BNP Paribas étudierait une vente de Bank of the West
BNP Paribas travaille avec des banques conseil pour étudier une possible vente de sa filiale américaine Bank of the West alors que la banque française cherche à se retirer du marché américain de la banque de détail où elle a bataillé pour concurrencer des rivaux plus gros et mieux capitalisés, ont dit à Reuters trois sources au fait du dossier.
L'établissement bancaire, qui a détrôné l’an dernier la britannique HSBC comme premier groupe bancaire européen par la taille du bilan, envisage de se séparer de sa filiale de banque de détail basée en Californie dans une transaction pouvant valoriser Bank of the West jusqu'à 15 milliards de dollars (13,10 milliards d’euros), ont indiqué les sources.
A la mi-journée, le cours de l’action BNP Paribas progressait de 3,71% à 61,47 euros.
Selon ces sources, la transaction permettrait à Jean-Laurent Bonnafé, le directeur général de BNP Paribas, de lever des ressources financières pour son expansion en Europe où la Banque centrale européenne a appelé le secteur bancaire à la consolidation pour rattraper les banques américaines et chinoises en termes de rentabilité.
Les banques américaines JPMorgan et Goldman Sachs travaillent sur une cession de l’entité et ont travaillé en étroite collaboration avec BNP Paribas pour sonder l’appétit d'éventuels acquéreurs, ont ajouté les sources, précisant que les discussions ne faisaient que commencer et qu’il n'était pas certain qu’une transaction aboutisse.
JPMorgan, qui a conseillé la banque espagnole BBVA pour la vente de ses activités américaines à PNC Financial Services Group, a été la première banque conseil à être mandatée cet été, a précisé l’une des sources.
BNP Paribas n'était pas disponible dans l’immédiat pour commenter tandis que JPMorgan et Goldman Sachs ont refusé de commenter ces informations.
BNP Paribas a longtemps considéré PNC Financial Services comme un candidat idéal pour le rachat de Bank of the West et a été attirée par le prix payé pour l’acquisition des activités de BBVA qui a représenté 20 fois les bénéfices de 2019, a expliqué une source.
Petit groupe de repreneurs potentiels
Mais désormais, avec PNC Financial Services occupé à intégrer sa dernière acquisition, BNP Paribas se retrouve avec un plus petit groupe de repreneurs potentiels, qui comprend des banques canadiennes et des acteurs locaux américains.
La Banque Toronto-Dominion et la Banque de Montréal feraient partie des prétendants potentiels, tout comme KeyCorp, un groupe basé dans l’Ohio, ont précisé deux des sources.
La Banque Toronto-Dominion, qui a déjà des activités de banque de détails sur la côte est des Etats-Unis, dispose des ressources financières issues de la vente pour 26 milliards de dollars du courtier TD Ameriprise à Charles Schwab.
Et son directeur général Bharat Masrani a déclaré en mai que la banque était ouverte aux opportunités de fusion-acquisition.
De son côté, la direction de la Banque de Montréal a fait part de son souhait de développer la présence de la banque aux États-Unis et indiqué que le groupe serait en mesure de proposer à BNP Paribas une transaction en numéraire alors que KeyCorp devrait plutôt procéder à une transaction par échange de titres.
Royal Bank of Canada est quant à elle déjà propriétaire de City National Bank, le neuvième banque de Californie en termes de dépôts, selon les données de la Federal Deposit Insurance Corporation.
PNC Financial Services, la Banque de Montréal, la Banque Toronto-Dominion, KeyCorp et Royal Bank of Canada n'étaient pas disponibles dans l’immédiat pour commenter.
Le mois dernier, lors de la publication des résultats du troisième trimestre, Lars Machenil, le directeur financier de BNP Paribas, avait dit aux analystes que la banque gardait les « yeux ouverts » sur d'éventuelles opérations de consolidation pouvant concerner Bank of the West.
Plus d'articles du même thème
-
L’IA générative s’interpose de plus en plus entre la banque et ses clients
L’IA générative devient partie intégrante des prises de décisions des clients bancaires et les usages évoluent vite, bousculant les modèles d’affaires des banques de réseaux généralistes. Si elles n’intègrent pas rapidement des agents IA dans leurs parcours, ces derniers pourraient devenir de nouveaux concurrents. -
A son tour, Barclays annonce des suppressions d’emplois sous couvert d’IA
La banque britannique, pénalisée par le trading obligataire, publie des résultats trimestriels en demi-teinte. Elle annonce un nouveau programme de rachat d’actions à hauteur de 500 millions de livres sterling. -
Les banques françaises restent très dépendantes de leur marché domestique
Les groupes mutualistes, BPCE, le Crédit Agricole et le Crédit Mutuel, réalisent l’immense majorité de leurs revenus dans l’Hexagone. Les banques non mutualistes, BNP Paribas et la Société Générale, sont moins exposées mais la France demeure de loin leur premier marché alors que la situation du pays inquiète avec un taux souverain à dix ans qui vient de passer les 5%.
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Une panne de Google Cloud a paralysé Revolut et d'autres banques plusieurs heures
- La Société Générale rend 54 salariés de sa filiale titres à UniCredit en Italie
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Les OAT décrochent après les troubles en France
- Banquiers et assureurs activent les mesures d’urgence post-mouvements sociaux
Contenu de nos partenaires
-
EruptifEmmanuel Macron et Sébastien Lecornu face aux crises : comment trouver la sortie ?
Emmanuel Macron et Sébastien Lecornu doivent répondre aux revendications des lycéens et des syndicats alors que les violences peuvent à nouveau enflammer la France -
CitadelleA Orléans, le récit de « civilité » de Marine Le Pen et du RN à l’épreuve des tensions
Marine Le Pen a placé son lancement de campagne sous le signe de la « civilité », promettant concorde et apaisement. Mais les incidents se sont multipliés à Orléans -
EditoY a-t-il encore une place pour le camp des raisonnables ?
L'ignoble attentat raciste de Trappes a donné un tragique prolongement aux haines qui prospèrent dans une France polarisée et à bout de nerfs.