State Street et BlackRock sont épinglés sur la gestion de leurs commissions
Les géants de la gestion d’actifs auraient-ils profité de leur position dominante pour accaparer une partie des profits réalisés par leurs clients sur leurs activités de prêts de titres? BlackRock, qui possède 3.800 milliards de dollars d’actifs sous gestion, est sous le coup de deux plaintes déposées par des fonds de pension américains locaux qui lui reprochent sa politique de gestion des commissions, jugées «excessives» et «bien plus élevées» que celles pratiquées par les autres agents de prêts du secteur, sur ses ETF de la gamme iShares cotés sur le marché américain.
Selon les plaignants, sa filiale BlackRock Institutional Trust Company aurait ainsi capté 40% des gains réalisés sur les prêts de titres. Dans le viseur de la plainte déposée à la Cour de justice de l’Etat du Tennessee : BlackRock, iShares et neuf dirigeants, dont les présidents des deux sociétés, qui auraient «violés systématiquement leur devoir fiduciaire» en créant des structures de commission qui «génèrent des conflits d’intérêts sous-jacents». BlackRock a perçu 397 millions de dollars de commissions sur ce segment en 2012, contre 325 millions sur 2011.
Un cas qui ne semble pas isolé puisque State Street est également visé par une plainte déposée par trois fonds qui estiment que le gérant aux 2.100 milliards de dollars d’actifs sous gestion aurait accaparé «une part exorbitante» des gains sur les activités de prêts de titres, entrainant ainsi des «pertes massives» qui se chiffrent en « centaines de millions de dollars» pour les investisseurs concernés.
Les plaignants font également état d’une commission perçue par State Street de 50% qui «dépasse largement les standards du secteur». Le gérant aurait ainsi touché «des commissions pour la gestion des titres nettement plus élevées que celles collectées auprès d’autres investisseurs institutionnels qui ont négocié des commissions pour les prêts de titres dans le cadre d’une transaction effectuée dans des conditions de concurrence normales», précise la plainte.
L’autorité européenne de régulation des marchés (Esma) a déjà tenté de faire le ménage en imposant, à partir du 18 février, aux gérants de retourner aux investisseurs la totalité des revenus dégagés sur les activités de prêts de titres, nets des coûts opérationnels. Vanguard et HSBC ont déjà anticipé cette directive en indiquant que l’ensemble de leurs gains seraient rendus aux investisseurs.
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