19 a toutefois mis à mal cette orientation qui démarrait notamment auprès des cafés et restaurants. Dès 2021, la société a entamé des développements pour s’orienter vers de nouveaux partenaires.
Finexkap visait pour cette année 2022 une activité de financement de 350 à 400 millions d’euros, l’encours étant financé via un fonds commun de titrisation bâti en interne. Ce type de véhicule est conçu juridiquement pour être étanche à un défaut du gérant mais à ce stade, la société ne donne pas d’information sur ce qu’il adviendra du fonds. L’outil technologique lui-même pourrait trouver preneur : «La solution de Finexkap entièrement développée en interne suscite plusieurs marques d’intérêt», assure Vincent Hauss.
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