Rome et Madrid bousculent le sommet européen
L’ordre du jour du sommet européen entamé hier à Bruxelles a été chamboulé sous la pression de l’Italie et de l’Espagne. Mario Monti et Mariano Rajoy, leurs premiers ministres respectifs, ont obtenu, après avoir menacé de ne pas donner leur aval au «pacte pour la croissance et l’emploi» agréé de longue date, des mesures de protection à court terme pour réduire la pression des marchés. La BCE érigée en superviseur bancaire et en agent du Fonds de stabilité, sort très renforcée de ce compromis.
Mario Monti a réussi à soustraire son pays à un programme complet de réformes semblables à celles en cours en Irlande ou au Portugal, tout en aménageant la possibilité pour le Fonds (FESF) et son successeur le Mécanisme de stabilité (MES) d’intervenir sur le marché primaire pour freiner la spéculation sur la dette italienne. «Ce n’est pas un programme mais un memorandum of understanding» qui récapitule tous les efforts entrepris par Rome et son respect des recommandations faites par Bruxelles dans le cadre des règles «normales» de gouvernance, a expliqué le Premier ministre italien après la réunion. En pratique, c’est le groupe de travail sur l’euro, composé des directeurs du Trésor des Dix-Sept qui doit préciser dans les prochaines semaines les modalités d’intervention du FESF et du MES. «Il faut mettre de la chair sur tout cela. C’est ambitieux mais possible. Nous espérons disposer des procédures pour l’été», a dit Thomas Wieser, le secrétaire général du groupe. Pour ces opérations, la Banque centrale européenne agira comme agent du Fonds.
Du côté espagnol, la satisfaction n’était pas moins grande. Le principe d’une recapitalisation des banques par le MES est acquis, sous une réserve de taille: la mise en place d’une supervision intégrée au niveau de la zone euro sous l’égide de la BCE, conformément à l’article 127.6 du traité. L’Espagne commencera donc, dans le cadre du MoU en cours de négociation, par «un programme de recapitalisation classique». Mais dès le transfert du programme à l’autorité de supervision centrale, la dette publique induite «serait rapidement retirée du souverain», a encore indiqué Thomas Wieser.
Le sommet reprendra ce vendredi matin avec, en ligne de mire, un triple résultat: l’accord sur des mesures de court terme trouvé cette nuit, l’adoption du «Pacte pour la croissance et l’emploi» de 120 milliards d’euros, dont les grandes lignes avaient été esquissées à Rome la semaine dernière, et enfin un mandat au groupe des quatre présidents (Commission, Conseil, BCE et Eurogroupe) pour accélérer leurs travaux sur la fédéralisation de l’Union économique et monétaire. Ils devront présenter un rapport d’étape au sommet d’octobre.
François Hollande a rappelé hier sur ce point sa ligne : «à chaque étape de l’intégration doit correspondre un niveau approprié de solidarité». Cette «intégration solidaire» comprend la création d’un «trésor européen capable d’emprunter et de mutualiser la dette ». Et d’ajouter à l’adresse de Berlin, qui appelle à un renforcement du contrôle central sur les budgets : «on ne fait pas de transferts de souveraineté simplement pour se déposséder,... l’union politique qui pour l’instant est évoquée n’a pas de contenu». Il a également souligné que les travaux des quatre devaient être menés au niveau «des dix-sept et avec les pays qui ont vocation à entrer dans la zone euro» et non à vingt-sept comme actuellement.
Plus d'articles du même thème
-
Ares Management surfe sur l’engouement pour l’asset-based financing
En moins de six mois, la société d’investissement boucle le plus important fonds dans cette stratégie, à 8,5 milliards de dollars. L’enveloppe globale atteint 12,7 milliards de dollars. -
Le Comité consultatif du secteur financier vante l’exception française dans le crédit immobilier
Le modèle hexagonal qui repose sur une combinaison taux fixe et solvabilité des emprunteurs plutôt que sur le tandem taux variable et valeur du bien est défendu. Pour le grand bonheur des banques. Le comité écarte toute idée de changement et alerte sur les risques liés au futur cadre prudentiel européen. -
Vanguard mise sur Manchester
Vanguard, le deuxième plus grand gestionnaire au monde, compte sur son bureau de Manchester pour soutenir sa croissance au Royaume-Uni, rapporte Financial News. -
Janus Henderson crée ses propres outils avec Anthropic
Janus Henderson mise sur une IA sur mesure développée avec Anthropic et Percepta pour révolutionner ses méthodes d’investissement et de relation client -
Guinness Global Investors annonce l’acquisition de Foresight Capital Management
Le gestionnaire d’actifs britannique va notamment récupérer onze stratégies, dont celles qui couvrent les actifs réels et les fonds durables et à impact. -
Praemia REIM recrute sa directrice du pôle commerce, résidentiel et hôtellerie
Prune Perreau-Saussine, en provenance du Groupe Casino, supervisera un portefeuille immobilier de 6,2 milliards d’euros d’encours sous gestion, représentant près de 19 % des encours de la société.
ETF à la Une
BlackRock lance à son tour un ETF arrimé à l’économie spatiale
- La stratégie d'investissement de détail européenne provoque une poussée de fièvre côté français
- BlackRock lance à son tour un ETF arrimé à l’économie spatiale
- L'allègement du reporting ESG divise à Bruxelles
- Jean-Baptiste Delabare (Montpensier Arbevel) : «La fusion nous a apporté une diversification que nous n'avions pas»
- Capital Group s'apprête à lancer ses ETF actifs en Europe
Contenu de nos partenaires
-
VoyagesOù partir en train de nuit cet été ?
Les trains de nuit connaissent actuellement un véritable retour en grâce. Voici quelques idées pour des périples qui invitent à l’évasion et prônent le temps lent. -
La Norvège au fil de l’eau
Les croisières hors des sentiers battus séduisent de plus en plus. Ceux qui goûtent peu des Caraïbes mettent le cap sur les pays nordiques. L’occasion pour le pure player Hurtigruten de tirer son épingle du jeu. -
Tribune libreL'Europe de l'IA : il est temps d’exécuter à grande échelle
L'intelligence artificielle n'est plus une promesse. Elle est devenue une infrastructure stratégique de croissance, de compétitivité et de souveraineté