La transformation digitale des banques françaises peine à se faire sentir
Toutes les banques françaises ont engagé leur transformation numérique, à la fois en termes de processus et d’expérience client, mais les clients n’en perçoivent pas encore les résultats, selon un sondage réalisé fin 2017 auprès de 15.000 clients par le cabinet Bain et publié aujourd’hui. En 2017, leur net promoteur score (NPS), qui est la soustraction du pourcentage de détracteurs au pourcentage de promoteurs, est resté stable à -3%. Depuis six ans, le positionnement relatif des banques selon cet indicateur ne change pas. Les trois banques bénéficiant du meilleur NPS sont ainsi les mêmes depuis 2012 : ING Direct (avec un NPS de 45% en 2017), Boursorama (42%) et le Crédit Mutuel (16%). Presque toutes les autres ont plus de détracteurs que de promoteurs.
Or, malgré l’accent mis sur le digital par la profession, la principale raison pour laquelle les clients recommandent ou déconseillent une banque est la relation avec leur conseiller. Viennent ensuite la rapidité d’exécution des procédures et opérations, et les frais. En revanche, les services bancaires à distance, le réseau, et les produits et services influencent peu le fait qu’un client recommande ou déconseille sa banque.
En outre, lors des moments importants de contact avec le client, comme l’ouverture de compte, la souscription d’un produit d’épargne ou la renégociation d’un crédit immobilier, une réclamation ou la demande d’informations, peu de banques traditionnelles arrivent à se différencier aux yeux des clients : la majorité ont alors des NPS négatifs, à l’exception du Crédit Mutuel. «Avant de se diversifier vers de nouveaux univers de services, pour lesquels nous avons mesuré un intérêt en faveur de la banque chez près d’un tiers des clients, il faut avoir réglé au préalable tous les problèmes de qualité de service sur le cœur de métier», recommande Ada Di Marzo, associée chez Bain.
Un quart des clients se dit prêt à changer de banque dans l’année. Le taux d’attrition moyen du secteur a atteint 4,5% en 2017 contre 4,3% en 2016 alors qu’il était historiquement à 3%. «Les banques commerciales ont la plus forte fragilité de leur base de clientèle, qui se déclare de plus en plus mobile, commente Julien Bet, manager chez Bain. Elles doivent anticiper l’évolution de leur métier de stock vers un modèle qui intégrera davantage de flux et de mobilité». Les fintech restent néanmoins méconnues et très peu utilisées, sauf Paypal.
Plus d'articles du même thème
-
Le Crédit Agricole et UniCredit envisageraient de se partager l’italien Banco BPM
Les deux banques envisageraient une offre conjointe sur Banco BPM qui est déjà détenu à près de 30% par le Crédit Agricole et fait l’objet d’un projet de reprise par sa compatriote Monte dei Paschi. -
Wero engage sa seconde croisade en Europe, soutenu par BNP Paribas
Après le paiement entre particuliers, l'European Payments Initiative (EPI) s’attaque au marché des commerçants, en commençant par la vente en ligne, avec Wero for Merchants. Cette brique est déployée progressivement en Europe grâce à l’adhésion de grands groupes comme Decathlon ou Air France KLM. -
BNP Paribas s'engage sur cinq ans avec Google Cloud
Quelques mois après avoir signé avec Mistral, BNP Paribas cultive sa stratégie multicloud et multimodèle en signant un accord avec Google Cloud.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF a d’ores et déjà collecté plus qu’en 2025
- Le plan stratégique de la Société Générale fait la part belle à la réduction des coûts et à la croissance
- Le patron de BoursoBank prend du galon chez la Société Générale
- La Société Générale fait de BoursoBank sa figure de proue
- Emporté par le digital, Wakam fait une sortie de route
- Le scénario de vente de Cetelem en Espagne se précise
Contenu de nos partenaires
-
La Fabrique de l'OpinionPrésidentielle : « La modération est devenue inaudible »
Face à une succession de crises, la quête de protection des Français bouscule le jeu politique, poussant les partis traditionnels à imiter les extrêmes à l'approche du scrutin -
Crise des carburants : d'où vient le gazole que consomment les Français ?
Une éventuelle décision de Donald Trump de stopper les exportations américaines de pétrole raffiné fait craindre à la France, qui importe la moitié de son diesel, une flambée des prix qui pourrait atteindre 3,90 euros le litre -
Mystification« Le pacifisme dévoyé de Jean-Luc Mélenchon fait le jeu de Vladimir Poutine »
Sous couvert de prévenir toute escalade, le leader insoumis « s'accommoderait parfaitement d’une annexion de l’Ukraine et se place du côté de l’agresseur russe », analyse Philippe Marlière, politiste à l’Université de Londres et spécialiste des gauches