Pershing Square monte en puissance dans le secteur des hedge funds
En dix ans, le fonds activiste de Bill Ackman a porté ses encours à 13 milliards de dollars. Il pourrait gagner un milliard dans le dossier Allergan
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Alexandre Garabedian
L’offre de Valeant sur Allergan, le fabricant du Botox, fait déjà un heureux. Pershing Square, le hedge fund dirigé par l’investisseur activiste Bill Ackman, serait en passe de réaliser une plus-value potentielle d’un milliard de dollars sur les 9,7% qu’il détient dans le laboratoire pharmaceutique. Un succès à la mesure de la dimension prise ces dernières années par le fonds d’arbitrage.
En début de semaine, le fonds long/short a dévoilé l’acquisition de 25,4 millions d’actions Allergan, en direct et à travers des options, pour 3,22 milliards de dollars, soit un prix moyen d’environ 126,7 dollars. L’offre de Valeant, constituée de 48,3 dollars en numéraire et de 0,83 titre de l’acquéreur pour chaque action de sa cible, valorisait celle-ci à environ 160,7 dollars au cours de clôture de mardi. Pershing Square a par ailleurs souscrit un contrat forward portant sur 3,45 millions d’actions Allergan à 140,37 dollars, lui aussi générateur de gains.
Bill Ackman est apparu particulièrement agressif dans ce dossier. Les activistes prennent d’ordinaire position au capital d’une société dans l’espoir de faire pression sur la direction pour infléchir sa stratégie et obtenir des gains à travers une hausse du cours ou des mesures exceptionnelles (rachats d’actions, scission, ventes d’actifs, etc.). Cette fois, l’investisseur a fait équipe avec Valeant, dont il soutient l’offre, et a mené ses visées en quelques jours seulement. L’histoire ne s’arrêtera pas là: Allergan a annoncé l’adoption d’une «pilule empoisonnée» pour repousser les avances de Valeant, et pourrait susciter une surenchère.
Fondé en 2004, Pershing Square est l’une des plus belles histoires du secteur des hedge funds. Au premier trimestre 2014, il a dégagé une performance de 10,7%, largement supérieure à celle du S&P 500 (+1,8%). Ses encours sous gestion atteignent désormais 13,1 milliards de dollars à fin mars. Il a bâti son succès sur de grands paris médiatisés, comme celui réalisé en 2008 dans le spécialiste de l’immobilier commercial General Growth, qui lui a rapporté 77 fois sa mise.
Le fonds a aussi connu des revers: JC Penney, Target, ou sa position vendeuse prise en 2012 dans le distributeur américain de compléments alimentaires Herbalife, que Bill Ackman accuse d’être une structure pyramidale. Un dossier dans lequel Pershing Square a été pris à contrepied par deux autres activistes, Carl Icahn et Daniel Loeb.
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