Syz va doubler de taille en gestion de fortune en rachetant RBC Suisse
Connu pour sa gamme de fonds Oyster, Syz & Co veut aussi se faire un nom en gestion privée. La banque suisse a annoncé mardi le rachat de Royal Bank of Canada (Suisse) SA, branche genevoise de la banque canadienne du même nom. Syz atteindra environ 22 milliards de francs suisses (21 milliards d’euros) d’actifs dans la banque privée, en ajoutant à ses encours les 10 milliards gérés par RBC Suisse à fin octobre 2014. A la clôture de l’opération fin août, l’établissement entrera dans le top 20 de la gestion privée helvétique et portera ses encours totaux à près de 40 milliards de francs (y compris la gestion d’actifs).
Syz rejoindra aussi le club des consolidateurs locaux. Au premier rang figure UBP, qui a repris la banque privée genevoise d’ABN Amro, la gestion de fortune internationale de Lloyds Banking Group et enfin Coutts International auprès de Royal Bank of Scotland. Le zurichois Julius Baer a de son côté racheté les activités non américaines de Merrill Lynch, tandis que Safra Sarasin a acquis la partie suisse de la banque privée de Morgan Stanley.
Par ces acquisitions, les acteurs petits et moyens veulent diversifier leur clientèle et améliorer leur rentabilité, à l’heure où la gestion privée suisse subit de fortes pressions, notamment dans le cadre du programme de régularisation des comptes non déclarés de résidents américains. Syz, qui n’a pas souhaité participer à ce dispositif, espère récupérer «environ 80% des encours des clients» de RBC selon son co-fondateur Eric Syz, et s’ouvrir ainsi à l’Amérique du Sud, à l’Afrique et au Moyen-Orient.
De leur côté, certaines grandes banques internationales se délestent d’actifs suisses jugés peu stratégiques ou qui pourraient nuire à leur réputation. Pour RBC, la transaction avec Syz s’inscrit dans le cadre du recentrage de sa gestion de fortune sur l’Amérique du Nord, les Iles britanniques et l’Asie. Avec 704 milliards de dollars d’encours, la banque canadienne occupe la cinquième place mondiale du secteur, selon le classement du cabinet Scorpio Partnership à fin 2014.
L’an dernier, RBC Suisse employait 159 personnes et a dégagé un résultat net de 9,9 millions de francs (+3,3%) sur son exercice clos fin octobre, selon son rapport annuel. Les profits de Syz, qui compte 440 salariés, ont en revanche chuté de moitié, à 13,2 millions. Sa cible lui aurait coûté de 150 à 200 millions de francs, indiquait fin juin le site Finews. Syz n’a pas confirmé ce chiffre et ne détaille pas les synergies attendues.
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