Sur la question des changes, Mario Draghi appelle à la discipline verbale la plus stricte
Se garder d’attiser toute polémique sur les changes. C’est le message lancé par le président de la BCE, Mario Draghi, lors de la réunion du G20 à Moscou, tel qu’il l’a rapporté hier devant la commission des Affaires économiques et monétaires du Parlement européen. «J’ai enjoint à toutes les parties présentes d’adopter une discipline verbale très très stricte», a-t-il expliqué, car «moins nous en parlons, mieux ça vaut». Le cafouillage autour de la publication du communiqué du G7 la semaine dernière a marqué les esprits. Ce week-end, le G20 s’est abstenu de viser directement les effets de la politique ultra-accommodante du Japon sur sa monnaie, se contentant d’exclure le recours à des dévaluations compétitives.
«Les taux de change doivent refléter les fondamentaux», a-t-il rappelé, ajoutant «qu’il s’agisse du taux de change nominal ou réel de l’euro, nous voyons que, en gros, nous sommes autour des moyennes à long terme». «Nous devrons analyser dans nos prochaines projections si le taux de change a eu un impact sur notre profil inflationniste, car c’est toujours à travers la stabilité des prix que nous traitons de questions comme celle-là», a-t-il poursuivi. L’institut d'émission anticipe un taux d’inflation à 1,6% cette année et à 1,4% l’an prochain.
Sur le fond, reprenant à son compte la position du G20, Mario Draghi a indiqué que «le taux de change ne fait pas partie des objectifs de politique (monétaire) mais est important pour la croissance et la stabilité des prix.» Et refusant toute tentation de polémiquer, il a estimé que «la plupart des mouvements que nous avons vus sur les taux de change n'étaient pas ciblés explicitement, ils résultaient de politiques macroéconomiques nationales destinées à renforcer l'économie. En ce sens, je trouve vraiment excessive toute référence à une guerre des monnaies.»
Questionné sur la conjoncture en zone euro, Mario Draghi a indiqué que les dernières données faisaient état d’une certaine «faiblesse» au début de 2013 et qu’une «reprise très graduelle» devrait suivre plus tard dans l’année. «Le problème de politique numéro un à l’heure actuelle» est de s’assurer que les taux bas atteignent les entreprises et les ménages. «Nous continuerons d'étudier les moyens de renforcer la transmission avec l'économie réelle», a-t-il conclu.
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