L’indice sous-jacent a un peu ralenti, potentiellement sous l’effet de moindres hausses de salaires.
Publié le
Fabrice Anselmi
Sur un mois, l’inflation américaine a crû de 1,2% en mars.
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L’indice des prix à la consommation (CPI) a encore augmenté en mars aux Etats-Unis pour atteindre 8,5% sur un an, un nouveau sommet depuis 1981 après 7,9% en février, selon les chiffres publiés mardi par l’US Bureau of Labor Statistics (BLS). Sur un mois, l’inflation a crû de 1,2% en mars, après 0,8% en février, également la plus forte augmentation mensuelle depuis 2005.
Mais cette hausse de l’indice pouvait difficilement surprendre tant on savait qu’il serait titré par la flambée des prix de l’énergie et de l’alimentation. Avec +11% sur un mois et +32% sur un an (et une pondération de 7,5% dans l’indice global), l’énergie représente toujours le principal facteur de hausse. A elle seule, l’essence voit son prix bondir de 18,3% sur un mois et 48% sur un an. L’impact aurait dû s’atténuer à partir du mois prochain, du fait d’un effet de base par rapport à 2021, sans la guerre en Ukraine. Les prix de l’électricité, qui avaient commencé à caler en février (-1,1%), sont repartis à la hausse en mars (+2,2%). Les prix de l’alimentation ont représenté un autre moteur de l’inflation, avec une hausse de 1% sur un mois et 8,8% sur un an.
Les effets de «second tour» sont désormais évidents sur un an avec une inflation CPI sous-jacente (hors énergie et alimentation) de 6,5%. Mais celle-ci «a été inférieure de 0,1% aux attentes et n’a augmenté que de 0,3% d’un mois à l’autre – un plus bas depuis septembre -, ce qui suggère un léger relâchement des pressions inflationnistes en mars», remarque Erik Norland, économiste senior chez CME Group. Le prix des voitures d’occasion, très suivi en 2021, a baissé de -3,8% sur un mois, après -0,2% en février (+35,3% sur un an) – et même de -5,4% sur deux derniers mois pour l’indice Mannheim. Le BLS signale encore des problèmes d’approvisionnement dans divers secteurs, maisles prix desbiens durables plus globalement commencent à diminuer pour la première fois depuis juin 2020.
Les prix des services de base ont continué à grimper, de +0,6% sur un mois, la plus forte augmentation mensuelle depuis août 1992, et 4,7% sur un an. Ils sont tirés sur ce mois par les transports et toujours par le logement qui pèse pour 33% de l’indice et verra petit à petit les variations à l’achat se répercuter sur celles à la location.
«Pricing power»
La guerre russo-ukrainienne conduira donc à un pic d’inflation plus élevé, a priori dans les tout prochains mois, mais aussi à une très lente descente pour la fin d’année. «Les pressions sur les coûts restent intenses et les entreprises ont un pouvoir de fixation des prix (…), même les petites entreprises, pour l’instant en mesure de les répercuter sur les clients. Une petite augmentation du taux annuel est encore possible, mais nous espérons que le pic du CPI est proche», note James Knightley, chef économiste d’ING. Il craint des pressions salariales sur un marché de l’emploi toujours très tendu, même si la hausse des salaires a plutôt calé en février et en mars.
La spécialiste des Etats-Unis chez Oxford Economics, Kathy Bostjancic, prévoit «une hausse globale des prix à la consommation pour atteindre un pic proche de 9% en mai, puis pour terminer l’année toujours au-dessus de 5%».
Les pressions sur les prix confortent les anticipations des marchés de swaps de taux selon lesquelles la Fed augmentera désormais le taux directeur de 50 points de base (pb) à chacune des réunions de mai, juin et juillet, pour un resserrement d’au moins 200 pb cette année. Pour autant, les rendements des Treasuries ont reculé après la parution des statistiques, de 2,84% à 2,71% à 10 ans et de 2,56% à 2,36% à 2 ans.
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L’activité privée a même chuté en zone dangereuse en mai pour l’Hexagone, notamment pour l’indice PMI «flash» des services (42,9), tandis que le secteur manufacturier est retombé en territoire de contraction. La situation est un peu moins préoccupante en Allemagne.
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