Le Livret A enregistre une collecte exceptionnelle de 9,3 milliards d’euros
Seuil psychologique. L’augmentation annoncée dès janvier dernier du taux du Livret A à 3% au 1er février a semble-t-il été reçue cinq sur cinq par les épargnants français.
Le mois dernier, ils ont placé la somme impressionnante de 11,22 milliards d’euros, nette des retraits, sur le petit livret rouge et sur son cousin, le Livret développement durable et solidaire (LDDS), avec une collecte respective de 9,27 et 1,95 milliard d’euros sur ces deux supports.
Ce montant est le deuxième plus élevé pour un mois de janvier, indique la Caisse des dépôts, et le troisième tous mois confondus. Seuls les mois d’octobre 2012 et janvier 2009 font mieux avec respectivement 21,3 et 18,9 milliards d’euros collectés sur les deux livrets. A l’époque, la collecte avait toutefois bénéficié d’éléments exceptionnels. Janvier 2009 avait été marqué par le début de la généralisation de la distribution du Livret A, jusqu’alors réservée aux réseaux de la Caisse d’épargne et de la Banque Postale, à l’ensemble des établissements bancaires.
Mauvaise nouvelle pour les banques
Octobre 2012 avait pour sa part bénéficié d’une augmentation du plafond du Livret A de 25% et d’un doublement du plafond du LDDS. La collecte sur l’ensemble de l’année 2012 avait d’ailleurs atteint le niveau historique de 49,16 milliards d’euros.
Après ces 11,22 milliards d’euros supplémentaires, l’encours cumulé des Livret A et LDDS grimpe à 520,9 milliards d’euros.
Une dynamique qui ne fait pas les affaires des banques. Elles s’acquittent d’une partie du paiement d’une rémunération en hausse (de 2% à 3%) sur des encours eux aussi en nette progression.
L’ampleur des versements réalisés en janvier, qui pourraient en outre se poursuivre en février, n’est pas non plus de bon augure pour les assureurs vie. Malgré des rendements en forte hausse pour de nombreux fonds en euros au titre de 2022, la comparaison avec un Livret A totalement liquide et défiscalisé servant un taux de 3% ne leur est pas favorable. D’autant que le lent ralentissement de l’inflation associé à une hausse du taux €STR, deux indicateurs qui servent de base au calcul du rendement du Livret A, ne présage pas d’une future baisse en août prochain. Bien au contraire.
Plus d'articles du même thème
-
Les banques françaises : peut-on imaginer Sisyphe heureux ?
La rechute des valorisations boursières des banques françaises depuis quelques semaines s'explique moins par la trajectoire de leurs revenus, relève Vivien Levy-Garboua, que par le niveau de leurs coûts, sensiblement plus élevés que ceux de leurs rivales. -
L’exposition à géométrie variable des banques françaises au risque souverain
Dans un contexte de plus en plus tendu pour la dette française, les investisseurs s'inquiètent des liens entre les banques et l'Etat. Au-delà de la détention de bons du Trésor, il n'est toutefois pas aisé de les établir avec précision. La Banque Postale et les banques mutualistes semblent malgré tout plus exposées que la Société Générale et BNP Paribas. -
Les marchés monétaires recommencent à inquiéter en zone euro
Les marchés monétaires sont longtemps restés plutôt calmes en zone euro, sous l’effet des achats de la Banque centrale européenne (BCE) en 2020-2022. Aujourd'hui, la volatilité sur les taux interbancaires fait ressurgir le spectre d’une instabilité financière.
ETF à la Une
BlackRock veut ajouter une catégorie de parts ETF à cinq fonds actifs
- Worldline s'assure une place dans la course à l'agentique
- La France a encore des raisons de croire en son économie
- Schneider Electric indispose les investisseurs en ciblant l’américain PTC
- Les banques européennes chutent avec le rebond des taux souverains
- Les banques françaises ne savent pas parler aux femmes
Contenu de nos partenaires
-
EditorialBudget 2027 : en finir avec le simulacre
Ce simulacre tournera-t-il au massacre ? Eviter le krach financier est désormais l'unique ambition de Matignon. A raison -
Chevalier blancPourquoi l'Etat monte au capital du groupe minier Eramet
L'Agence des participations de l'Etat (APE) va devenir premier actionnaire du groupe minier à l'occasion de sa prochaine augmentation de capital -
Salon de l'autoLe dilemme de l’automobile européenne : produire moins mais haut de gamme ou produire plus mais moins cher ?
Monter en gamme ou retrouver les volumes ? L’industrie européenne peut-elle encore jouer sur les deux tableaux ?