La France entrevoit la fin de sa procédure de déficit excessif
Après près de dix années comme lanterne rouge de l’Europe, Paris voit enfin s’approcher une possible sortie de la procédure de déficit excessif (PDE). La Commission européenne, qui publie aujourd’hui ses «prévisions économiques de printemps», devrait confirmer que le déficit public est bien passé en dessous des 3% du PIB en 2017, et que cette baisse s’inscrit dans une «perspective durable». Si ces conditions sont remplies, l’exécutif proposera alors formellement le 23 mai la fin de cette procédure. Il ne manquera qu’une seule étape : la validation définitive par les ministres des finances, sans doute dès leur réunion Ecofin du 22 juin.
Il était temps. La procédure a en effet été lancée en 2009. La décision adoptée alors par les ministres des finances constatait un déficit à 3,2% du PIB pour 2008, et attendu à 5,4% pour 2009. A l'époque, le Conseil Ecofin avait intimé à Paris un retour à la normale pour 2012. Mais Paris a raté l'échéance de 2012, et même la suivante – fixée à 2015 par l’Ecofin. Les chose se sont tendues alors, et Bruxelles envisageait sérieusement des sanctions. Le commissaire européen Pierre Moscovici – le ministre des Finances qui s’est montré incapable de résorber le déficit – a pesé pour donner un délai supplémentaire. Le dernier, insistait-on toutefois à Bruxelles, où l’on s’inquiète d’un effort minimal de Paris qui vise à peine 2,8 ou 2,9%.
La validation d’Eurostat, qui a récemment confirmé le chiffre de 2,6%, a donc été accueillie avec soulagement. Surtout qu’entre-temps, presque tous les pays ont quitté la procédure – notamment le Portugal, l’Italie, et même récemment la Grèce. En plus de la France, seule l’Espagne est encore en déficit excessif.
Tout n’est pas fini pour autant. Il faudra faire un effort sur la dette publique – qui dépasse encore largement les 60% autorisés par les règles européennes. Ensuite, la question du déficit structurel reste en suspens : les règles européennes prévoient que la France en fasse au moins 0,6% par an, alors que Bercy vise à peine 0,1% en 2018 et 0,3% en 2019.
Pierre Moscovici a tenté de désamorcer le second problème l’année dernière, en évoquant une «marge d’appréciation de la Commission» pour apprécier l’effort structurel. Mais l’initiative n’a pas été très bien vue des «faucons» budgétaires, qui ont immédiatement appelé au strict respect des règles.
Plus d'articles du même thème
-
Une aide à l’enfance bien calibrée réduit les dépenses publiques à terme
Dans un nouveau rapport, l’OCDE montre comment diverses mesures de soutien aux familles améliorent la santé et les résultats scolaires des enfants, ainsi que le taux d’emploi des parents. -
La dette française est sous la pression croissante des investisseurs
L’écart entre le taux 10 ans de la France et celui de l’Allemagne a dépassé 150 points de base au lendemain de la présentation du budget 2027. Un début de fragmentation s’est opéré avec une fuite des investisseurs vers la dette allemande, notamment de court terme, rappelant la crise de l'euro en 2012. Le positionnement vendeur sur la dette française fait craindre une pression persistante. -
Paris cherche à préserver un vernis de crédibilité budgétaire
Pour éviter que les taux s’emballent et ne pèsent encore davantage sur les coûts de financement de la dette, le gouvernement a présenté son budget 2027 avec 43 milliards d’euros d’économies et hausse d'impôts largement réparties, mais préservant les investissements dans la défense.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF engrange 127 milliards d’euros au troisième trimestre 2026
Contenu de nos partenaires
-
Global BritainQui est « Frankie », la discrète première dame du 10 Downing Street ?
Première étrangère à s'installer au 10 Downing Street, Marie-France van Heele cultive l'ombre auprès de son mari Andy Burnham. La militante socialiste a adopté la maxime de l’époux de Margaret Thatcher, « être présent sans jamais être là » -
« 75 000 CDI en moins » : comment l'IA freine l'embauche des jeunes en France
Une note conjointe de la Banque de France et d'HEC pointe un gel inédit des embauches de débutants depuis l'essor de l'IA générative -
L'Odyssée de l'IAAnton Osika et Fabian Hedin (Lovable) : la success story européenne qui rend le code accessible à tous
Portée par ses fondateurs suédois, la pépite valorisée à plus de treize milliards de dollars snobe la Silicon Valley pour imposer son modèle souverain et séduire les mastodontes du Fortune 500