S&P enfonce la note chypriote à un niveau proche du défaut technique
Chypre est au bord du gouffre. Et S&P a enfoncé cette nuit, pour la troisième fois depuis août, encore davantage le pays dans la catégorie spéculative, en abaissant sa note souveraine de deux crans, à CCC+, l’agence étant toujours dans l’attente d’un plan de sauvetage financier à deux mois de l'élection présidentielle. S&P déplore la lenteur des négociations avec la troïka depuis que Chypre a demandé un soutien financier, alors que la solvabilité du pays ne cesse de se détériorer, avec un financement à court terme «de plus en plus vulnérable». Le gouvernement aurait même dû puiser 250 millions d’euros dans les fonds de pension d’organismes publics pour payer les salaires de décembre.
Hier, le Süddeutsche Zeitung indiquait que le FMI conditionnerait sa participation à un plan d’aide à Chypre, qui doit être finalisé d’ici fin janvier, à un effacement partiel de la dette. Le fonds estime qu’à défaut, le pays ne sera toujours pas en mesure de faire face aux intérêts de sa dette, même après que les réformes exigées auront été appliquées. Certains Etats membres de la zone euro seraient opposés à un effacement de la dette, parce qu’il avait été promis, lorsque la Grèce avait restructuré sa dette, qu’il s’agirait d’un cas unique.
Un argument qui refroidit le système financier qui ne semble pas prêt à encaisser une deuxième décote et qui craint surtout une escalade. «La dislocation économique serait sévère et le remède pourrait s’avérer pire que la mal», a indiqué à Bloomberg Hung Tran, haut responsable à l’Institute of International Finance (IIF) qui rassemble les principales institutions financières du monde. «Si les dirigeants s’accordent à ce que Chypre s’engage dans un PSI (participation volontaire des créanciers privés), ça remettrait en cause leur propre crédibilité et augmenterait clairement les risques de crédit sur les programmes des autres pays de la zone euro» ajoute Hung Tran.
Si S&P salue les coupes budgétaires conséquentes du budget 2013 malgré des prévisions de recettes trop optimistes, la crise chypriote reste bancaire. S&P estime que la dette publique dépasserait largement les 100% de son PIB si le gouvernement devait assurer le coût de la recapitalisation des banques, estimé à 95 milliards d’euros. Nicosie estime ses besoins à 17 milliards sur quatre ans pour soutenir son économie et ses banques, soit environ un an de PIB de l'île.
Plus d'articles du même thème
-
Apple retarde le lancement de Siri AI dans l'Union européenne
Apple ne lancera pour l’instant Siri AI ni en Europe, ni en Chine, a annoncé le groupe lors de sa conférence annuelle des développeurs, lundi 8 juin, évoquant une fois de plus son désaccord avec les réglementations européennes récentes. -
Janus Henderson se renforce dans les actifs privés en rachetant l'allemand Rantum Capital
Après Victory Park Capital aux Etats-Unis et NBK Capital Partners au Moyen-Orient, le gérant d'actifs établit une tête de pont européenne avec l'acquisition d'un spécialiste du midmarket germanophone. -
Technip, Airbus, Safran et Tereos initient un projet de carburants d'aviation durables à Dunkerque
Le programme, dont la décision finale d'investissement n'a pas encore été prise, vise une production à terme de 160.000 tonnes de carburants à partir d'éthanol. -
Les valeurs de «qualité» sont prêtes à prendre leur revanche
Les écarts de valorisation laissent entrevoir que les actions non américaines pourraient bientôt bénéficier d'un vent favorable en faveur des titres de qualité. -
Le conflit au Moyen-Orient pourrait peser sur les perspectives 2026 du CAC 40
A l’issue du premier trimestre, et du premier mois de guerre en Iran, les trois quarts des sociétés de l’indice estiment être peu ou pas exposées à ce conflit. Les autres en pâtissent déjà ou au contraire y voient des opportunités. -
Portée par l'IA, la Chine a enregistré une forte hausse de ses exportations en mai
Les échanges commerciaux du pays ont accéléré le mois dernier malgré la guerre en Iran, grâce notamment aux produits de haute technologie et à l'automobile.
ETF à la Une
WisdomTree rejoint la course aux ETF spatiaux en Europe
- Derrière l’affaire Uzès Gestion, la délicate question de la direction de fait
- La stratégie d'investissement de détail européenne provoque une poussée de fièvre côté français
- L'allègement du reporting ESG divise à Bruxelles
- Greystar boucle le plus grand fonds résidentiel européen value-add
- RockFi s'appuie sur BlackRock pour démocratiser la personnalisation du conseil
Contenu de nos partenaires
-
SNCF : l'aiguillage compliqué de la communication de grève
Le replay de «Voyage en absurdie», la chronique matinale d’Emmanuelle Ducros sur Europe 1 -
Comique de répétitionKarim Bouamrane candidat à la présidentielle, le syndrome du « pourquoi pas moi ? »
Avec la déclaration du maire PS de Saint-Ouen, un prétendant de plus s’invite dans la course à l’Elysée. L’embouteillage de candidatures est tel dans l’espace social-démocrate que chacun s’autorise une sortie de route -
Nathalie Kosciusko-Morizet : « La souveraineté ne se mesure plus en frontières mais en unité de calcul »
Dans un monde de rapports de force, imiter les plus puissants n’est pas une stratégie de puissance. C’est une trajectoire de soumission, estime Nathalie Kosciusko-Morizet