La France doit encore s’attaquer à la montagne des dépenses publiques
Neuf ans plus tard, la France va sortir de sa procédure de déficit excessif. La Commission européenne l’a proposé hier, comme attendu, alors que le déficit français est tombé l’an dernier à 2,6% du produit intérieur brut. Il reste aux ministres des Finances de l’Union européenne à endosser cette décision lors de leur réunion de juin. L’Espagne sera alors le seul et dernier pays en procédure de déficit excessif.
Pour Paris, où l’on reconnaît avoir été surpris l’an dernier par la vigueur de la croissance, le plus dur commence : agir davantage sur les dépenses et le déficit structurel.
Pierre Moscovici, le commissaire européen aux Affaires économiques et financières, et ancien locataire de Bercy, s’est voulu hier rassurant : «Nous n’aurions pas proposé la sortie de la procédure de déficit excessif si nous n’avions pas non seulement la conviction mais aussi la tranquille certitude que non seulement la France avait réduit son déficit public de manière solide à 2,6%, mais que cette correction serait durable aussi bien en 2018 qu’en 2019 même dans l’hypothèse de certains one off.» Parmi ces derniers, la transformation du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) en baisses de charges.
Début juin, les experts du comité action publique 2022 devraient remettre à Matignon un rapport – un de plus – sur les économies possibles dans la sphère publique. Le chantier est immense, comme l’a rappelé hier la Cour des comptes dans son rapport sur l’exécution budgétaire de l’Etat en 2017. Le déficit de l’Etat – hors collectivités locales et comptes sociaux, donc – «reste supérieur de près de 22 milliards d’euros au niveau qui permettrait de stabiliser la dette», notent les sages de la rue Cambon.
Dans un avis paru le même jour, le Haut Conseil des finances publiques relève que l’amélioration de 0,3 point du déficit structurel en 2017, à 2,2%, s’explique entièrement par la croissance des prélèvements obligatoires et leur élasticité au PIB (1,4 fois). Bruxelles attend 0,6 point d’amélioration par an. L’effort structurel, qui rend compte de l’action des pouvoirs publics, a même été légèrement négatif (-0,1 point). Le nouveau gouvernement a certes dû apurer en urgence les mauvais comptes de la précédente mandature. «Nous avons ouvert des chapitres difficiles dans le budget 2018, avec la baisse des contrats aidés et les mesures sur le logement», plaide-t-on également du côté de Bercy.
Plus d'articles du même thème
-
La France est rappelée à l’ordre par l’Union européenne
Le paquet de printemps du Semestre européen 2026 met la France en face de réalités difficiles et formule des recommandations pour améliorer sa compétitivité et retrouver la maîtrise de ses finances publiques. -
L’indépendance des banques centrales a progressé dans les pays émergents
Au Moyen-Orient, en Asie centrale et dans le Caucase, la politique monétaire est devenue plus efficace au fur et à mesure que les banques centrales consolidaient leur indépendance. Un constat dressé par le FMI qui propose aussi quelques pistes de renforcement. -
La France s’attend à la clémence de S&P
Ni le déficit budgétaire, ni l’instabilité politique, ni même la dégradation de l’économie mondiale liée à la crise au Moyen-Orient ne devraient trop peser sur la notation de l’agence, qui sera dévoilée vendredi.
ETF à la Une
WisdomTree rejoint la course aux ETF spatiaux en Europe
- L'extravagante valorisation de SpaceX suscite le vertige
- Les banques affûtent leur stratégie de conquête dans l’immobilier
- Airbus se dirige vers un deuxième trimestre réjouissant
- La stratégie d'investissement de détail européenne provoque une poussée de fièvre côté français
- Des manquements déclaratifs pourraient coûter 1,8 million d’euros à Bourse Direct
Contenu de nos partenaires
-
Défausse ou défense ?Affaire Lyhanna : Gérald Darmanin renvoie les magistrats à leurs responsabilités
« S’il y a eu des défaillances, il y aura des sanctions », a prévenu le ministre de la Justice, lundi. Encore faudra-t-il qualifier ces éventuelles fautes -
Affaire Lyhanna, justice criminelle : Gérald Darmanin sur tous les fronts
L'examen du projet de loi sur la justice criminelle a débuté lundi à l'Assemblée nationale, par l'audition en commission des Lois du ministre. Au cœur des critiques que suscite l'affaire Lyhanna, le garde des Sceaux doit désormais s'assurer de l'adoption d'un texte dont le contenu crée la polémique depuis sa présentation -
Noir, c'est noirRetraites : l'avenir s'assombrit encore
Les derniers calculs du Conseil d'orientation des retraites aggravent le solde du système, avec un dérapage du déficit à 2,4 points de PIB en 2070