Porto Rico fait face à un défaut imminent sur sa dette souveraine
Une simple échéance de 58 millions de dollars (52,7 millions d’euros) est sur le point de provoquer un défaut de paiement de Porto Rico, île disposant d’un statut d’Etat libre associé aux Etats-Unis. Lors d’une conférence de presse vendredi soir, Victor Suarez, chef de cabinet du gouverneur Alejandro Garcia Padilla, a déclaré que cette somme, qui correspond à remboursement obligataire due par l’agence «Public Finance Corp», ne serait pas payée à la date prévue du 1er août car les autorités «ne disposent pas des fonds nécessaires» pour s’en acquitter.
Cette agence, dont la dette atteint un milliard de dollars, a emprunté afin d’équilibrer le budget gouvernemental, les parlementaires de l’île des Caraïbes ayant volontairement fait l’impasse sur cette échéance dans le budget annuel afin de privilégier le financement des dépenses sociales. Les détenteurs de ces obligations disposeront de recours limités, car ces titres ne sont pas garantis par les règles du Commonwealth. Une autre échéance de 169,6 millions de dollars, également due samedi, a été payée par l’établissement public «Government Development Bank».
Alejandro Garcia Padilla avait surpris les investisseurs fin juin en indiquant que la dette de l’île, qui totalise 72 milliards de dollars, avait besoin d’être restructurée, après des années d’emprunts inconsidérés. Des millions de retraités américains, séduits par les rendements importants des titres portoricains, ont souscrit à ces emprunts dont le montant a doublé en dix ans.
Une défaillance de Porto Rico serait la plus importante depuis celle de Detroit en 2013. Il s’agirait d’une première pour l’île, qui n’a jamais fait défaut sur le remboursement du principal ou des intérêts de sa dette. Seule une loi votée au Congrès peut lui accorder le régime du «Chapitre 9», qui l’autoriserait à faire faillite. Washington a déjà fait savoir que le Trésor américain n’entendait pas financer un plan de sauvetage de l’île.
Ce défaut constituerait le révélateur de «la faiblesse de la capacité et de la volonté du gouvernement à payer», juge Timothy Blake, responsable des émetteurs souverains chez Moody’s. Le pays conserve toutefois un mince espoir d’éviter une telle issue. Selon les termes de la dette concernée par les échéances de samedi, un paiement tombant durant un week-end peut en effet être effectué le jour ouvré suivant. Les autorités locales devraient donner plus de précisions après la réunion cet après-midi d’un groupe de travail sur le sujet.
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