Frédéric Oudéa lance la transition à la tête de la Société Générale
C’est la fin d’une époque à la Société Générale. Frédéric Oudéa, le directeur général de la banque, a annoncé, mardi à l’occasion de l’assemblée générale du groupe, qu’il ne briguerait pas le renouvellement de son mandat en 2023. Après avoir «beaucoup réfléchi aux différentes options envisageables», a-t-il indiqué devant ses actionnaires.
Dans un an, donc, celui qui affiche une longévité sans égale à la tête d’une banque française rendra son tablier. Frédéric Oudéa avait pris la direction générale du groupe en mai 2008, dans la foulée du scandale Kerviel. Nommé, un temps, PDG, avant que ses fonctions ne soient dissociées, le capitaine a affronté toutes les tempêtes : crise financière, crise de la zone euro, Covid. Et aujourd’hui la guerre en Ukraine, qui a forcé la Société Générale à tirer un trait sur la coûteuse aventure russe lancée par son ancien patron Daniel Bouton.
Loué pour sa résilience, l’ex-conseiller de Nicolas Sarkozy à Bercy n’a jamais hésité à mouiller le maillot au nom de la profession bancaire lorsqu’il le fallait, notamment au pire de la crise de la zone euro en 2011. Après quatorze ans de règne, son bilan à la tête de la Société Générale est plus contrasté. La banque a régulièrement déçu les objectifs annoncés aux investisseurs. Tombée au purgatoire boursier à l’automne 2020 en raison de la pandémie, l’action a effectué un redressement spectaculaire, avant le coup d’arrêt de la guerre en Ukraine. Mais elle reste l’une des plus faiblement valorisées du secteur, et a perdu la prime spéculative qui lui était attachée il y a quinze ans lorsque le marché spéculait sur une fusion avec BNP Paribas ou UniCredit. Aux yeux des investisseurs, la Société Générale garde un profil plus risqué que celui de ses concurrents français. La gouvernance du groupe a aussi beaucoup fluctué, avec des départs de haut rang ces dernières années, tels ceux de Didier Valet ou Philippe Heim, parfois non voulus.
L’année de mandat qui reste à Frédéric Oudéa sera l’occasion de consolider les options prises il y a dix-huit mois : recentrage de la banque d’investissement sur des activités moins risquées, fusion des réseaux Société Générale et Crédit du Nord sous la houlette de Sébastien Proto, présenté comme un successeur potentiel. Elle nourrira dès lors toutes les spéculations sur l’identité du futur directeur général, pour lequel le conseil d’administration va lancer un processus de sélection.
Plus d'articles du même thème
-
BNP Paribas sécurise sa bancassurance en Italie
BNP Paribas Cardif, la compagnie d’assurance du groupe, renforce son partenariat avec le groupe BCC Iccrea et le prolonge jusqu’en 2039. -
Du pouvoir aux profits, l’équation d'UniCredit chez Commerzbank
Avec plus de 42% du capital, la banque italienne devrait être en mesure d'imposer ses vues au conseil de sa concurrente allemande. Pour pouvoir en tirer tous les bénéfices financiers, il faudra toutefois probablement qu’elle monte au-delà de 60%. -
Pour ses cinq ans en France, Klarna veut être considérée comme une banque
Le champion du paiement fractionné suédois a une licence bancaire depuis 2017. Il veut convaincre les Français d'utiliser ses produits bancaires présents sur sa super-app rose.
ETF à la Une
AllianzGI va lancer cinq ETF actifs en Europe dès l'été
- «Les anticipations de résultats sur le S&P 500 laissent entrevoir un potentiel de surprises positives»
- Accenture ravive les craintes sur l’IA et enfonce Capgemini dans le rouge
- L’environnement de marché est moins favorable à l’or
- Maisons du Monde s’apprête à passer sous le contrôle de deux fonds britanniques
- Nickel lance un compte pour les pros
Contenu de nos partenaires
-
AdaptationClimatisation : la grande bascule des politiques
Face aux canicules à répétition, le débat sur le dérèglement climatique n’existe plus. Il se déplace sur l’adaptation. En se cristallisant sur la seule question de la clim, devenue très politique -
Commerce internationalLe commerce maritime international en mode agile
De la mer Rouge au détroit d'Ormuz, les crises géopolitiques rebattent les cartes du transport maritime. Armateurs, assureurs et transitaires s'organisent désormais pour naviguer dans un monde où l'incertitude est devenue la norme. A l'occasion du Rendez-vous ParisMAT qui se tient aujourd'hui et demain à Paris, petit tour d'horizon de ce nouveau quotidien -
EXCLUSIFDominique de Villepin : « Il faudra revenir à une taxe carbone »
Retour de l’ISF, taxe carbone, fonds souverain de 100 milliards… L’ancien Premier ministre de Jacques Chirac dévoile en exclusivité les grandes lignes de son programme économique pour l’élection présidentielle de 2027