Plusieurs moteurs jouent sur l’appréciation de l’euro
Les évolutions de parités de changes, si elles restent difficiles à prévoir, sont principalement liées à deux facteurs : les variables économiques, telles que les différentiels de croissance, de prix, de taux d’intérêt, les balances courantes d’une part, et les flux d’autre part.
Du côté des variables économiques, la zone euro affiche indéniablement une balance courante largement excédentaire. Le graphique montre en effet un excédent des paiements courants supérieur à 2 points de PIB, pour la première fois depuis la création de la zone. Fait intéressant également, c’est la balance commerciale qui contribue majoritairement à cet excédent, cette dernière s’étant nettement améliorée sous l’effet de la «purge» d’après-crise qui a abouti au net ralentissement, voire à la contraction de la demande interne dans certains pays de la zone et donc un net ralentissement des importations. Ainsi, la hausse de l’euro ne serait-elle que la traduction mécanique d’un solde commercial et des paiements courants positifs et en progression?
Sans doute pas uniquement. Les flux semblent en effet avoir joué un rôle moteur dans l’appréciation de la devise européenne au cours des 12 à 18 derniers mois. A la suite des anticipations puis de la mise en application effective du «tapering» de la Réserve Fédérale américaine, les flux des investisseurs internationaux se sont largement orientés vers les marchés des actions européens : mais aussi et surtout des obligations, notamment des pays périphériques.
Si la BCE ne s’exprime pas officiellement sur le niveau de la devise, il est clair que le niveau actuel de l’euro ouvre la porte à une action de la banque centrale, qui pourrait trouver ici un outil très utile pour reflater l’économie européenne par une dépréciation de la devise.
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