Les baisses de valorisation guettent les licornes de la fintech
La baisse des valorisations ne touche pas que les sociétés cotées. Klarna, la pépite non cotée de la tech, valorisée plus de 45 milliards de dollars (43 milliards d’euros) lors de sa dernière levée de fonds en juin 2021, pourrait en faire les frais. La société, qui compte Softbank à son capital, chercherait à effectuer un nouveau tour de table pouvant aller jusqu’à 1 milliard de dollars et qui valoriserait l’entreprise une trentaine de milliards de dollars seulement, affirme le Wall Street Journal, citant des sources anonymes. Contactée par L’Agefi, Klarna n’a pas souhaité commenter ce qu’elle considère n’être que «pure spéculation».
Spécialisée dans le paiement fractionné (BNPL, pour «buy now pay later»), la fintech suédoise a affiché une perte d’exploitation correspondant à environ 670 millions d’euros pour son exercice 2021. Elle justifie ces chiffres par ses dépenses liées à son expansion, notamment à l’international.
Traînée de poudre
Pour continuer d’avancer, il lui faut lever des fonds. Une cotation en Bourse serait l’un des moyens de le faire. Klarna n’a d’ailleurs jamais caché son intention de se faire coter. Mais, au vu de la chute que subit le secteur de la tech, la période semble peu propice pour une telle opération. Depuis le début de l’année, l’indice Nasdaq perd plus de 25%.
Un nouveau tour de table serait donc une des solutions pour que le groupe puisse disposer d’argent frais. Mais les investisseurs peuvent rechigner à prendre les mêmes métriques qu’il y a un an. D’autant que le BNPL est aujourd’hui surveillé de près par les régulateurs. A sa valorisation actuelle, Klarna vaut plus que de nombreuses grandes banques traditionnelles. A titre d’exemple, la capitalisation de la Société Générale atteint 20 milliards d’euros.
Pour les fonds de private equity investis dans les fintechs, cette baisse de valorisation n’aurait pas de conséquence sur la valeur de leurs autres participations, à moins qu’ils ne soient, comme Softbank, aussi investis dans Klarna. Mais le phénomène pourrait se répandre comme une traînée de poudre. Toujours selon le Wall Street Journal, la fintech britannique SumUp, aussi en phase de levée, aurait aussi dû revoir à la baisse ses prétentions de valorisation. Contactée par L’Agefi, SumUp n’a pas répondu à nos sollicitations.
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