La Société Générale nomme Slawomir Krupa à sa direction générale
Le conseil a livré son verdict. La course à la succession de Frédéric Oudéa, qui va quitter la direction de la Société Générale pour présider Sanofi, est remportée par Slawomir Krupa, l’actuel patron de la banque de financement et d’investissement du groupe.
«Le conseil d’administration de Société Générale, réuni le 30 septembre 2022 sous la présidence de Lorenzo Bini Smaghi, a décidé à l’unanimité, sur proposition du comité des nominations et du gouvernement d’entreprise, de proposer aux actionnaires lors de l’assemblée générale du 23 mai 2023 Slawomir Krupa comme administrateur en remplacement de Frédéric Oudéa (...) Une fois élu, Slawomir Krupa sera nommé directeur général par le conseil d’administration», indique la banque dans un communiqué.
Le processus de succession avait été lancé au mois de mai dernier lorsque Frédéric Oudéa avait annoncé à l’assemblée générale sa volonté de ne pas briguer de nouveau mandat, après un record de longévité de 14 ans à la tête de la banque de la Défense.
Le conseil d’administration présidé par Lorenzo Bini Smaghi avait engagé le chasseur de têtes Egon Zehnder pour épauler le président du comité des nominations Gérard Mestrallet dans la lourde tâche de lui trouver un successeur. La course s’était resserrée ces dernières semaines sur deux candidats en interne : Sébastien Proto, directeur général adjoint en charge des réseaux Société Générale et Crédit du Nord, longtemps présenté comme le favori, et Slawomir Krupa, directeur général adjoint en charge des activités de Banque de Grande Clientèle et Solutions.
Pur produit de la Société Générale
Les deux candidats ont passé leur grand oral cette semaine. Deux éléments ont fait pencher la balance en faveur de Slawomir Krupa: son ancienneté dans la banque, et sa connaissance des marchés financiers, à l’heure où le niveau de risque s’accroît sur les marchés actions et obligataires, comme l’ont démontréles turbulences de la semaine écoulée au Royaume-Uni.
Slawomir Krupa est en effet un pur produit de la Société Générale où il a débuté en 1996 à l’inspection générale. A la tête de la BFI depuis 2021, c’est sa «vision de l’avenir de la banque et son projet pour le groupe» qui aurait convaincu le conseil d’administration, confie à L’Agefi une source proche du dossier. Agé de 46 ans, il incarne une nouvelle génération de dirigeants. Il devra notamment mettre en œuvre la feuille de route de la Société Générale pour 2025, dont le développement met l’accent sur de nouveaux leviers de croissance : la banque en ligne via Boursorama et le leasing automobile via ALD.
Sébastien Proto, quant à lui, est issu du même sérail que Frédéric Oudéa et des précédents patrons de la banque: celui des énarques et inspecteurs des Finances. Il était associé-gérant chez Rothschild &Co avant de rejoindre la banque de La Défense en 2018. Il avait été placé à la tête de la banque de détail en 2020 avec la mission de mener à bien la fusion des réseaux Société Générale et Crédit du Nord, qui sera effective au plan juridique au premier janvier prochain.
Plus d'articles du même thème
-
Les banques allemandes veulent récupérer les garanties perdues à cause des sanctions russes
Deutsche Bank, HVB et Commerzbank ont intenté un procès à l’entreprise Linde. Elles lui avaient accordé des garanties pour un projet gazier qui a été annulé à cause des sanctions internationales contre la Russie. Le résultat du procès pourrait influer sur la manière dont les banques envisagent leurs garanties dans des pays politiquement exposés. -
BNP Paribas Personal Finance rempile avec But et Conforama et parie toujours sur les partenariats
Officiellement unies depuis deux ans, les deux enseignes du marché de l’ameublement revendiquent 2 millions de clients annuels dont un tiers font appel à une possibilité de financement ou de crédit. Autant de clients possibles pour Cetelem. -
DWS envisage de reprendre son ancien nom
La filiale de gestion d’actifs de la Deutsche Bank souhaiterait tirer davantage parti de la notoriété mondiale de la banque allemande.
ETF à la Une
Amundi lance un ETF sur les actions monde
- BNP Paribas et Caceis veulent sortir du métier des services aux émetteurs
- Les ambitions d’Air France-KLM sont freinées par des vents contraires
- Apple injecte 30 milliards de dollars dans des puces Broadcom conçues aux Etats-Unis
- Michala Marcussen (Société Générale) : «L’Europe pourrait s’inspirer de certaines pratiques chinoises»
- Le gouvernement annonce de nouvelles économies et évoque un dérapage du déficit public
Contenu de nos partenaires
-
Choix publicsLa France est-elle une nostalgie ?
L’imaginaire national français ne saurait être qu’une nostalgie, un regard envieux et attristé vers un passé idéalisé, révélateur d’une fuite devant l’avenir -
L'air du largeUne Europe radicalement différente en 2027 ?
Un basculement populiste du Royaume-Uni, de l'Allemagne et de la France donnerait naissance à une Europe inédite, en rupture totale avec celle des Pères fondateurs -
Garde-à-vousAttal, Philippe, Retailleau : comment ils se préparent au rôle de chef des Armées
S’ils étaient élus en mai 2027, les candidats de la droite et du centre devraient endosser la responsabilité du feu nucléaire dans un contexte stratégique marqué par le retour de la guerre en Europe. Ils se confient à l'Opinion